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Palerme

en italien Palermo

Palerme, la chapelle Palatine
Palerme, la chapelle Palatine

Ville d'Italie, capitale de la Sicile et chef-lieu de province, sur la côte nord de l'île.

  • Population : 653 222 hab. (recensement de 2011)
  • Population pour l'agglomération : 904 354 hab. (estimation pour 2010)

Port, centre administratif, commercial, universitaire et touristique. Chantiers navals, conserveries, confection, bâtiment.

L'HISTOIRE DE PALERME

Les Phéniciens furent les premiers à coloniser l'antique Panormus, où ils établirent des comptoirs commerciaux. Les Carthaginois fortifièrent la ville, qui, au cours de la première guerre punique, fut âprement disputée entre eux et les Romains. En 254-253 avant J.-C., les Romains s'emparaient de Palerme.

Sous Auguste, la ville était une colonie florissante enrichie par le commerce et le trafic maritime. Au ve s., elle fut conquise par les Vandales et par les Ostrogoths (493).

En 535, Bélisaire s'empara de la cité, et les Byzantins (sauf une brève interruption [549-552]) l'administrèrent jusqu'au ixe s. En 827, les Arabes commencèrent la conquête de la Sicile et, en 831, prirent Palerme, qui devint leur établissement permanent dans l'île et le centre de leur future colonisation. Les Byzantins essayèrent de reprendre la ville, mais ils échouèrent, et ce furent les Normands de Roger de Hauteville qui, en 1072, en firent la conquête.

Palerme était alors une cité très marquée par l'influence arabe. Les Normands, qui y régnèrent de 1072 à 1194, en firent la capitale de leur royaume de Sicile, et la ville atteignit à cette époque son apogée. Une brillante civilisation s'y développa : son rayonnement artistique, intellectuel et scientifique avait pour origine l'harmonieuse compénétration des influences musulmanes et chrétiennes.

Les empereurs germaniques Hohenstaufen, Henri VI et Frédéric II, y régnèrent ensuite. Après la mort de ce dernier en 1250, ses successeurs ne purent s'opposer longtemps aux ambitions du frère de Louis IX, Charles Ier d'Anjou, soutenu par le pape et qui rêvait d'établir en Méditerranée un grand empire maritime. En 1266, Charles devenait roi de Sicile.

En 1282, les Palermitains se révoltèrent contre les Français. Ce massacre des « Vêpres siciliennes » fit passer la ville et l'île sous la domination de l'Aragon, puis de l'Espagne, qui les gardera jusqu'en 1713-1714. À partir de 1816, Palerme fit partie du royaume des Bourbons des Deux-Siciles. En 1848, une révolution amène la création d'un gouvernement et d'un parlement siciliens, qui dureront jusqu'en mai 1849. Le 27 mai 1860, les troupes de Garibaldi s'emparaient de la ville, et, le 21 octobre, Palerme et la Sicile votaient leur rattachement au jeune royaume d'Italie.

PALERME, VILLE D'ART

Il ne reste à peu près rien d'antérieur à l'ensemble monumental qu'a laissé l'âge d'or (xiie s.) du royaume normand de Sicile, héritier des civilisations byzantine et musulmane. La netteté géométrique des volumes distingue l'église San Cataldo, aux trois coupoles très orientales, comme celles de San Giovanni degli Eremiti, dont le cloître a beaucoup de grâce. Fondée en 1143, l'église de la Martorana est franchement byzantine par son plan en croix grecque et par sa parure de mosaïques à fond d'or. Du palais des rois normands, il reste essentiellement la « tour pisane », la chapelle Palatine et la salle dite « de Roger ». Fondée en 1132 par Roger II, la chapelle Palatine offre une vision de splendeur avec ses revêtements de marbre, sa voûte de bois ouvragé à la manière arabe, ses mosaïques d'esprit byzantin ; la salle de Roger (vers 1170), ornée aussi de mosaïques, est l'exemple le mieux conservé d'un art de cour auquel appartiennent plusieurs pavillons (la Zisa, la Cuba, la Cubula) de l'ancien parc royal. La fin de la période normande a laissé Santo Spirito, aux volumes simples, mais animés à l'extérieur par la polychromie des matériaux assemblés en figures géométriques, comme au chevet de la vaste cathédrale, fondée en 1185, mais très remaniée depuis lors.

L'architecture gothique apparaît d'abord tributaire tantôt de la tradition siculo-normande, comme le montrent au xive s. plusieurs parties de la cathédrale et des palais (Chiaramonte, Sclafani), au caractéristique décor d'arcs entrecroisés, tantôt des formes continentales, que traduisent San Francesco et le portail de Sant'Agostino (xiiie s.-début du xive s.). Une forte influence de la Catalogne et de l'Aragon se manifeste au xve s., inspirant la mode des arcs aigus ou surbaissés, d'une mouluration complexe et fine. L'exemple en est donné par le portail sud de la cathédrale ou par les ouvrages de Matteo Carnelivari : le palais Abbatelli – qui abrite la Galleria Regionale –, le palais Aiutamicristo, sans doute l'église Santa Maria della Catena. Dans la fresque du Triomphe de la Mort, aujourd'hui à la Galleria Regionale, on reconnaît le langage international de la peinture gothique tardive.

Comme dans toute l'Italie méridionale, la Renaissance a le caractère d'un art importé. Au xve s., Palerme accueille les sculpteurs Francesco Laurana, un Dalmate, et Domenico Gagini, un Lombard au talent gracieux, fondateur d'une dynastie artistique, tandis que les peintres Tommaso De Vigilia, Riccardo Quartararo et Pietro Ruzzolone (représentés, comme les sculpteurs, à la Galleria Regionale) dominent une école locale où, à diverses influences italiennes, s'ajoute celle du Levant espagnol. Avec la Porta Nuova (1535), le monument principal du xvie s. est la fontaine de la Piazza Pretoria, aux riches sculptures importées de Florence.

Palerme doit davantage à la floraison baroque. L'architecture du xviie s. est représentée par le carrefour monumental des Quattro Canti, la cour à arcades du Palais royal, le couvent des Filippini (aujourd'hui Musée archéologique), l'église du Gesù – avec son fastueux décor intérieur de marbres polychromes et de stucs –, les églises de goût romain élevées par Giacomo Amato (1643-1732) [Santa Teresa, la Pietà] et de nombreux palais. On note la venue du Caravage, qui peignit en 1609 une Nativité pour l'oratoire San Lorenzo, et celle de Van Dyck, auteur de la Madone de l'oratoire del Rosario (1624-1628). L'influence de ces deux maîtres marque, avec celle de Ribera, le talent robuste de Pietro Novelli (1603-1647). Au xviiie s., d'habiles fresquistes, tel Guglielmo Borremans, d'origine flamande, ont décoré palais et églises, mais les stucs de Giacomo Serpotta, parure des oratoires, ont un charme plus original. Le néoclassicisme apparaît dans la froide rénovation intérieure de la cathédrale, exécutée de 1781 à 1801 sur un projet de l'architecte romain Ferdinando Fuga. Plus amusante est la note exotique du « palais chinois » que Ferdinand III de Bourbon fit construire et décorer par Venanzio Marvuglia (1729-1814) vers 1800, dans le parc della Favorita.

LES MUSÉES DE PALERME

La Galerie régionale de Sicile, installée dans le palais Abbatelli, comprend une section d'art médiéval et une pinacothèque. Outre la fresque du Triomphe de la mort, on peut y admirer des sculptures des Gagini, des peintures d'Antonello da Massina, etc.

Le Musée archéologique rassemble des objets provenant des sites de Sicile (métopes du temple de Sélinonte).

Le musée international des Marionnettes conserve de très belles collections de pupi siciliens.