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Palmyre

Palmyre
Palmyre

Capitale de la Palmyrène (Syrie), située dans une oasis, entre Damas et l'Euphrate, à 140 km de Homs.

L'HISTOIRE DE PALMYRE

1. Tadmor, plaque-tournante des échanges Orient-Occident

La ville apparaît sous son nom ancien, Tadmor (« la Cité des palmiers »), dès la fin du IIIe millénaire avant J.-C., sur une tablette de Kültepe en Cappadoce. Oasis du désert de Syrie, Tadmor constitue dans l'Antiquité une étape du commerce entre la Mésopotamie et la côte méditerranéenne. Elle subit l'influence des Amorrites, des Araméens, des Syriens hellénisés, qui la nomment Palmyre (grec Palmura), et des Arabes.

2. Un carrefour caravanier opulent

L'État palmyrénien, allié de Rome dès le début de l'Empire, a adopté les institutions romaines (droit latin). Palmyre bénéficie de la ruine de Pétra, occupée par Rome (106 après J.-C.), et de la fermeture de la route de la soie (127 après J.-C.) ; elle se constitue alors un monopole du transport des marchandises de l'Inde, que ses citoyens vont chercher à Charax (embouchure du Tigre) et amènent à Damas ou à Émèse.

Rome utilise les guerriers palmyréniens sur le Danube ou en Numidie. La richesse accumulée explique l'importance des monuments élevés ou achevés au iie siècle après J.-C. Ces monuments portent des inscriptions où l'on trouve mention des dieux de la cité : Bêl et ses parèdres Yarhibôl et Aglibôl, Baalshamin, qui témoignent du syncrétisme religieux propre au iie siècle romain.

3. La colonie romaine et la chute

Devenue colonie au début du iiie siècle, Palmyre commence à jouer un rôle politique important lorsque l'installation des Perses à Charax menace de ruiner son commerce. La cité commerçante est la capitale d'un État, détaché un moment de la souveraineté romaine et gouverné par un « ras Tadmor », titre héréditaire en droit ou en fait au bénéfice d'une famille de Septimii (→ Odenath, la reine Zénobie). Aurélien renverse la domination de la reine Zénobie, domination qui s'était étendue vers l'Arménie, la Cappadoce, l'Égypte même, grâce au désordre qui régnait dans l'Empire, et la fait prisonnière (272) ; mais, après le départ de l'empereur Palmyre se révolte contre Aurélien, qui revient et saccage la ville (273). Elle est alors supplantée en partie par Nisibis, puis détruite par les Arabes (634).

Ce n'est qu'au xxe siècle que les fouilles seront entreprises.

LES RUINES

Les vestiges, dominés par de nombreuses colonnes et situées en plein désert, ont un aspect grandiose. Les monuments sont immenses, surtout les temples, qui sont entourés, à la manière orientale, d'une vaste enceinte sacrée, close. À l'est se trouve le temple de Bêl, le grand dieu de la cité, successeur de Bôl, formant une triade avec ses parèdres Aglibôl et Yarhibôl. La cella à niches et à terrasse accessible et les aménagements des alentours évoquent un culte aux rites particuliers, processions avec chapelles portatives, sacrifices et repas sacrés. Les dieux sont souvent représentés porteurs de l'uniforme militaire romain. La grande avenue à colonnes qui traverse la ville, bordée de boutiques, dotée de canalisations d'eau, mène de là au temple dédié à Nabô, scribe des dieux, « bon et rémunérateur », d'origine babylonienne, au théâtre, aux thermes dits « de Dioclétien », à l'agora, reconstruite vers l'époque d'Hadrien. Vers le nord se trouve le vaste temple de Baalshamin (ier-iie siècle), consacré au « maître des cieux », phénicien. C'est probablement la forme évoluée de ce dieu qu'on rencontre mentionnée au iie siècle, fréquemment, en qualité de divinité suprême dont on tait le nom, miséricordieuse, voire unique. La grande colonnade aboutit au site appelé Camp de Dioclétien, de la fin du iiie siècle, et qui peut être soit un camp militaire, soit un palais, prolongement ou reconstruction de celui de Zénobie.

Mais l'originalité de Palmyre tient à son architecture funéraire. On y trouve soit des tours funéraires à étages (les plus anciennes datent de la fin du ier siècle avant J.-C., les plus somptueuses du milieu du iie siècle après J.-C.), soit des caveaux souterrains ornés de niches contenant les bustes des défunts. La tombe la mieux conservée (reconstituée au musée de Damas) est celle de Iarhaï, commencée en 108 après J.-C. On accède à une chambre funéraire par des escaliers. Les murs sont creusés de loculi. Le mur du fond est occupé par une scène de banquet funèbre. Chaque sépulture est fermée d'une dalle ornée du buste d'un défunt.

La sculpture palmyrénienne est surtout funéraire, souvent datée par des inscriptions. Très éloignée de la sculpture gréco-romaine, elle ne se soucie guère de réalisme, recherchant plutôt l'expression d'une spiritualité soulignée par le regard.