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Mongolie

en khalkha Mongol Uls

Carton de situation - Mongolie
Drapeau de la Mongolie
Drapeau de la Mongolie

État d'Asie centrale, la Mongolie est bordée au nord par la Russie et à l'est, au sud et à l'ouest par la Chine.

  • Superficie : 1 565 000 km2
  • Nombre d'habitants : 2 839 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Mongols
  • Capitale : Oulan-Bator
  • Langue : khalkha
  • Monnaie : tugrik
  • Chef de l'État : Khaltmaagiyn Battulga
  • Chef du gouvernement : Ukhnaagiin Khürelsükh
  • Nature de l'État : république à régime semi-présidentiel
  • Constitution :
    • Adoption : 13 janvier 1992
    • Entrée en vigueur : 12 février 1992
Pour en savoir plus : institutions de la Mongolie

GÉOGRAPHIE

S'étendant sur la partie septentrionale de la Mongolie, c'est un vaste pays, au climat aride, avec des hivers très rudes. L'élevage (ovins surtout) demeure la ressource essentielle, mais le pays possède d'importantes réserves minérales et énergétiques (cuivre, charbon, uranium). La population, peu nombreuse, est aujourd'hui en majeure partie sédentarisée et même urbanisée.

1. Le milieu naturel

La Mongolie est un pays enclavé d'Asie centrale n'ayant aucun débouché sur la mer. Elle s'allonge sur 2 400 km d'ouest en est et sur près de 1 300 km du nord au sud. L'altitude moyenne du pays est élevée : 1 580 m. Le point le plus bas se situe à l'est (lac de Khukh, 553 m). Sur le plan du relief, on distingue 2 régions.

Le khangaï au nord et à l'ouest est constitué de chaînes de montagnes d'âge essentiellement primaire, resoulevées au tertiaire par une tectonique cassante. Les roches cristallines dominent. L'Altaï mongol à l'ouest porte le point culminant du pays (Munkh-Khairkhan, 4 362 m). Il est séparé du Khangaï proprement dit (4 031 m à l'Otgon Tenger) par une dépression occupée par de grands lacs. Dans le Nord, le Khenteï atteint 2 751 m à l'Asaralt. C'est dans ces montagnes que naissent les fleuves coulant vers l'océan Arctique (Sikhchid, affluent de l'Ienisseï, Selenga, qui se jette dans le lac Baïkal) ou vers le Pacifique (Onon, Keroulen). La cuvette des grands lacs est une région endoréique. Ces montagnes sont les régions les mieux arrosées du pays et sont couvertes de prairies et de forêts de conifères.

Le Sud et l'Est correspondent au Gobi. Il s'agit de nombreuses dépressions fermées, cuvettes hydro-éoliennes qui tapissent la surface de dépressions endoréiques plus vastes. C'est une région de plaines et plateaux semi-désertiques ou désertiques, aux sols caillouteux, graveleux, constituant le désert du Gobi ; les formations sableuses sont rares. Vers l'Est, cette région se raccorde à la chaîne de montagnes du Grand Khingan, frontalière de la Chine.

L'hypercontinentalité du climat se manifeste, outre la faiblesse des précipitations, par des amplitudes thermiques annuelles très élevées (80 à 90 °C) et des variations quotidiennes pouvant atteindre plusieurs dizaines de degrés. Les extrêmes absolus à Oulan-Bator sont de + 38,2 °C et − 42 °C.

2. La population

Les Khalkhas, qui constituent les trois quarts de la population, forment l'ethnie dominante. Environ 3,5 millions de Mongols vivent également en Chine, dans la province autonome de Neimenggu (Mongolie-Intérieure). La densité moyenne n'est que de 2 habitants par km2, mais la répartition est très déséquilibrée : l'essentiel du pays est désertique, alors que 25 % des habitants se concentrent dans la capitale, Oulan-Bator, où il a fallu instituer un permis de résidence payant. La fécondité diminue (2 enfants par femme). Le quart de la population est âgé de moins de 15 ans. La religion traditionnelle est le bouddhisme tantrique, dont le chef spirituel est le dalaï-lama tibétain.

3. L'économie

Activité traditionnelle, l'élevage fait vivre encore la moitié de la population. Le régime communiste avait collectivisé le cheptel et cherché à sédentariser les hommes, mais 500 000 éleveurs semi-nomades déplacent encore leurs yourtes (ensembles d'abris en feutre) au rythme des saisons. Le cheptel fournit nourriture, vêtements, matériaux de construction (feutre) et combustible (bouse). Chevaux, yaks et moutons dominent dans le Nord et l'Ouest ; chameaux, moutons et chèvres dans les steppes du Sud. Les cultures irriguées (blé, fourrage) n'occupent que 1 % des sols, à proximité d'Oulan-Bator et dans les cuvettes lacustres. Concurrencées par les denrées distribuées par l'aide humanitaire, elles sont en recul.

La Mongolie possède d'importantes ressources naturelles, notamment minières. Le cuivre et le molybdène, exploité à Erdenet, assurent une partie des exportations. Le charbon est exporté vers la Chine. Les autres principaux produits d'exportation sont aussi des matières premières : fer, pétrole, or. L'exploitation du gisement de pétrole de Tamsag, à l'extrême est du pays, dont les réserves sont estimées à 6 milliards de barils, l'extraction de l'or à Oyu Tolgoi constituent une chance de développement pour le pays. Les réserves d'uranium sont gigantesques, notamment à Zoovch Ovoo, dans le désert de Gobi. La Chine représente la moitié des investissements étrangers dans le pays, qui connaît une forte croissance économique. Les principaux produits d'importation sont la machinerie lourde, les poids lourds et automobiles, la carburant diesel, l'essence et l'électronique.

HISTOIRE

1. De l’autonomie à la fin de l’occupation chinoise

La Mongolie-Extérieure, devenue autonome en 1911, est dirigée par son chef religieux, le Bogdo Gegen (le Bouddha vivant d'Ourga). Les Chinois, qui ont reconnu son autonomie en 1915 (accord de Kiakhta entre la Russie, la Chine et la Mongolie), profitent des désordres engendrés par la révolution russe pour mettre fin à cette autonomie (1919) et occupent le pays.

Deux cercles révolutionnaires s'organisent alors, l'un dirigé par D. Sükhe-Bator et l'autre par Khorlogyn Tchoibalsan, tous deux acquis aux idées bolcheviques.

D'autre part, la Mongolie-Extérieure sert de base, à partir de 1920, aux armées antibolcheviques du Balte Roman von Ungern-Sternberg, soutenu par le Japon. En mars 1921, le parti du Peuple mongol est fondé. Fort de l'appui de la Russie soviétique, il organise une armée révolutionnaire pour soustraire le pays à l'occupation chinoise et au régime de terreur instauré par Ungern-Sternberg. En juillet 1921, la Mongolie-Extérieure est libérée avec l'aide de l'Armée rouge. Un gouvernement provisoire, présidé par le Bogdo Gegen, est constitué. Un traité de coopération signé avec la Russie doit permettre le développement économique du pays.

2. La République populaire de Mongolie, satellite de l'URSS

À la mort du Bogdo Gegen (1924), la République populaire de Mongolie est proclamée, Khorlogyn Tchoibalsan en est le commandant en chef. L'ancienne capitale, Ourga, est alors rebaptisée Oulan-Bator (le « Héros rouge »). Une organisation de type soviétique avec à sa tête le Grand Khural (Soviet suprême) est mise en place. Le parti, qui porte depuis 1925 le nom de parti populaire révolutionnaire mongol (PPRM), monopolise le pouvoir. Dès 1921, les droits des princes sur les terres et les serfs ont été abolis. La tentative de socialisation généralisée des biens, lancée en 1930, doit être abandonnée et un « cours nouveau » plus progressif est adopté en 1932.

À partir de 1935, l'occupation de la Mongolie-Intérieure par les Japonais pose de nouveaux problèmes à la République populaire de Mongolie : d'une part, elle doit faire face à l'agression japonaise, qu'elle réussit à arrêter avec l'aide de l'URSS (août 1939) ; d'autre part, elle doit combattre le haut clergé et l'aristocratie laïque, accusés de sympathie envers les Japonais. Les derniers monastères bouddhiques sont fermés en 1937-1938. K. Tchoibalsan sort de cette crise Premier ministre (1939). Il dominera la vie politique jusqu'en 1952.

Conformément aux décisions prises à Yalta, un plébiscite est organisé et la République populaire de Mongolie devient indépendante (1945).

À la mort de K. Tchoibalsan (1952), Yumjagyn Tsedenbal accède à la tête du parti et du gouvernement ; en 1974, il devient également président du Grand Khural. Il accentue la collectivisation, y compris celle du cheptel. La Mongolie entre dans le concert des nations : admise à l'ONU en 1961, elle établit des relations diplomatiques avec les Occidentaux (Royaume-Uni en 1963 ; États-Unis et France en 1965), puis avec le Japon (1972). Elle reste résolument alignée sur Moscou : entrée dans le Comecon (1962), soutien à l'URSS dans le conflit sino-soviétique, traité de paix et d'amitié (1965). Son protecteur lui envoie 70 000 militaires, 50 000 coopérants, et une aide économique qui représente jusqu'à la moitié de son PNB.

3. Indépendance et ouverture démocratique

En 1984, Yumjagyn Tsedenbal est destitué. Jambyn Batmönkh le remplace à la tête de l'État et du parti, et amorce une timide perestroïka (Il Tod). En 1989, l'opposition démocratique sort au grand jour : elle compte jusqu'à 36 partis, dont les plus importants forment l'Union démocratique mongole (UDM). Gombojavyn Otshirbat évince Jambyn Batmönkh à la tête du PPRM. Aux premières législatives multipartites (1990), le parti enlève encore 83 % des sièges au sein du Grand Khural (Chambre désormais unique), qui porte son candidat, Punsalmaagyn Otshirbat, à la présidence de la République. Après que la Chambre a démocratisé la Constitution (janvier 1992), le PPRM l'emporte à nouveau en juin (70 sur 76 sièges).

Oulan-Bator redéfinit sa politique étrangère comme en témoignent les visites du chef de l’État à Washington (après l’établissement de relations diplomatiques en 1987), Moscou et Pékin en janvier 1991.

Parallèlement, les esprits changent. La Mongolie redécouvre son passé (vogue de Gengis Khan), sa religion (visites répétées du dalaï lama, réouverture de 130 lamaseries) et son écriture, que le cyrillique tendait à remplacer. La lumière se fait sur les atrocités de la période précédente, notamment le massacre des moines bouddhistes en 1937-1939 (100 000 morts sur 800 000 habitants ?).

La Russie met fin à son aide, procède en hâte au rapatriement de ses coopérants et de ses militaires (achevé en septembre 1992), et exige le remboursement de 6 milliards de dollars de dette. L'économie est en conséquence asphyxiée, et les privatisations achèvent de la désorganiser. La récession est brutale : - 9 % en 1992. Le quart de la population tombe sous le seuil de pauvreté de 8 dollars par mois. Des dizaines de milliers de chômeurs retournent vivre sous les yourtes.

Cependant, un traité d’amitié et de coopération est signé par la Mongolie et la Fédération de Russie, le 20 janvier 1993, tandis que les relations avec la Chine sont resserrées l’année suivante à la suite de la visite du Premier ministre chinois Li Peng.

4. Ancrage démocratique et instabilité gouvernementale

4.1. Première alternance politique

Au cours de cette grave crise de 1992-1993, Punsalmaagyn Otshirbat quitte le PPRM et se fait réélire président comme candidat de l'UDM (juin 1993) lors de la première élection présidentielle au suffrage universel. En juin 1996, la coalition de l'UDM (Alliance démocratique, AD) – dont la campagne est organisée par une agence de publicité américaine – remporte les législatives (50 sièges sur 76) et amorce une politique ultralibérale. Mais la fin des subventions aux produits de première nécessité et l'enrichissement des parvenus qui raflent les « coupons bleus » provoquent une réaction. À l'élection présidentielle de 1997, Punsalmaagyn Otshirbat est largement battu par le candidat du PPRM, Natsagyn Bagabandi, qui réclame « une pause » dans les réformes.

En juillet 1998, le bras de fer engagé entre l'Alliance démocratique, majoritaire au Parlement, et les ex-communistes du PPRM – le parti du président –, aboutit à la démission du gouvernement. Après six mois d'impasse totale, au cours desquels tous les candidats proposés par la majorité au poste de Premier ministre sont systématiquement récusés par Natsagyn Bagabandi, un accord intervient sur la personne de Tanlavyn Narantsatsralt en décembre, remplacé par Rinchinnyamyn Amarjargal (AD) en juillet 1999.

Les relations entre le président et le gouvernement restent tendues, le premier faisant usage de son droit de veto sur les réformes engagées par le second.

4.2. Croissance économique et instabilité politique

À partir des des années 2000, la Mongolie connaît une forte croissance économique, de l’ordre de 9 % en 2006-2008 et jusqu’à 17 % en 2011, tirée en grande partie par les exportations de ses ressources minières. Mais alors qu’il permet une diminution notable de la pauvreté, ce développement, en l’absence d’une diversification industrielle suffisante, est très sensible aux fluctuations des cours des matières premières. De plus, il s’accompagne d’une augmentation de la corruption qui n’épargne aucun des deux principaux partis.

En juillet 2000, l'Alliance démocratique, affaiblie par les dissensions au sein de la coalition et la corruption, est largement battue par le PPRM, qui obtient 72 des 76 sièges du Grand Khural. Nambaryn Enkhbayar est élu Premier ministre. En décembre, l’Alliance démocratique devient le parti démocratique de Mongolie (PDM).

La place prédominante occupée par les ex-communistes à la tête du pays est confirmée en mai 2001 avec la large réélection de Natsagyn Bagabandi (PPRM) à la présidence de la République (près de 58 % des suffrages). Toutefois, à l'issue du scrutin législatif de juin-juillet 2004, le PPRM, crédité de 37 sièges, est talonné par l'opposition, qui en gagne 34 – 3 sièges allant à des indépendants et 1 au parti républicain –, et est contraint de former un gouvernement de grande coalition, dans lequel il obtient 10 des 18 portefeuilles, le poste de Premier ministre revenant à Tsakhiagyn Elbegdorj, leader du PDM.

Le 22 mai 2005, le candidat du PPRM, Nambaryn Enkhbayar, ex-Premier ministre de 2000 à 2004, est élu à la présidence de la Mongolie avec 53,4 % des voix contre 19,7 % à son plus proche rival, Mendsaikhan Enkhsaikhan, du parti démocratique.

Dès janvier 2006, une crise politique éclate sur fond de ralentissement de la croissance économique et de hausse de l'inflation. Le 11, le PPRM décide de rompre la coalition et retire ses dix ministres du gouvernement, entraînant la démission de T. Elbegdorj de son poste de Premier ministre et la dissolution du gouvernement par le Grand Khural. Le 13, le PPRM forme une nouvelle coalition avec des petits partis et son président, Miegombyn Enkhbold, est investi Premier ministre le 25.

Mais en octobre 2007, soupçonné de corruption (depuis peu traqué par une autorité indépendante créée en 2006), ce dernier doit, sous la pression de ses pairs, céder la présidence du parti à Sanj Bayar qui lui succède le mois suivant à la tête du gouvernement dans la perspective des élections législatives de juin 2008. Vivement contestée par l'opposition, la victoire du PPRM (45 sièges contre 27 pour le PDM) est finalement avalisée après avoir provoqué de violentes émeutes dans la capitale et l'instauration de l'état d'urgence. En septembre, le parti démocratique s'étant incliné, le Grand Khural réélit S. Bayar à la tête d'un nouveau gouvernement ouvert à l'opposition. Celle-ci finit toutefois par l'emporter à l'élection présidentielle de mai 2009 à l'issue d'une campagne électorale axée sur la lutte contre la corruption et la pauvreté. Élu avec 51,2 % des suffrages face au président sortant, qui reconnaît sa défaite, son candidat T. Elbegdorj entre en fonctions en juin, appelant à l'unité nationale.

En 2010, le PPRM reprend son ancien nom de parti du Peuple mongol (PPM), mais une minorité menée par l’ancien président Enkhbayar fait scission en conservant la dénomination existante et s'allie avec le parti national démocratique mongol au sein de la Coalition pour la Justice en vue des élections législatives de juin 2012. Si le parti démocratique (PDM) arrive en tête de ce scrutin avec 31 sièges devant le PPM (25 députés), il doit néanmoins chercher un appui auprès des petits partis dont le PPRM. Ce dernier accepte d’apporter son soutien et de participer au gouvernement formé par Norow Altankhuyag en août, malgré la condamnation de N. Enkhbayar à quatre ans de prison pour corruption, un arrêt très médiatisé et contesté.

En juin 2013, le président sortant T. Elbegdorj est réélu au premier tour de scrutin avec 50,23 % des suffrages devant Badmaanyambuugiin Bat-Erdene, son principal concurrent et candidat du PPM (41,97 %) ; issue du PPM, Natsag Udval, première femme candidate à la présidentielle, obtient 6,5 % des voix.

Succédant à N. Altankhuyag, démissionnaire en novembre 2014, Chimed Saikhanbileg (PDM) forme finalement un nouveau gouvernement de grande coalition avec le PPM et la « Coalition pour la justice ».

La Mongolie maintient sa politique d'équilibre entre Moscou et Pékin. Mais, principal investisseur, la Chine est devenue prépondérante : elle absorbe désormais (2015) plus de 80 % des exportations du pays et lui fournit le tiers des importations devant la Russie qui, bien qu’en perte de vitesse, reste son second partenaire commercial. Elle développe aussi ses relations avec d’autres États d’Asie, tels que le Japon et la Corée du Sud, ou avec les pays de l'Union européenne et les États-Unis avec lesquels elle est liée par plusieurs programmes de coopération économique et culturelle.

4.3. Le retour au pouvoir du PPM

Bénéficiant notamment du nouveau mode de scrutin majoritaire uninominal, le PPM remporte 65 sièges sur 76 aux élections législatives de juillet 2016 et revient seul au pouvoir. Mais son candidat échoue l’année suivante au scrutin présidentiel gagné de justesse par Khaltmaagiyn Battulga (PDM) et marqué surtout par une augmentation de l’abstention et de nouvelles accusations de corruption.

Une fois de plus, cette dernière est à l’origine de la démission prématurée du Premier ministre. En octobre 2017, Ukhnaagiin Khürelsükh prend alors la tête du gouvernement et s’engage à poursuivre les réformes exigées par le FMI en échange de son aide, alors que la croissance économique a fortement ralenti pour passer en dessous de 1 % en 2016.