Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
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races humaines (suite)

Race mélano-indienne

Les Mélano-Indiens, qualifiés souvent de Dravidiens, mot qui n’a qu’une signification linguistique, sont les moins différenciés de tous les Noirs. Ils forment l’élément racial du plateau central de l’Inde.

Diagnose : peau brun foncé, faible pilosité, membre supérieur long, mollet effacé (caractères mélano-africains) ; cheveux bouclés, visage fin sans prognathisme, mésorhinie, lèvres pleines, mais non éversées (caractères à tendance méditerranoïde) ; par ailleurs, taille moyenne (1,62-1,64 m), dolichocéphalie ou faible mésocéphalie (indice 76), forte élévation du groupe B, Rh– entre 5 et 10 p. 100.

Restée particulièrement pure chez les Mundās et les Tamouls, la race se mélange dans l’ouest du Deccan avec un élément anatolien qui éclaircit la peau et arrondit la tête ; à l’est, c’est l’imprégnation vedda qui se fait sentir, provoquant une diminution de la stature, un élargissement de la face et du nez, un épaississement des lèvres.

Nous ignorons si les Mélano-Indiens sont autochtones sur le sol de l’Inde et nous ne savons pas s’ils sont arrivés avant ou après les Veddas.


Race négrito

Il existe aux Philippines, dans les îles Andaman et la presqu’île de Malacca, des hommes de petite stature auxquels les Espagnols, débarquant à Luçon, donnèrent le nom de « Negritos del Monte », c’est-à-dire « petits Nègres de la montagne ». Ils constituent les Pygmées d’Asie et se répartissent en trois populations : les Négritos des Philippines, ou Aëtas, les Négritos des Andaman, les Négritos de Malacca, ou Semangs.

Diagnose : taille inférieure à 1,50 m, corps gracile ; peau brun assez foncé, cheveux crépus, pilosité réduite ; tête légèrement arrondie, face à peine prognathe, lèvres d’épaisseur moyenne.

Englobés autrefois avec les Négrilles dans une grande race pygmée, ils ne ressemblent aux Pygmées d’Afrique que par la stature et les caractères généraux qui appartiennent en commun aux races mélanodermes.

La découverte, dans diverses grottes de l’Annam, de squelettes très semblables à ceux des Négritos permet de penser que les Pygmées d’Asie ont eu autrefois des représentants en Indochine. C’est donc vraisemblablement dans l’Asie du Sud-Est qu’il faut situer leur origine.


Race mélanésienne

On rassemble sous ce nom un ensemble de populations assez hétérogènes qui habitent les îles situées au nord-est de l’Australie, entre la Nouvelle-Guinée et les îles Fidji.

Diagnose : stature moyenne (1,60-1,65 m), corps robuste plutôt trapu ; peau foncée, cheveux crépus, mais plus longs que chez les Noirs d’Afrique ; tête dolichocéphale à voûte haute et carénée, front fuyant, puissantes arcades sourcilières, face massive, légèrement prognathe, au nez hyperplatyrhinien, aux lèvres épaisses et au menton effacé. Taux de O élevé comme chez les Australiens, mais pourcentage de B plus fort que chez ceux-ci, sans atteindre autrefois celui des Mélano-Africains.

La description ci-dessus correspond au type mélanésien proprement dit, tel qu’on l’observe dans une partie de la Nouvelle-Guinée, dans les îles de l’Amirauté, l’archipel Bismarck, les îles Salomon et les Nouvelles-Hébrides. C’est à lui que se rattachent les Néo-Calédoniens. À côté de ce type, on reconnaît une seconde variété morphologique à stature plus haute (1,67-1,70 m), structure plus fine, peau plus sombre et cheveux moins crépus : c’est le type papou, qui se rencontre en Nouvelle-Guinée à côté du précédent. Il existe encore, dans le centre de cette dernière île, des populations chez lesquelles la stature s’abaisse au-dessous de 1,50 m, la tête se brachycéphalise et la pilosité s’accroît : ce sont les Pygmées mélanésiens.

L’origine des Mélanésiens n’est pas connue. Il semble qu’ils pourraient venir de l’Asie méridionale et que le peuplement de la Mélanésie se serait effectué par une série de migrations dont les premières dateraient de la fin du Pléistocène, mais nous manquons de preuves paléontologiques à ce sujet.


Le groupe xanthoderme

Le groupe xanthoderme se rencontre en Asie dans la région mongole, où il prend sa forme la plus caractéristique. On le retrouve en Amérique, où il constitue l’élément indigène de la population, et il a également contribué largement au peuplement des îles indonésiennes et polynésiennes.

Diagnose de groupe : peau du jaune pâle au jaune-brun avec tache pigmentaire constante chez les nouveau-nés, système pileux réduit, cheveux lisses ; tête généralement brachycéphale, face large et aplatie aux pommettes hautes et saillantes, au nez peu proéminent, au léger prognathisme sous-nasal, aux yeux du type dit « mongolique » possédant le repli épicanthique à la paupière supérieure, la bride dans l’angle interne et l’obliquité de la fente palpébrale ; pourcentage élevé de tourbillons et réduction des arcs sur les dermatoglyphes ; groupes sanguins différents chez les Xanthodermes d’Asie (fréquences très fortes en B) et ceux d’Amérique (B très faible).


Race ouralienne, ou paléo-sibérienne

Elle comprend les tribus semi-nomades qui habitent les steppes du nord de l’Asie, de l’Oural au détroit de Béring. Les Vogoules et les Ostiaks sont les plus typiques.

Diagnose : taille petite (1,56-1,57 m), charpente gracile, tronc court, membres longs ; peau jaunâtre, faible pilosité, cheveux lisses ou ondulés ; mésocéphalie (indice 78-80), face aplatie aux pommettes à peine saillantes, aux yeux obliques sans bride.

C’est donc une race de contact, témoignant d’un dimorphisme qui allie des caractères jaunes à des caractères blancs. Elle a dû se constituer à une époque ancienne, en un temps où la ségrégation raciale commençait à peine à s’ébaucher.


Race nord-mongole

Elle s’étend sur les steppes de la Mongolie et de la Mandchourie ainsi que sur la Sibérie centrale et orientale (Bouriates, Iakoutes, Toungouses, Mandchous, Samoyèdes, Kalmouks).

Diagnose : peau jaune cuivré, cheveux raides et noirs ; franche brachycéphalie (indice 85-87), face très aplatie, pommettes excessivement développées, yeux bridés, tache pigmentaire toujours présente.