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Samarkand

Samarkand, Ouzbékistan
Samarkand, Ouzbékistan

Ville d'Ouzbékistan, dans la grande oasis du Zeravchan.

  • Population : 361 339 hab. (estimation pour 2001)

Industries agroalimentaires. Engrais. Tourisme.

L'HISTOIRE DE SAMARKAND

Capitale de la Sogdiane, Maracanda est prise par Alexandre en 329 avant J.-C. Conquise par les Arabes en 712, elle connaît un brillant éclat à l'époque samanide (ixe-xe s.). Dévastée en 1220 par Gengis Khan, elle renaît à la fin du xive s. lorsque Timur Lang en fait la capitale de son immense empire et un des grands foyers de la civilisation musulmane. Les Ouzbeks, qui s'en emparent en 1500, transféreront leur capitale à Boukhara, au milieu du xvie s. Samarkand est conquise en 1868 par les Russes, qui l'intègrent au gouvernement général du Turkestan. Elle est de 1924 à 1930 la capitale de la R.S.S. d'Ouzbékistan.

SAMARKAND, VILLE D'ART

Timur Lang attira à Samarkand des artistes étrangers (chinois), y déporta l'élite de tous les pays qu'il avait soumis, y rassembla les ouvrages des plus grandes bibliothèques : il en fit ainsi un centre presque sans rival à la fin du xive et au début du xve s. Les ateliers de céramistes, d'armuriers, de verriers, de tisserands (velours rouges) s'y multiplièrent. L'activité architecturale y fut intense. Malheureusement construits avec hâte et sans solidité, bien des monuments ont disparu (palais, mosquée dite « la Fiancée du Ciel »). Les autres ont beaucoup souffert. Ils font montre de qualités aussi bien architecturales (hardiesse, puissance, originalité, simplicité des plans) que décoratives (splendeur des céramiques de revêtement) ; les céramistes font disparaître l'architecture comme sous un immense tapis.

Ce n'est certes pas le décor qu'il faut chercher dans l'observatoire d'Uluğ Beg, petit-fils de Timur Lang, grand astronome et auteur d'un zidj (jeu de tables astronomiques) ; cette construction, sans rivale dans le monde entier à l'époque, témoigne surtout de l'intelligente conjonction des sciences du bâtisseur et de l'observateur des astres. Ce n'est pas lui non plus qui retiendra l'intérêt dans les édifices à hautes colonnes de bois posées sur une base rapportée qu'on trouve ici, comme dans tout le Turkestan, mais le souvenir tenace de la tente des souverains nomades. Partout ailleurs, le décor règne.

Sans doute ne déploie-t-il pas toujours autant de ressources, ne fait-il pas toujours montre d'autant de perfection qu'à la nécropole du Roi Vivant (Chah-e Zendè), cette rue funéraire qui gravit la colline et est bordée de mausolées sous coupoles de formes variées, érigés de 1334 à 1450. Sur un des joyaux de cet ensemble (tombe de Tchutchuk Bika, 1371), la féerie colorée est réalisée par des mosaïques de faïence et de brique, par des carreaux émaillés, par des pièces moulées. C'est hors du Roi Vivant qu'a été érigé le symbole du siècle, le Gur-e Mir (tombeau du Conquérant), par l'architecte d'Ispahan Muhammad ibn Mahmud (1404). La salle funéraire, en forme de croix inscrite dans un octogone, est surmontée d'un double dôme, l'un extérieur sur haut tambour (34 m de haut) pour donner la silhouette, l'autre intérieur (22 m) pour couvrir la salle. Le premier, à godrons et en encorbellement, est retenu par des tirants reliés à une pile centrale. Si le bleu turquoise, la couleur dominante de la ville, étincelle au soleil, les plaques de jaspe et d'albâtre rivalisent à l'intérieur avec les faïences (célèbre sarcophage de Timur, en néphrite).

L'immense madrasa de Bibi Khanum, épouse chinoise de Timur (1399), ordonne autour d'une cour centrale (80 x 70 m) une succession de cellules. Ses salles axiales sont couvertes non en iwan, mais en coupoles. Celle du sud, la plus vaste, sert de mosquée. On y accède par des arcs à moitié ruinés (hauts de 25 m et larges de 16), flanqués de tours qui font penser à quatre minarets d'angles. La place du Registan, centre de la vie jusqu'à la Révolution soviétique, est constituée par trois madrasa, l'une de 1420 (Uluğ Beg), les autres du xviie s. (Chir-Dar et Tilla Kari), mais encore imprégnées des traditions antérieures. La madrasa Chir-Dar doit son nom aux deux lions en faïence sur lesquels repose le Soleil. Elle ouvre par un porche monumental et porte deux dômes côtelés. Son soubassement est en marbre, et ses murs sont revêtus de céramiques ; sa corniche en trois rangs de stalactites est du plus bel effet.