Déiphontès
Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de mythologie grecque et romaine ».
Gendre idéal haï de ses beaux-frères.
Fils d'Antimachos, et descendant d'Héraclès, Déiphontès a gagné l'estime et la confiance de l'Héraclide Téménos. Celui-ci, qui s'est emparé d'Argos, lui confie le commandement de son armée et écoute ses conseils avant d'entreprendre toute action. De plus, il lui donne Hyrnétho, sa préférée, en mariage. Mais Téménos a d'autres enfants qui, le plus jeune excepté, ne voient pas d'un très bon œil la complicité entre leur père et leur beau-frère : ils craignent, en effet, que le pouvoir ne leur échappe. Aussi décident-ils de se débarrasser de Déiphontès. Mais, se voyant effectivement évincés du pouvoir au profit de Déiphontès et d'Hyrnétho, les frères engagent un sicaire pour qu'il tue leur père. Téménos meurt ; l'armée, cependant, décide que le pouvoir revient à Hyrnétho et à son mari.
Cysos et ses frères projettent alors de s'en prendre directement à Déiphontès : ils ont la conviction qu'il éprouvera une peine immense, s'ils parviennent à éloigner Hyrnétho. Ils tentent de convaincre leur sœur que son mari est un scélérat, coupable de nombreux crimes ; ils tâchent à la persuader de le quitter, assurant qu'ils lui trouveront un homme digne d'elle, plus riche et plus puissant. Mais Hyrnétho, malheureuse d'entendre de tels propos de la part de ses frères, finalement leur rend la pareille : elle affirme que Déiphontès est plein d'égards pour elle, comme il a été un gendre irréprochable pour Téménos. Les jeunes gens alors, constatant que leur tentative de persuasion court à l'échec, enlèvent leur sœur par la force. Seulement, il y a des témoins à la scène ; ils s'en vont aussitôt raconter au mari ce qu'ils ont vu. Déiphontès rattrape ses beaux-frères. Il tue l'un d'eux, Cérynès, avec sa lance ; mais il n'ose atteindre de loin Phalcès qui tient, serrée contre lui, Hyrnétho enceinte. Déiphontès se jette donc sur lui, s'efforçant de le séparer de sa femme. Mais Phalcès oppose une résistance telle que sa sœur Hyrnétho, traînée violemment, meurt. Quand il se rend compte du crime qu'il vient de commettre, Phalcès s'enfuit, redoutant la colère de Déiphontès mais aussi de tous les habitants. Déiphontès recueille le corps sans vie de sa femme, et l'ensevelit dans un lieu d'Épidaure, auquel il donne le nom d'Hymétho.
Déiphontès a eu d'autres enfants d'Hyrnétho : Xanthippos, Argéos, et une fille, Orsobie, qui épouse Pamphlos, le fils du Dorien Aigimios.
Voir aussi : Aigimios
Apollodore et Pausanias, cités en référence, s'ils s'accordent sur le nom d'Hyrnétho, divergent quant aux noms des autres enfants de Téménos : Apollodore cite Agélaos, Eurypylos et Callias ; Pausanias mentionne Cysos (l'aîné), Cérynès, Phalcès, et Agéos, ou Agréos, le plus jeune qui n'a pas pris part au complot ourdi par ses frères contre leur père.
Voir aussi : Héraclides, Téménos (Variante 1)
