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Casablanca

en arabe Dār al-Bayḍā'ou Dar el-Beida, « la maison blanche »

Casablanca
Casablanca

Ville du Maroc, sur l'océan Atlantique.

  • Population : 2 949 805 hab. (recensement de 2004)
  • Nom des habitants : Casablancais

De 20 000 habitants seulement en 1900, Casablanca, développée pendant la période coloniale, passée à 500 000 habitants vers 1945 puis à 1 million en 1961, a continué à croître après l'indépendance. Cette expansion remarquable est due à la concentration à Casablanca d'une partie importante des activités du Maroc ; elle repose d'abord sur le développement de la fonction portuaire. Casablanca effectue 80 % du commerce extérieur marocain, exportant des produits bruts (phosphates, agrumes, primeurs) et important des produits énergétiques ou industriels. Casablanca est aussi une grande place commerciale travaillant avec l'ensemble du pays, une place financière, un important centre de services et une grande cité industrielle (plus de la moitié du potentiel industriel national : métallurgie de transformation, constructions électriques, chimie, textile, alimentation).

Sans être un véritable centre touristique, la ville accueille de nombreux voyageurs de passage. Casablanca occupe une surface considérable, s'étendant sur 20 km le long de l'Atlantique et sur 10 km vers l'intérieur. Elle s'est développée autour de l'ancienne médina, du premier port moderne et du centre d'affaires. Deux ensembles s'opposent assez nettement : à l'O. s'étalent des quartiers de niveau social moyen ou élevé (dont le luxueux quartier d'Anfa) ; à l'E. et au S. s'étendent les médinas récentes, les cités de recasement et les bidonvilles. Mosquée Hasan II (1993).

1. La physionomie de la ville

La physionomie de la ville moderne résulte de l’interférence des plans élaborés par deux architectes à des moments décisifs de l’histoire de la ville, alors que la spéculation et le laisser-faire conduisaient à une redoutable anarchie : le plan d’Henri Prost (1874-1959), en 1914, donna à la ville les axes essentiels de son développement, sur le double principe de la séparation des habitats, européen et marocain, et des vocations, industrielle de l’est de la ville, résidentielle de l’ouest ; le plan de Michel Écochard, en 1949, rejetant la ségrégation des communautés sur des bases ethniques ou confessionnelles, tendit à créer des quartiers, « unités de voisinage », d’environ 10 000 habitants, de densités et d’allures différentes selon la catégorie sociale à laquelle ils étaient destinés, des organismes d’État présidant à leur édification.

2. Une croissance millénaire

L’agglomération, d’abord connue sous le nom d’Anfa (terme d’origine berbère et non phénicien), fut sans doute fondée par les Zenata au xie siècle. Les Portugais la détruisirent en 1468. La ville fut recréée en 1770 et prit alors son nom actuel. À partir du traité de 1856 avec la Grande-Bretagne et de la convention de 1863 avec la France, Casablanca devint un important centre d’exportation de céréales et de laines ainsi que d’importation de produits fabriqués. En 1906, son trafic dépassa celui de Tanger, tandis que sa population était passée de 700 habitants en 1836 à 25 000, dont un millier d’Européens. Après la conférence d’Algésiras (1906), l’installation de contrôleurs européens à la douane et les activités d’une société française construisant le port entraînèrent une agitation xénophobe et le massacre de neuf ouvriers (juillet 1907). Le débarquement du corps de fusiliers marins du navire Galilée quelques jours plus tard (suivi des troupes du général Drude, le 7 août) allait faire de Casablanca (après Oujda) la grande base de la pénétration militaire française au Maroc. La décision prise par le résident général Lyautey, après la signature du traité de protectorat (1912) et en accord avec les représentants du grand capital français (Compagnie Schneider, Banque de l’Union parisienne, Banque de Paris et des Pays-Bas) déjà établis sur place, de faire de Casablanca le grand emporium marocain fixa le destin de la ville. La découverte, dans l’arrière-pays, de gisements de phosphate, dont l’exploitation commença en 1921, apporta au port un volant de trafic dont l’importance n’allait cesser de croître.

HISTOIRE

Fondée sans doute au Moyen Âge, Casablanca resta une bourgade jusqu'au milieu du xixe s. Occupée par les Français en 1907, elle devint la base de l'intervention française au Maroc, puis la nouvelle métropole économique. Les forces françaises du général Noguès, obéissant à Pétain, s'y opposèrent du 8 au 10 novembre 1942 au débarquement des Américains (bataille de Casablanca). À l'occasion de la conférence d'Anfa, dite aussi de Casablanca (janvier 1943), eut lieu la première rencontre entre de Gaulle et Giraud.