prison

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la philosophie ».


Du latin populaire prensio, « prendre » ; ancien français prisun, « prise », « capture ».

Philosophie Générale, Politique

La prison est une des composantes de l'institution judiciaire. Elle est le lieu d'accomplissement des peines ou encore d'attente du jugement.

C'est à partir du nouveau code pénal de 1810 que l'emprisonnement et la privation de liberté deviennent la forme essentielle de la peine en France. Foucault(1) montre ainsi que la peine de prison vient après les peines corporelles et capitales. Sans doute pour cela a-t-il fallu penser que le fondement de la répression doit être vu sous l'aspect de son utilité sociale et donc bannir la vengeance(2), idée entérinée par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Selon Foucault, les châtiments de prison exercent une fonction sociale complexe, ils ne sont pas de simples mécanismes de répression. La prison constitue donc un chapitre dans l'histoire de la « raison punitive » : elle incarne une des « technologies disciplinaires, de surveillance et de châtiment ». En ce sens on comprend la référence de Foucault à Bentham(3) et à l'idée que l'on punit par l'état de visibilité.

Elsa Rimboux

Notes bibliographiques

  • 1 ↑ Foucault, M., Surveiller et punir : naissance de la prison, Gallimard, Paris, 1975.
  • 2 ↑ Beccaria, C., Des délits et des peines (1764), Flammarion, Paris, 1979.
  • 3 ↑ Bentham, J., Panoptique, Mille et une nuits, Paris, 2002.
  • Voir aussi : Carlier, C., « La prison vue par les historiens », in Prisons : quelles alternatives, Revue Panoramique, Paris, 2000.
  • Foucault, M., Dits et écrits, I et II, Gallimard, « Quarto », Paris, 2001.
  • L'impossible Prison, sous la direction de M. Perrot, Seuil, Paris, 1980.

→ droit, police, punition