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Delhi

Dehli
Dehli

Ville d'Inde, capitale du territoire de Delhi, sur la Yamuna, englobant la capitale fédérale (New Delhi).

  • Population pour l'agglomération (y compris Faridabad, Gurgaon et Ghaziabad) : 22 653 608 hab. (estimation pour 2011)

GÉOGRAPHIE

Troisième ville de l'Inde, Delhi doit son développement à une situation de carrefour stratégique, de nœud routier, puis ferroviaire. Au bord de la rivière Yamuna, l'agglomération juxtapose au Vieux Delhi la capitale récente (1911) de New Delhi et des banlieues étendues. L'aéroport international Indira-Gandhi est situé à 23 km au sud de la ville.

La population de Delhi est très composite, la fonction de capitale fédérale ayant attiré des immigrants de toute l'Inde. Les deux tiers de la population active appartiennent au secteur tertiaire. C'est un grand centre de commerce, de tourisme, de vie intellectuelle. À côté d'industries modernes, où dominent encore cependant les petits ateliers (textile, alimentation, produits chimiques), subsistent les artisanats anciens du Vieux Delhi (ivoire, bijouterie, chaudronnerie, etc.). On y retrouve les problèmes sociaux des métropoles indiennes, son extension démesurée et ses problèmes internes de transports ne lui épargnant pas la congestion des quartiers anciens.

Le Vieux Delhi

Le Vieux Delhi, ville historique au style typiquement indien (rues étroites, importants bazars, comme le célèbre Chandni Chauk), est marqué, dans ses monuments, par des siècles de domination musulmane. Immédiatement au nord, l'occupation britannique a développé le quartier des Civil Lines, formé de villas et de bâtiments administratifs, ancien quartier résidentiel des Britanniques.

New Delhi

New Delhi, au S., réalise une conception impériale complètement différente. L'ensemble a été construit entre 1920 et 1930 sur les plans assez grandioses de sir Edwin Landseer Lutyens et de sir Herbert Baker. Autour d'une vaste rotonde centrale, Connaught Place, c'est une ville au plan radial, avec des pelouses et des parcs. C'est la ville des grands bâtiments officiels, des ambassades et des grands hôtels. Le style mêle les conceptions néoclassiques aux souvenirs de l'architecture moghole. Au contact du Vieux Delhi, autour de la Connaught Place, restaurants, commerces, hôtels engendrent une activité constante. D'autant plus que de grands immeubles, sièges de banques et de sociétés, de construction moderne, ont donné naissance à un quartier d'affaires. Plus au sud coexistent les grands bâtiments administratifs et les villas des fonctionnaires, disséminées parmi les arbres. Les édifices officiels, œuvres des architectes britanniques, sont plus sobres que ceux de Bombay ou de Calcutta. L'association des colonnades à la grecque et des imitations du style mongol n'est pas toujours heureuse, mais quelques perspectives ne manquent pas d'une certaine beauté. Grandes avenues, bâtiments administratifs très éloignés les uns des autres, verdure et plans d'eau confèrent à New Delhi un charme un peu froid ; les quartiers vraiment animés sont rares. Des traces de l'ancienne splendeur de la ville se retrouvent ici et là, notamment avec les tombeaux des souverains Lodi, le tombeau d'Humayun et, un peu à l'écart, le fameux Qutb minar (ces deux derniers étant inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1993).

L'HISTOIRE DE DELHI

Une première cité, Hastinapura, occupe, dès la première moitié du Ier millénaire avant J.-C., le site de la future Dhillika que fondent au xie s. après J.-C., les Tomaras. Elle tombe aux mains d'un autre clan rajput, celui des Cahamanas, au xiie s., avant d'être prise, en 1193, par le sultan afghan Muhammad de Ghor. Delhi devient, de 1206 à 1526, la capitale d'un sultanat qui est la première puissance musulmane en Inde. Les Moghols, après avoir régné un temps depuis la proche Agra, rendent à la ville son rang de capitale lorsque Chah Djahan, en 1648, transfère sa cour dans la cité qu'il vient de faire construire et qui porte son nom : Chahjahanabad. Mise à sac par Timur Lang en 1398, la ville sera à nouveau dévastée en 1739 par l'empereur de Perse Nadir Chah et en 1761 par l'Afghan Ahmad Chah. Prise par les Anglais dès 1803, elle reste la capitale de l'Empire moghol jusqu'à sa disparition en 1856. Lors de la révolte des Cipayes de 1857, les mutins l'occupèrent du 11 mai au 20 octobre. Succédant à Calcutta comme capitale de l'Empire des Indes en 1911, elle deviendra la Vieille Delhi lorsque les Britanniques édifieront la Nouvelle Delhi (New Delhi), capitale de l'Inde depuis 1947.

DELHI, VILLE D'ART

Introduction

Pour l'historien de l'art, il n'y a pas une Delhi, mais sept cités voisines et successives, créées par le goût changeant des souverains. Intimement dépendante du pouvoir, la ville se pare de monuments quand elle est capitale, pour peu que les princes s'éprennent d'architecture. Elle vit sur son passé ou tombe en ruine quand la Cour s'installe ailleurs ou quand les princes n'ont plus l'amour de construire. Si elle ne peut pas prétendre donner un tableau complet de l'art de l'islam indien, car les écoles provinciales ont souvent fait montre de personnalité, elle offre néanmoins un ensemble unique d'édifices érigés entre la fin du xiie et le milieu du xviiie s.

Delhi 1 et 2

On doit à la dynastie des Esclaves (1206-1290) et à celle des Khaldji (1290-1320), respectivement fondateurs des première et deuxième Delhi, les monuments situés autour du Qutb minar, ce prodigieux jaillissement de pierres rouges haut de 72,50 m, orné de colonnes et de pilastres engagés, de balcons en encorbellement et de magistrale épigraphie, à la fois minaret et tour de victoire : – la mosquée Quwwat al-Islam, commencée avant même la proclamation de l'Empire, dès 1192, avec les matériaux pris à 27 temples hindous et jaïna détruits, puis parée peu après d'un grandiose écran à arcs, servant de façade à l'oratoire, et d'une porte, l'Alai darwaza, où apparaissent déjà les placages de marbre blanc se détachant sur le fond de pierres rouges ;– la tombe d'Iltutmich, postérieure de quelques années à celle de Sultan Rhari (1231), située à 8 km plus au sud et qui est le premier mausolée monumental de l'Inde.

De Delhi 3 à Delhi 6

Les Tughluq (1320-1414), fondateurs de Tughluqabad, la troisième Delhi, aujourd'hui très ruinée, inclinent pour un art plus sévère : il reste surtout de leur règne la belle tombe à coupole de Rhiyath al-Din (vers 1325). Il est impossible de nommer toutes les constructions religieuses ou civiles faites dans Djahanpanah et Firuzabad, les Delhi 4 et 5. Par contre, les productions plus rares des Sayyid (1414-1451) et des Lodi (1451-1526) permettent de mentionner ce qui fut leur activité principale, l'érection de mausolées sur plan carré ou octogonal, couverts de coupoles hémisphériques, souvent entourés de portiques : tombes de Muḥammad Chah (1444), de Mubarak Chah (1434), de Sikandar Lodi (1518), etc. Plusieurs sont situées dans les jardins de Lodi, à proximité d'une des rares mosquées de l'époque, le Bara Gumbad (1494), et d'un petit pont moghol. Si Chir Chah, l'usurpateur afghan, construit ses chefs-d'œuvre dans d'autres villes, il n'abandonne pas Delhi, où il fonde la 7e ville, Purana-Qila (mosquée Qila-i Kuhna, 1541 ; tombe de Isa Khan, 1547, fidèle au type octogonal lodi).

La ville moghole : Delhi 7

Les deux premiers souverains moghols, Baber et Humayun, n'ont guère laissé de souvenirs architecturaux. C'est pourtant à Humayun que se rattache le premier grand monument de la dynastie, sa tombe. Œuvre de sa femme, qui le mit en chantier vers 1564, cet immense et magistral palais des morts, enfermé dans un parc, n'est pas seulement le prototype d'un art funéraire entièrement renouvelé et appelé à une grande carrière (le Tadj Mahall d'Agra s'en inspirera). C'est aussi un édifice qui présente maints caractères fondamentaux de la nouvelle école : la vaste terrasse de soubassement, les iwans monumentaux de façade, le double dôme dont l'origine doit être cherchée en Asie centrale.

Delhi 7 naît quand Chah Djahan décide de rétablir le siège de son gouvernement dans l'antique cité. La célèbre citadelle-palais, connue sous le nom de Fort Rouge, bâtie entre 1639 et 1647 et qui s'ouvre par deux grandes portes (portes de Delhi et de Lahore), enferme, dans un octogone irrégulier en grès rouge et au milieu de jardins et de terrasses, des suites de pavillons, de chambres, de salles d'audience, construites avec le matériau favori du souverain, le marbre blanc. À proximité du fort, Chah Djahan érige, entre 1644 et 1658, sa Grande Mosquée (mosquée du Vendredi) sur une immense plate-forme que la cour occupe en majeure partie. Avec ses portes monumentales, sa clôture ajourée, ses quatre minarets d'angles, son harmonieuse façade à grand iwan flanqué de dix arcs, ses trois coupoles élancées et bulbeuses, sa riche parure de marbres, c'est l'œuvre la plus ambitieuse, la plus classique et la plus imposante de la dynastie.

L'activité architecturale se réduit sous Awrangzib, qui élève cependant, dans le Fort Rouge, la jolie et un peu mièvre mosquée de la Perle (Moti Masdjid, 1662-1663), tout en marbre blanc. Au xviiie s., deux constructions peuvent encore être citées : l'observatoire, Jantar Mantar (1724), et le mausolée de Safdar Djang (vers 1754), dernier exemple de la tombe jardin, née dans la ville avec celle d'Humayun, édifice encore noble, mais manquant de vigueur et de proportions.