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Rabat

Rabat
Rabat

Capitale du Maroc, deuxième ville du pays par la population, sur la rive gauche de l'oued Bou Regreg, en bordure de l'Atlantique.

  • Population pour l'agglomération (y compris Salé et Temara) : 1 842 850 hab. (estimation pour 2011)

Fondée en 1150 comme poste militaire, la ville est avant tout un centre politique et administratif. S'y ajoutent des fonctions universitaires, commerciales, et des activités artisanales et industrielles (textile, mécanique, alimentation).

La ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2012.

L'ART ET L'HISTOIRE À RABAT

Rabat s'est développée à partir de 1150 autour du ribat al-Fath (« le couvent de la Victoire »), érigé sur la rive méridionale du Bou Regreg. Ce fut cependant à la fin du xiie s. et plus particulièrement après 1195 que de grands travaux y furent entrepris. Une vaste surface (450 ha) fut alors enfermée dans une puissante enceinte flanquée de tours carrées s'étendant sur plus de 5,5 km. Deux portes monumentales, la Bab al-Ruwah et la porte de la qasba des Udaya (casbah des Oudaïa), font sa gloire. La première, défendue par deux massifs rectangulaires, doit surtout sa célébrité à ses quatre coudes successifs dans quatre tambours, la seconde à son admirable décor, un des plus beaux de ceux qu'on puisse trouver du Maroc médiéval.

À la même époque fut mise en chantier la plus grande mosquée du monde occidental (183,10 x 139,40 m), dépassée seulement, en Orient, par celle de Samarra. Enfermée dans de hauts murs en pisé percés de 16 portes, la mosquée Ḥasan a un plan complexe à 21 nefs limitées par plus de 200 colonnes en marbre formées de tambours cylindriques, que viennent interrompre trois cours rectangulaires. Elle ne fut jamais terminée, et n'est plus qu'un souvenir d'où émerge le minaret, lui aussi inachevé. Ce monument, connu sous le nom de tour Hasan, est proche parent de la Giralda de Séville et du minaret de la Kutubiyya de Marrakech, mais il est construit en belles pierres de taille roses. Haut de 44 m, sur plan carré (16,20 m de côté), il est sobrement orné à son sommet d'un treillis de losanges, en fait de petites arcades polylobées superposées : ce motif décoratif aura un grand succès au Maghreb et on le retrouvera aussi bien à Tlemcen qu'à Tunis.

Les principales mosquées encore debout datent des xviie et xviiie s. : on mentionnera en particulier la Djami al-Sunna.

Comme toutes les grandes cités marocaines, Rabat tire une partie de son charme de ses villas et de ses jardins. Mais elle affirme sa personnalité par l'usage de la pierre, qui permet des constructions aux lignes élancées et parfois audacieuses : on y voit des colonnes hautes de 3 ou 4 m et d'un diamètre à peine supérieur à 0,30 m. Les portes sur rues sont souvent ornées de pilastres que surmonte un arc en plein cintre à archivoltes. Le plâtre étant aussi rare que la chaux est abondante, le décor, à la polychromie plus discrète qu'ailleurs, est réalisé sur mortier par un travail proche de la sculpture sur pierre. Le bois, dur, ne convient guère aux menuisiers, mais les charpentiers ont créé des œuvres solides (coupole du palais royal, fin du xixe s.). La ville compte plusieurs musées, notamment un musée archéologique et un musée du Tapis (dans la casbah des Oudaïa).

SALÉ

Face à Rabat, sur la rive nord du fleuve, Salé (Sala) est une fondation bien plus ancienne. Le marinide Abu Yusuf Yaqub construisit les remparts et la porte du petit port (Bab al-Mrisa), gigantesque avec son arc de près de 9 m d'ouverture et de plus de 12 m de haut, ouvrant le passage aux bateaux (xiiie s.). Signalons encore la Grande Mosquée (fin du xiie s.), l'aqueduc, une jolie medersa où l'on remarque d'intéressants chapiteaux conservant le souvenir de l'acanthe et des volutes ioniques (xive s.), le beau porche ouvragé d'une zawiya en ruines.

CHELLA

Au sud-est de l'enceinte almohade de Rabat, la nécropole marinide de Chella (Challa), utilisée dès 1284, a reçu son aspect définitif au xive s. Bien qu'elle soit très déchue, on admire encore l'enceinte qui la ferme, ses trois portes sévères, dont une monumentale, sa luxueuse mosquée funéraire.

LES ARTS MINEURS

Quelques céramiques gaies et de couleurs vives viennent de Rabat ; les broderies de soie et sur fils tirés, très différentes selon qu'elles sortent des ateliers de Rabat ou de Salé, méritent cependant plus d'attention (point natté et point de croix). Salé est aussi célèbre pour ses tapis et ses bois marquetés.