complément alimentaire

Médicaments
Médicaments

Denrée alimentaire dont le but est de compléter le régime alimentaire normal en constituant une source concentrée de nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique (directive européenne 2002/46/CE).

Les compléments alimentaires sont conçus pour améliorer le bien-être (minceur, tonus, beauté de la peau, antistress, etc.). Bien qu’ils ne fassent pas l’unanimité du corps médical, ils s’avèrent utiles dans certaines situations, s’ils sont bien choisis et consommés raisonnablement. Mais ils ne peuvent se substituer à une alimentation équilibrée, et, plus globalement, à un mode de vie sain.

Les compléments alimentaires se présentent sous forme de gélules, comprimés, ampoules, sachets de poudre. En vente libre, ils peuvent fournir vitamines, minéraux (calcium, magnésium) ou oligoéléments (zinc, sélénium), acides gras essentiels (« oméga 3 »), probiotiques (ferments lactiques), plantes ou extraits de plantes (reine-des-prés, vigne rouge).

Depuis la publication en 2006 du décret français « compléments alimentaires », l’étiquetage de tout nouveau produit doit être transmis à la DGCCRF. (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des Fraudes), qui le cas échéant prend l’avis de l’AFSSA. (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et peut refuser la commercialisation.

1. Promesses et limites des compléments alimentaires

Les compléments alimentaires répondent à toutes sortes d’attentes.

Côté minceur, ils peuvent contenir des fibres (pectine de pomme, ispaghul) modératrices d’appétit, des « brûle graisses », en général de la caféine sous forme de thé vert, maté, guarana, ou des plantes diurétiques (queue de cerise, reine-des-prés). Toutefois, la caféine, dont il est conseillé de ne pas dépasser 300 mg par jour (en comptant le café, le thé, les sodas au cola), n’aide à mobiliser les réserves de graisses que dans le cadre d’une activité physique d’endurance (modérée et de longue durée). Quant aux plantes drainantes, il ne faut pas s’y habituer au risque de rendre les reins « paresseux » à leur arrêt.

Les « toniques » peuvent aussi contenir de la caféine pour son effet dynamisant, ou du ginseng, traditionnellement utilisé comme stimulant intellectuel par la médecine chinoise. Le ginseng est néanmoins déconseillé en cas d’hypertension artérielle, la dose maximale recommandée est de 2 000 mg par jour.

Certains compléments alimentaires formulés pour la ménopause contiennent des phyto-œstrogènes de soja ou de lin, des substances végétales très proches des œstrogènes féminins, qui atténueraient les bouffées de chaleur. Ils sont cependant déconseillés par l’AFSSA en cas d’antécédents de cancer du sein.

« Efface les capitons », « retarde les premiers signes de vieillissement », les promesses de certains produits sont parfois plus alléchantes que réalistes. Mais, dès 2010, les fabricants devront s’en tenir à la liste des allégations de santé autorisées par un règlement européen.

2. Minéraux et vitamines

Une partie de la population française, y compris les enfants, a des apports minéraux ou vitaminiques suffisamment inférieurs aux recommandations pour risquer des déficiences avec d’éventuelles conséquences sur la santé. Par exemple, le manque de fer entraîne une anémie (globules rouges insuffisants), un apport trop faible en calcium au long cours peut favoriser l’ostéoporose (déminéralisation du squelette).

Pour éviter de manquer de minéraux ou de vitamines, les nutritionnistes affirment à l’unisson qu’il faut commencer par équilibrer l’alimentation. En effet, même les compléments alimentaires combinant vitamines et minéraux les plus complets ne peuvent reproduire la richesse nutritionnelle des aliments. Ils sont néanmoins utiles à certains sportifs, aux petits mangeurs, ou aux personnes qui excluent de leurs repas certains aliments par dégoût ou par choix (régimes végétarien, végétalien).

Un complément de magnésium est indiqué quand on consomme moins de 1 500 kcal par jour, les oméga 3 s’adressent à ceux qui n’aiment pas le poisson, les probiotiques compensent l’absence de yaourts et autres laits fermentés.

Les experts en nutrition de l’AFSSA recommandent de ne pas suivre des cures de compléments alimentaires au long cours sans prendre l’avis d’un médecin ou d’un diététicien.

3. Prudence sur les antioxydants

Les antioxydants sont présents dans les compléments alimentaires destinés à la beauté de la peau, à la protection solaire, ou pour une action anti-âge. Il s’agit des vitamines E et C, du bêta-carotène, du sélénium, du zinc, et des polyphénols.

Au sein de l’organisme, les antioxydants neutralisent les radicaux libres, dont l’excès accélère le vieillissement cellulaire. Des études d’observation ont montré qu’une forte consommation de fruits et légumes, qui concentrent l’essentiel des antioxydants, réduit le risque de maladies cardiovasculaires et de certains cancers. Mais, dans des études de supplémentation en antioxydants, en particulier en bêta-carotène, on a augmenté le risque de cancer au lieu de le diminuer chez des personnes à risque comme les fumeurs.

S’appuyant sur le récent rapport du World Cancer Research Fund, les experts français recommandent la consommation de 5 fruits et légumes par jour, et déconseillent les compléments alimentaires antioxydants aux personnes fumeuses ou ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer. En revanche, des antioxydants peuvent être proposés, sur prescription médicale, dans la prévention ou le traitement de certaines maladies telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge.

4. Bien utiliser les compléments alimentaires

· S’en tenir aux doses et durées d’utilisation préconisées par les fabricants.
· Dans le cas d’un complexe multivitaminé ou antioxydant, choisir les produits les plus complets, et dont les apports ne dépassent pas 100 % des A.J.R. (Apports journaliers recommandés).
· Ne pas cumuler deux compléments alimentaires, ou un complément et un médicament apportant des composés communs (par exemple, calcium).
· Durant une grossesse, s’en tenir aux compléments spécifiques, avec avis médical.
· À la fin d’une cure, si un symptôme persiste, fatigue, troubles du sommeil, constipation, consulter un médecin.

5. Internet : vrais et faux compléments alimentaires

Le Syndicat de la diététique et des compléments alimentaires recommande de n’acheter sur le web que les marques retrouvées dans le circuit de distribution traditionnelle. En effet, certains produits vendus sur Internet échappent à la réglementation européenne : ils peuvent être sur- ou sousdosés, éventuellement contenir des substances illicites.

Selon le Comité international olympique, jusqu’à 25 % des compléments pour sportifs seraient contaminés par des dopants. De plus, des composés tels que la DHEA (une hormone), classés parmi les médicaments en France, sont considérés comme des compléments alimentaires aux États-Unis.

6. La consommation en chiffres

Depuis 2004, le marché des compléments alimentaires explose. Leur chiffre d’affaires, qui était de 1,1 milliard d’euros en 2007, augmente pratiquement de 20 % par an. Les produits phares sont les compléments minceur et les « toniques ».

En 2004, une enquête de la Sofres indiquait que 20 % des Français consommaient plus ou moins régulièrement des compléments alimentaires. En 2006, ils étaient 22 % à en avoir utilisé au moins une fois dans l’année, la proportion de femmes atteignant 30 %.