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Ispahan ou Isfahan ou Esfahan

Ispahan
Ispahan

Ville d'Iran, au S. de Téhéran.

  • Population pour l'agglomération : 4 168 219 hab. (recensement de 2011)

C'est une grosse oasis sur le piedmont nord-est du Zagros, arrosée par le Zayandè Rud, qui la sépare de son faubourg de Djolfa, peuplé d'Arméniens (aujourd'hui disparus) par Abbas Ier au début du xviie s. Capitale de l'Iran sous les Seldjoukides (xie-xiiie s.) et sous les Séfévides (1598-1722), elle garde de cette dernière période un urbanisme monumental, fort bien conservé, qui en fait un grand centre touristique. L'industrie est représentée par le textile (artisanat du tapis et filatures de laine et surtout de coton), devant la métallurgie (aciérie) et la chimie (raffinage du pétrole).

Ispahan, ville d'art

Introduction

Capitale de l'Iran sous les Seldjoukides (xie-xiiie s.) et sous les Séfévides, Ispahan garde de cette dernière période un urbanisme grandiose qui fait souvent oublier ce qui lui fut antérieur. La ville était pourtant une grande capitale médiévale comme en témoigne le beau minaret (1131-1155), découronné mais encore haut de 48 m, de la mosquée Ali (1521) et surtout la Grande Mosquée, une des œuvres les plus représentatives du génie national.

La Grande Mosquée

Son histoire est controversée, et on ne sait toujours pas si elle a été reconstruite a fundamentis au xie s. ou si alors furent seulement insérées, dans un oratoire « arabe » à nefs, la salle sous coupole seldjoukide servant de maqsura et celle qui fut utilisée comme vestibule, l'une et l'autre pleines de noblesse. Quoi qu'il en soit, c'est après l'incendie de 1121-1122 qu'elle fut refaite, en brique, en suivant le plan à quatre iwans, qui deviendra ultérieurement classique en Iran. Parmi les additions qui lui furent faites par la suite, il faut signaler au moins l'admirable mihrab en stuc d'Uldjaytu (1310), les carreaux de revêtement des iwans, les mosaïques de faïences émaillées du minaret et de la façade sur cour (xve-xviie s.).

La Grande Mosquée est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2012.

La ville de Chah Abbas

C'est en 1598 que le souverain séfévide transplante sa capitale de Qazvin à Ispahan, où il entreprend aussitôt de grands travaux. Au centre de la ville, il aménage en terrain de polo la Meydan-e Chah (place Royale), vaste surface rectangulaire de 512 m sur 159, bordée de maisons uniformes à arcatures, où s'ouvrent des boutiques. Au milieu des quatre côtés, il fait ériger quatre ensembles monumentaux, quatre portes de styles différents, conduisant respectivement à la Mosquée royale, à la mosquée du Cheykh Lotfollah, au bazar et aux palais.

La Mosquée royale (Māsdjid-e Chāh), construite entre 1612 et 1630, et entièrement revêtue de splendides faïences, présente un changement d'axe de 45° par rapport à la place : aussi, l'iwan ouvrant sur la Meydan-e Chah, flanqué de deux minarets, est-il raccordé à l'iwan donnant sur la cour par un couloir habilement coudé. Sur cette même cour, selon le plan usuel, trois autres iwans précèdent des salles sous coupoles, dont celle du fond, la principale, est flanquée de quatre nefs prolongées de part et d'autre par deux cours qui ramènent au plan rectangulaire. La mosquée du Cheykh Lotfollah (1602-1603), elle aussi couverte de céramiques, a des ambitions plus modestes, mais d'aussi grandes qualités. Le bazar, contigu à la place (Qeysariyè), est précédé d'un portail portant une tribune pour les musiciens.

La porte conduisant aux palais, connue sous le nom d'Ali Qapu, forme elle-même un petit pavillon royal. Sa grande baie ouverte en façade abrite un vestibule à coupole donnant accès aux jardins ; elle est surmontée d'une vaste tribune à toit plat porté par dix-huit colonnes sveltes et hautes ; derrière elle est aménagée une salle d'audience et, sur les côtés, trois étages d'appartements largement ouverts sur l'extérieur. Son décor est fastueux : en bas, peintures de fleurs et de graciles animaux ; en haut, personnages de cour, couples d'amoureux et de buveurs, partiellement détruits, où l'on perçoit l'influence de la peinture européenne. Dans les jardins, d'autres pavillons complètent les palais. Celui de Tchehel Sutun (des « Quarante colonnes ») était la salle du trône de Chah Abbas, mais, détruit par un incendie, il fut reconstruit au xviiie s. Une longue pièce d'eau le précède, dans laquelle se reflètent les vingt colonnes du vestibule. Le pavillon de Hicht Bihicht (« Huit Paradis »), très différent, bien qu'également situé sur une terrasse et orné de portiques donnant sur l'extérieur, présente un plan rayonnant avec salle centrale et, autour, deux étages de salons octogonaux et de chambres.

Le Tchahar Bagh, grande voie axiale, traverse la ville sur 3 km. Il franchit le fleuve sur le pont Allahverdi Khan, à trente-trois arches, avec voie médiane et galeries couvertes pour piétons. Deux autres ponts passent la rivière en aval et en amont.

Le xviiie s.

Le magnifique ensemble de Chah Abbas, qui affirme l'amour du luxe, le goût pour la délicatesse et l'harmonie, fut complété en 1708 par la madrasa de Chah Husayn (ou Madar-e Chah), construite sur le Tchahar Bagh et jumelée avec un grand caravansérail. Tout en reproduisant le plan de la madrasa à quatre iwans, elle utilise aussi la grande salle à coupole de la mosquée. L'élégance de ses proportions et la beauté des faïences sur fond turquoise de son dôme en font la dernière grande œuvre séfévide.