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Narbonne (11100)

Narbonne
Narbonne

Chef-lieu d'arrondissement de l'Aude, dans le bas Languedoc, au cœur d'une vaste plaine couverte de vignes, près de l'embouchure de l'Aude, sur le canal de la Robine.

  • Population : 52 489 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Narbonnais

Bifurcation autoroutière (entre la vallée du Rhône, la Catalogne et le Languedoc toulousain), marché des vins ; peu d'industries (raffinage de l'uranium à Malvési). À 15 km à l'E., au-delà de la montagne de la Clape, station balnéaire de Narbonne-Plage.

L'HISTOIRE DE NARBONNE

Narbo Martius est la première colonie romaine fondée en Gaule, en 118-117 avant J.-C., après la création de la Provincia. Elle succédait à l'oppidum préromain d'Ensérune. Narbonne a alors accès à la mer par l'Aude, qui se jette dans les lagunes situées au Sud : c'est le principal port de la Gaule méridionale après Marseille. Un second envoi de colons romains, vétérans de César (Xe légion), a lieu en 46, et Narbonne devient une des plus belles villes d'Occident. Le culte provincial de Rome et d'Auguste y a son autel ; l'empereur Antonin y verra le jour. Son capitole est célèbre. Au Bas-Empire, la ville, entourée d'une enceinte, conserve sa splendeur, célébrée par Ausone. Les Wisigoths la prennent dès 413 et en seront maîtres très longtemps (462-719) : Narbonne est déjà une métropole religieuse. Elle est occupée par les Sarrasins jusqu'à leur expulsion par les Francs en 759. Après avoir été la capitale du duché carolingien de Gothie, la ville se trouve partagée entre l'archevêque (Cité), la vicomté (Bourg) et un quartier juif indépendant (Ville-Neuve), prospère jusqu'au début du xive s., date à laquelle les Juifs sont expulsés. En 1320, l'Aude, rompant ses digues, inonde la plaine et suit dès lors son cours actuel. L'ancien lit, marécageux et pestilentiel, devient une cause d'épidémies ; ces événements marquent la fin de la prospérité de la ville, qui cesse de jouer tout rôle maritime. Narbonne est réunie à la Couronne en 1507. L'archevêché est supprimé en 1790 et Narbonne est alors réduite au rang d'évêché, rang qu'elle perd lors du Concordat de 1801.

L'ART À NARBONNE

À l'époque impériale romaine, la ville se pare de monuments majestueux, qui sont encore chantés par Sidoine Apollinaire au ve s., mais dont on chercherait aujourd'hui vainement la trace. Seuls subsistent des entrepôts souterrains, les arches d'un pont et surtout une multitude de pierres sculptées et gravées, entreposées dans le musée lapidaire de l'ancienne église Notre-Dame de Lamourguier.

Assez tôt, le christianisme dut s'introduire à Narbonne, mais c'est seulement après la paix de l'Église, en 313, que les disciples du Christ acquièrent la liberté du culte. De la cathédrale élevée par l'évêque Rustique au ve s., on conserve un linteau monumental en marbre blanc sur lequel sont gravés les renseignements relatifs à sa construction. Par ailleurs, une importante nécropole se développe autour du tombeau du premier évêque, saint Paul Serge. Des fouilles menées en 1946 ont permis de dégager un curieux édifice à abside occidentée, dont le sol de mosaïques polychromes, du iie s. ou du iiie s., fut crevé pour enfouir six sarcophages chrétiens, datables du iiie au viie s. D'autres sarcophages, de l'école dite « d'Aquitaine », appartenant à l'époque de la domination wisigothique, ont d'ailleurs été trouvés aux environs.

Narbonne demeure un centre artistique à l'époque carolingienne. Par contre, la période romane accuse une relative atonie : les sculptures de l'époque sont peu représentatives de la capitale d'une très vaste province ecclésiastique.

Tout change avec le gothique. Dès la première moitié du xiiie s., l'église Saint-Paul-Serge reçoit un nouveau chœur, qui témoigne de l'implantation précoce de l'architecture du Nord dans les terres méridionales. Un chantier encore plus important s'ouvre en 1272, avec la reconstruction de la cathédrale Saint-Just. Les plans sont fournis par l'architecte Jean Deschamps, qui avait déjà travaillé à Clermont-Ferrand. Seul le chœur devait être terminé, mais il s'agit d'une œuvre essentielle pour la diffusion dans le Midi du gothique rayonnant.

Non moins importante, la résidence voisine des archevêques permet de suivre l'évolution de l'architecture civile et militaire au Moyen Âge. Il n'existe pas moins de trois palais élevés à diverses époques et formant un ensemble impressionnant. Après avoir été quelque peu dénaturés par une restauration abusive de Viollet-le-Duc, ces bâtiments ont vu leur intérêt s'accroître à l'époque moderne par l'installation de plusieurs musées d'art et d'archéologie.

LES MUSÉES DE NARBONNE

Installé dans le beau palais des archevêques, le musée d'Art et d'Histoire regroupe des peintures italiennes (le Tintoret), espagnoles, flamandes, hollandaises et françaises (xviie et xviiie s. ; portraits par Rigaud et Mignard), des meubles, des émaux limousins, des faïences, ainsi que des mosaïques romaines.

Également dans l'ancien archevêché, le musée archéologique présente les civilisations locales, de la préhistoire au vie s. Il est complété par le musée lapidaire, qui occupe l'ancienne église Notre-Dame de Lamourguier, des xiie-xiiie s.