Australie : activités économiques

Australie
Australie

  • GÉNÉRALITÉS
  • PNB (2022) : 1 628 milliards de dollars
  • PNB/hab. (2022) : 60 840 dollars
  • PNB/hab. PPA (2022) : 60 830 dollars internationaux
  • IDH (2021) : 0,951
  • Taux de croissance annuelle du PIB (2022) : 4,3 %
  • Taux annuel d'inflation (2022) : 6,6 %
  • Structure de la population active (2021) :
    ● agriculture : 2,4 %
    ● mines et industries : 18,8 %
    ● services : 78,8 %
  • Structure du PIB (2022) :
    ● agriculture : 2,7 %
    ● mines et industries : 27,5 %
    ● services : 69,8 %
  • Taux de chômage (2022) : 3,7 %
  • Tourisme
  • Recettes touristiques (2020) : 26 234 millions de dollars
  • Commerce extérieur
  • Exportations de biens (2022) : 413 553 millions de dollars
  • Importations de biens (2022) : 300 895 millions de dollars
  • Défense
  • Forces armées (2020) : 60 000 individus
  • Dépenses militaires (2022) : 1,9 % du PIB
  • Niveau de vie
  • Incidence de la tuberculose pour 100 000 personnes (2022) : 6
  • Part en % des richesses détenues par les 10 % les plus élevés (2021) : 57,1 %
  • Part en % des richesses détenues par les 50 % les moins élevés (2021) : 2,2 %
  • Dépenses publiques d'éducation (2021) : 5,6 % du PIB

La prospérité du pays, marquée par une forte progression du revenu par habitant, est en grande partie fondée sur ses exportations (25 % du PIB en 2022), dont environ 65 % proviennent du secteur énergétique et minier : minerai de fer (1er producteur mondial), charbon (1er exportateur mondial), gaz, or, aluminium, cuivre, uranium. Si l'agriculture emploie moins de 3 % de la population active, elle représente environ 14 % des exportations (viande bovine et ovine, laine, vin, coton, blé, orge, colza). Le secteur secondaire, peu développé, est porté par l'industrie agroalimentaire, les machines et équipements et par la transformation des métaux. Les services représentent plus des deux tiers du PIB, tous les secteurs de pointe s'étant développés : recherche et développement, communications, intermédiation financière notamment. Plusieurs catastrophes naturelles récentes ont alerté cependant sur les fragilités du pays, dont les fréquentes sécheresses (méga-incendie de 2019), et la dégradation de la Grande Barrière de corail, menacée par le changement climatique et le tourisme. L'Australie est un des acteurs majeurs de l'ensemble Asie-Pacifique, premier pôle économique mondial, avec lequel elle réalise environ 70 % de ses exportations et 55 % de ses importations et adhère à l’Accord de Partenariat transpacifique (2018, 11 pays signataires). Les relations avec la Chine, premier partenaire commercial (25 % des exportations et plus de 27 % des importations en 2022), ne sont pas exemptes de tensions. Le pays résiste relativement bien à la pandémie de Covid–19 et la reprise économique est estimée à 1,8 % en 2023.

1. Agriculture, forêt, pêche

Même si elle ne contribue qu'à hauteur de 3 % au produit intérieur brut, l'agriculture demeure un secteur clé de l'économie nationale, dans la mesure où elle représente 30 % des exportations. L'immensité du territoire australien est propice à une agriculture extensive fortement mécanisée et permet la culture de plantes tempérées et tropicales. Mais la fragilité de l'environnement constitue un lourd handicap : l'aridité, l'érosion des sols et l'augmentation de leur teneur en sel en rendent l'exploitation difficile. Le nombre des exploitations reste stable (240 000 environ), et les rendements sont, dans l'ensemble, plutôt faibles.

L'Australie possède l'un des plus grands cheptels ovins du monde (100 millions de têtes environ). Celui-ci fournit une laine mérinos fine d'excellente qualité et de la viande (635 000 tonnes en 2007), destinées à l'exportation vers le Japon, la Russie et l'Europe occidentale. L'Australie exporte également moutons et agneaux « sur pied » à destination des pays musulmans. Le cheptel bovin est également très important (28 millions de têtes, 9e rang mondial). L'élevage des bœufs pour la viande est pratiqué en Australie tropicale (Queensland, Territoire du Nord), et celui des vaches laitières, dans le sud-est, au climat plus tempéré.

Les cultures céréalières, qui occupent les trois quarts des terres cultivées, sont fortement soumises aux aléas climatiques et aux variations saisonnières. Une grande partie de la production est destinée à l'exportation, ce qui explique l'importance attachée par les autorités australiennes aux négociations internationales sur les tarifs douaniers et la fixation des cours mondiaux agricoles, l'Australie étant fortement opposée aux mesures protectionnistes dont bénéficient les grands marchés (Union européenne, Amérique du Nord, Japon). La moitié des terres cultivées est consacrée au blé, dont l'essentiel de la production (13 millions de tonnes en 2007, 15e rang mondial) est exporté vers la Russie, la Chine, le Japon ou le monde arabe. L'Australie produit également de l'orge, de l'avoine (pour les grandes brasseries nationales notamment) et du sorgho. Elle est le septième producteur mondial de vin. Développée à partir des années 1950, l'irrigation a permis la culture du riz et du coton dans le bassin du Murray (situé dans le sud-est du pays, principalement en Nouvelle-Galles du Sud, le bassin du Murray couvre un million de kilomètres carrés et est irrigué par les principaux cours d'eau de l'Australie : le Murray et ses affluents la Darling et la Murrumbidgee). Cette politique d'irrigation, très gourmande en eau, est aujourd'hui remise en question en raison des dégâts qu'elle entraîne : problèmes de salinisation, assèchement des rivières, baisse de la qualité de l'eau.

Les fruits, cultivés dans les régions tempérées, méditerranéennes et tropicales, sont surtout destinés à la consommation nationale. La vigne s'est considérablement développée dans le Sud-Est et permet quelques exportations – l'Australie est le 6e producteur mondial de vin. Les plaines sublittorales du Queensland fournissent un terrain très favorable à la canne à sucre, la grande culture tropicale du pays (8e rang mondial), qui est produite dans de petites exploitations au rendement très élevé et que l'Australie exporte vers l'Asie essentiellement.

Sur le plan forestier, le pays exploite quelques essences d'eucalyptus pour l'industrie pharmaceutique, des forêts de pins pour la construction et certains bois durs, mais il est déficitaire en bois et en pâte à papier. La pêche, quant à elle, reste limitée ; quelques produits (langoustes, crevettes, coquilles Saint-Jacques) sont exportés vers le Japon et les États-Unis.

2. Un puissant secteur minier

Le sous-sol australien est particulièrement riche en ressources minérales et énergétiques, souvent récemment découvertes (la prospection est loin d'être achevée). L'industrie extractive, dominée par quatre grands groupes, contribue de manière significative aux exportations (35 %) mais pour une faible part au produit national brut (P.N.B.), 4 %. Elle est confrontée, aujourd'hui, à divers problèmes (montée des revendications écologiques, remplacement de certains minerais par des produits de synthèse, manque de main-d'œuvre qualifiée…).

L'or a fait la fortune de l'Australie, qui reste le deuxième producteur mondial de ce précieux minerai (258 tonnes en 2011) ; les principaux gisements se situent en Australie-Occidentale.

L'argent (4e rang) et le cuivre (5e rang) sont produits et raffinés en Australie-Méridionale et au Queensland.

Le pays est également un important producteur de plomb (621 000 tonnes, 2er rang), de zinc (1 515 000 tonnes, 2e rang) et d'étain (12e rang).

Le manganèse et l'uranium, dont la production est soumise à de constantes remises en cause politiques, sa vente étant destinée à l'approvisionnement de centrales nucléaires, sont exploités dans le Territoire du Nord, et le nickel, en Australie-Occidentale.

L'Australie produit également des minerais rares (titanium, cadmium, zircon) et des pierres précieuses (opales). D'importants gisements de bauxite, dont l'Australie est le premier producteur mondial, sont exploités en Australie-Occidentale, au Queensland et dans le Territoire du Nord. La production est soit exportée vers le Japon, soit transformée sur place en alumine.

L'Australie possède également d'immenses ressources en fer, avec une production de 420 millions de tonnes en 2010 (premier exportateur mondial et 2e rang mondial pour la production). La mine du mont Whaleback, en Australie-Occidentale, est la plus grande mine à ciel ouvert de minerai de fer du monde. Les nouveaux centres d'extraction du Pilbara et de Hamersley (Australie-Occidentale) fournissent du minerai à forte teneur (plus de 65 %) pour l'exportation, vers la Chine en particulier, en forte croissance.

Le charbon (4e rang) est extrait dans plusieurs centres, dont les mines à ciel ouvert de Bowen, dans le Queensland, où se trouvent les principales réserves du pays ; la production ne cesse de croître, pour répondre à la demande du principal pays acheteur, le Japon. Le lignite (6e rang) est exploité, quant à lui, dans l'État de Victoria. Charbon et lignite fournissent environ 40 % de l'énergie consommée sur le territoire.

L'Australie recèle, enfin, d'énormes réserves de gaz naturel et de pétrole ; ce dernier est exploité dans des gisements off shore, dans le détroit de Bass (plus de 75 % de la production) et dans le Copper Basin, au centre du pays. Des projets considérables sont en cours de réalisation au large de la côte nord-ouest, dans la mer de Timor, où les réserves de la zone de Gorgon, située entre 130 et 200 km des côtes, dépassent la centaine de milliards de mètres cube de gaz. La quasi-totalité de l'énergie électrique provient des centrales thermiques au charbon, au fuel ou au gaz naturel – il n'existe qu'une seule centrale nucléaire expérimentale, à Jarvis Bay. Les centrales hydroélectriques des Alpes australiennes ou de Tasmanie ne couvrent que 2 % des besoins en électricité.

3. L'essor industriel

L'industrie australienne a connu, depuis 1945, un développement spectaculaire, favorisé par la prospérité économique, l'immigration (qui a permis d'augmenter à la fois les ressources en main-d'œuvre et le marché intérieur), l'afflux de capitaux étrangers et la protection douanière. Elle assure aujourd'hui un quart des exportations australiennes et du P.N.B.

Les industries lourdes et agroalimentaires demeurent prédominantes. Très diversifiées, elles valorisent l'abondante production de matières premières agricoles (minoteries, sucreries, abattoirs, brasseries, textile) et minières (métallurgie de transformation, sidérurgie, aluminium, chimie). La production d'aluminium (5e rang mondial) se situe à proximité des sources d'énergie abondantes et bon marché, en Tasmanie ou dans l'État de Victoria. L'industrie automobile (chaînes de montage, pièces détachées), contrôlée par des entreprises étrangères, américaines ou japonaises, est concentrée dans les grandes villes de l'Est ; elle est aujourd'hui en déclin, en raison du renchérissement du dollar australien et du coût de la main-d'œuvre. La pétrochimie est installée près de Sydney et de Melbourne, mais les industries chimiques (engrais, produits pharmaceutiques, pneumatiques) sont présentes dans tous les grands centres urbains.

4. Les services

Le secteur dominant reste celui des services (environ 70 % du PIB) avec une part importante représentée par le tourisme. En effet, l'Australie offre des produits touristiques divers : une grande variété de côtes (rocheuses, sableuses, à mangroves), d'importants récifs coralliens (la Grande Barrière), de vastes étendues désertiques, des métropoles comme Sydney qui sont de grands centres culturels, etc.

5. Les transports

Le réseau ferroviaire s'étend sur 9 000 km mais ne suffit pas à couvrir les distances entre les principaux centres d'activité. Il relie surtout les centres agricoles et miniers aux ports. Les transports routiers accaparent l'essentiel du trafic terrestre et assurent plus des trois quarts du trafic des marchandises. Avec 510 automobiles pour 1 000 habitants, l'Australie est l'un des pays les plus motorisés du monde. Le mode de vie, dans des centres urbains très étendus ou dans de vastes exploitations agricoles, impose l'usage de la voiture aux Australiens. Le réseau routier compte quelques très bonnes routes et des centaines de milliers de pistes plus ou moins carrossables. Une petite activité de cabotage permet d'effectuer le transport de certains pondéreux (charbon, minerai de fer, sucre). Le trafic international est dominé par les navires étrangers, puisque la flotte de commerce australienne n'en assure que 4 %. Les ports de Sydney, Melbourne et Freemantle connaissent une activité considérable, ainsi que certains ports industriels et miniers, comme Port Hedland, Dampier, Newcastle ou Port Kembla. L'avion reste le mode de transport le plus utilisé pour les passagers, aussi bien pour le trafic intérieur que pour le trafic international ; il permet de relier les deux côtes en cinq heures. Deux compagnies aériennes nationales se partagent les lignes intérieures, mais le trafic international est ouvert à la concurrence étrangère.

6. Le commerce et les échanges

La balance commerciale s'est détériorée au fil des années, jusqu'à devenir déficitaire, tout comme la balance des paiements courants. Les deux tiers environ des exportations reposent sur des produits agricoles et miniers (minerais, charbon). Les importations sont surtout constituées de produits manufacturés. Le poste machines, moteurs et matériels de transport représente environ 40 % du total. Le reste est composé de produits pétroliers (10 %), textiles, chimiques, papetiers, ou encore de produits tropicaux (café, thé, cacao).

Le premier client de l'Australie est la Chine, suivie du Japon, des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande. Les exportations vers la Chine se sont très fortement accrues, en valeur, depuis 2001 et sont de plus en plus composées de matières premières (dont du gaz, du minerai de fer et du nickel). De plus en plus intégrée dans l'aire Asie-Pacifique, l'Australie exporte désormais davantage vers l'Asie que vers l'Europe. Les principaux pays fournisseurs sont les États-Unis (22 % des importations) et le Japon (20 %). En 1983, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont signé un traité afin d'établir des relations économiques plus étroites, puis les deux pays ont instauré une zone de libre-échange pour le commerce des marchandises, en juin 1990. L'Australie est également membre de l'APEC (Asia Pacific Economic Cooperation), qui fut créée à son initiative en 1989, dans le but de renforcer les échanges et de promouvoir les investissements dans cette zone.

7. Les sites d'Australie classés à l'Unesco

Plusieurs sites d'Australie sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco :
Grande Barrière ;
–  Sydney : l'opéra ;
– Kakadu (parc national) ;
– Région des lacs Willandra ;
– Tasmanie (zone de nature sauvage) ;
– Forêts humides Gondwana ;

Uluru-Kata (parc national) ;
– Purnululu (parc national) ;
– Tjuta ;
– Tropiques humides de Queensland ;
– Baie Shark ;
– Îles Lord Howe ;
– Île Fraser ;
– Île Macquarie ;
– Îles Heard et McDonald ;
– Sites fossilifères de mammifères d'Australie (Riversleigh / Naracoorte) ;

– Région des montagnes Bleues ;
– Palais royal des expositions et jardins Carlton ;
– Sites de bagnes ;
– Côte de Ningaloo.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de l'Australie et population de l'Australie.