propre
Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la philosophie ».
Du latin proprius « propre » (particulier à quelque chose ou à quelqu'un), traduction du grec idios.
Philosophie Antique, Philosophie Médiévale
Chez Aristote, « ce qui, sans exprimer l'essentiel de l'essence (to ti en einai) de son sujet, n'appartient pourtant qu'à lui, et peut s'échanger avec lui en position de prédicat d'un sujet concret. Par exemple, être apte à la lecture et à l'écriture est un propre de l'homme »(1).
Si un individu donné est homme, il sera apte à la lecture et à l'écriture, et si un individu donné est apte à la lecture et à l'écriture, il sera homme, sans que, pourtant, « apte à la lecture et à l'écriture » suffise à définir l'homme. On peut naturellement considérer comme propre l'essentiel de l'essence, mais Aristote préfère dans ce cas parler de définition(2). Dans l'Isagoge, Porphyre classe le propre parmi les prédicables, ou universaux, et distingue quatre types de « propres » : celui qui convient seulement à une espèce, mais non à tous les membres de cette espèce – par exemple, pour l'homme, exercer la médecine ou la géométrie ; celui qui convient à tous les membres d'une espèce, mais pas seulement à cette espèce – pour l'homme, être bipède ; celui qui convient à tous les membres d'une espèce et seulement à cette espèce, mais de manière momentanée – le fait pour l'homme de blanchir avec la vieillesse ; celui qui convient à tous les membres de l'espèce et seulement à l'espèce, et toujours – le rire pour l'homme(3).
Annie Hourcade
Notes bibliographiques
→ accident, définition, espèce, genre, prédicable
