En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

tisserin

Tisserin
Tisserin

Très proches parents des moineaux, les tisserins sont des oiseaux à gros bec, remarquablement habiles pour tisser leur nid. Comme toutes les 5 900 espèces environ qui constituent l'ordre des passériformes, leurs plus anciens ancêtres connus datent de 60 millions d'années.

Introduction

Les tisserins appartiennent à la famille des plocéidés, l'une des nombreuses familles du très vaste ordre des passériformes ou passereaux. Cet ordre comprend la majorité des petits oiseaux du monde : hirondelles, pies, moineaux..., mais également la plupart des petits oiseaux colorés qui peuplent les volières. Les premiers oiseaux sont apparus sur la Terre il y a 140 millions d'années, mais les fossiles de passereaux les plus anciens datent seulement du paléocène (environ 60 millions d'années). Les passereaux se distinguent des autres oiseaux par leur capacité de chanter, mais l'habileté des chanteurs varie selon la famille, les corvidés étant les moins doués.

Durant des millions d'années, et jusqu'au pliocène, les passereaux sont restés un groupe assez homogène, puis, il y a environ 10 millions d'années, leur évolution s'accélère, explosant véritablement en environ 5 900 espèces regroupées traditionnellement dans 91 familles (et qui forment l'ordre de loin le plus important de la classe des oiseaux). La famille des plocéidés, l'une des plus évoluées, s'est différenciée tardivement du tronc commun des passereaux. Sa jeunesse explique que les différences entre espèces et sous-espèces ne soient pas toujours bien marquées et engendrent de nombreux désaccords sur la classification. Ainsi, une espèce largement répandue comme le tisserin gendarme, Ploceus cucullatus, présente de telles variations morphologiques liées à la variété des régions qu'elle occupe que de nombreuses sous-espèces ont été décrites.

La vie des tisserins

De bruyants petits oiseaux amateurs de graines

Les tisserins, à l'exception de quelques espèces, sont des oiseaux grégaires vivant en bandes de quelques dizaines à quelques centaines d'individus.

Constamment à la recherche de nourriture, ils se fixent sur des lieux qui leur assurent subsistance et tranquillité, sans s'éloigner de leur région de nidification, où ils s'assemblent à la saison des pluies.

Durant les grandes chaleurs de la journée, ils vont boire et se reposent, silencieux, dans les feuillages. Le soir, ils se regroupent dans des arbres ou des buissons d'où jaillissent leurs bruyantes vocalisations.

Les tisserins sont munis d'un bec épais, plus long et plus conique que celui des oiseaux uniquement granivores comme les moineaux ou les bruants. De plus, ils possèdent un gésier fortement musclé. C'est pourquoi ils ont une alimentation variée. Les tisserins à bec épais, long et pointu, se nourrissent, dans les arbres ou, dans les roseaux, d'insectes et de fleurs. Chacune de ces espèces de tisserins amateurs de fleurs choisit de préférence une partie de la fleur, étamines, pistil ou encore ovaire lorsqu'il est fécondé, mais aucun tisserin ne consomme toute la fleur. Les tisserins à bec court et massif ont une alimentation à base de graines, qu'ils trouvent le plus souvent à terre.

Le tisserin gendarme, Ploceus cucullatus, mange des scarabées, des larves, du nectar, des étamines et des ovaires de fleurs ; à l'occasion, il n'hésite pas à venir becqueter les miettes des repas, près des habitations. Le travailleur à bec rouge, Quelea quelea, qui se nourrit exclusivement de graines à l'âge adulte, alimente cependant ses petits en leur apportant au nid des insectes et particulièrement des termites apparaissant après les premières grosses averses de la saison des pluies. Chaque espèce de tisserin a ainsi un régime alimentaire de prédilection, qui varie avec la forme de son bec, avec les saisons et les ressources naturelles disponibles.

Les tisserins vont boire à l'eau des rivières au cours des heures chaudes de la journée, se rassemblant par milliers en vagues successives sur les arbres ou les arbustes alentour. Ils absorbent rapidement quelques gorgées d'eau, puis retournent précipitamment sur leur perchoir par crainte des éperviers et des faucons qui, attirés par leur remue-ménage, se tiennent aux aguets.

Quotidiennement, les tisserins couvrent des espaces considérables d'un vol rapide, direct et parfaitement synchronisé, battant des ailes fréquemment et avec frénésie en émettant des cris. Demeurant autour de leur région de nidification, les tisserins ne sont pas des espèces migratrices, mais certaines grandes bandes de quéléas évoquent des nuages de fumée lorsqu'ils survolent la surface de l'eau ou s'élèvent en vols alternés. À proximité des rivières et des étangs, c'est un ballet incessant d'oiseaux voletant d'un lieu à l'autre et changeant d'endroit quand ils en ont épuisé toutes les ressources.

Des pierres pour digérer les graines

Des pierres pour digérer les graines



Les tisserins possèdent un gésier musclé, assez développé pour leur très petite taille. Les graines les plus dures ou les noyaux des fruits qu'ils absorbent sont cassés par des coups de bec, puis broyés par les petites pierres que les oiseaux avalent et qui sont stockées dans le gésier et mises en mouvement par les contractions musculaires. Lorsque les pierres ont achevé leur travail, les graines passent dans l'estomac où elles sont digérées.

Les nids d'oiseaux les plus spectaculaires

Dès les premières averses qui débutent la saison des pluies, les tisserins regagnent leurs régions de nidification.

La pluie fait pousser une végétation nouvelle, utile à la construction des nids.

Les milieux choisis pour nicher diffèrent selon les espèces. La grande majorité des tisserins élisent des arbres à découvert, en lisière de forêt, au milieu de la savane ou dans les jardins, et recherchent, pour construire leur nid, la proximité de l'eau, car celle-ci est une bonne protection contre les prédateurs. Quelques-uns cependant vont en forêt dense, et certains choisissent ainsi des forêts fluviales ou des roselières. C'est parmi ces espèces forestières que se rencontrent les couples nicheurs solitaires.

Le tisserin gendarme, que l'on peut observer à proximité des habitations humaines, niche en colonies de quelques couples à quelques dizaines de couples, comme la plupart des tisserins. D'autres, comme les travailleurs à bec rouge, forment d'immenses colonies allant de centaines à des dizaines de milliers de couples.

La construction des nids des tisserins est sans aucun doute la plus spectaculaire dans le monde des oiseaux.

C'est le mâle qui l'exécute entièrement. Il sélectionne une section de branche fourchue, dirigée vers le bas, qu'il tourne de telle sorte que la partie inférieure de l'anneau vertical qu'il tresse alors lui serve de perchoir durant tout le cours de la construction.

Le tisserin utilise des matériaux de couleur verte de préférence à tout autre, car ils sont plus aisés à tisser ou à plier ; ce sont des herbes fraîches et souples ou les fibres des longues feuilles de palmiers qu'il détache en se laissant pendre dans le vide.

Le mâle tient une extrémité de l'herbe avec son bec et la fait passer entre les tiges déjà tissées pour l'enrouler autour d'elles. Il inverse souvent le sens de l'enroulement afin que le tissage soit plus serré.

Le tisserin construit toujours son nid dans le même sens, en commençant par le toit auquel il accorde un soin particulier en raison des pluies. Si, une fois achevé, le toit de la chambre laisse passer un peu de jour, le tisserin y place un plafond qui ne sera pas tissé, mais formé par des petits bouts de feuilles que l'oiseau pose les unes sur les autres jusqu'à obscurcissement complet. Ensuite, il tisse en descendant les parois de ce qui sera la future chambre. Puis il construit l'antichambre du nid en se plaçant à reculons et en tissant au-dessus de sa tête de plus en plus loin, se penchant en arrière jusqu'à ce que l'entrée du nid soit à l'horizontale.

Le nid terminé est ovoïde ; son axe horizontal est long et son orifice d'entrée, situé à l'une de ses extrémités et dirigé vers le bas, ne sera achevé que lorsque la femelle se sera installée.

Deux femelles au moins pour chaque mâle

Dès que le mâle a achevé la construction du nid – qui a une forme propre, plus ou moins ronde ou allongée, selon l'espèce de tisserins à laquelle l'oiseau appartient –, il essaie d'y attirer une femelle : c'est le moment de la parade.

La parade du tisserin consiste à s'accrocher sous son nid, face à l'ouverture et à battre vigoureusement des ailes en émettant des cris très particuliers. Si la femelle est attirée par cette parade, elle entre alors dans le nid pour le visiter. Si le nid est refusé, il devient de moins en moins attrayant et finit par sécher, passant de la couleur verte des végétaux à la couleur paille. En règle générale, après une semaine, le nid perd tout attrait : le mâle l'abandonne alors ou le détruit.

Si l'avis de la femelle est favorable, celle-ci prend possession du nid et l'accouplement a lieu presque aussitôt, à l'extérieur. Puis elle interdit au mâle d'y entrer jusqu'à l'éclosion des oisillons. Le mâle continue à tisser à l'extérieur pour ajouter un petit couloir d'entrée et parfaire le rebord du nid ; mais il n'intervient plus pour le consolider, le rafraîchir ou le réparer. Peu à peu, les herbes tissées qui composent l'armature du nid se dessèchent, et celui-ci acquiert une teinte ocre.

La femelle, quant à elle, s'occupe du confort intérieur et tapisse les parois de la chambre de feuilles, de brins d'herbe et de plumes douces. La ponte du premier œuf survient un ou deux jours après l'accouplement. Les 2 ou 3 œufs, pondus à un jour d'intervalle, sont blancs, bleu pâle ou vert pâle. Ils sont de teinte unie ou lavée de rouge-brun. Larges de 13,4 mm à 16,9 mm et longs de 20,5 mm à 25,1 mm selon les espèces, ils sont couvés durant 12 jours par la femelle. Les petits, qui sont nourris par les deux sexes, restent au nid de 17 à 21 jours. Les parents leur apportent des insectes, qui apparaissent en grande quantité en cette saison pluvieuse.

Le mâle, aussitôt sa compagne installée, débute la construction d'un second nid et tente d'y attirer une autre femelle. Chez le tisserin gendarme, la moyenne est de 2 femelles pour chaque mâle au cours d'une même saison de reproduction.

Après la période d'élevage des oisillons, tous s'envolent, les jeunes comme les adultes, et se dispersent en bandes plus ou moins nombreuses à la recherche de nourriture.

Pour tout savoir sur les tisserins

Tisserin gendarme (Ploceus cucullatus)

Le tisserin gendarme fait partie du genre Ploceus, qui réunit les tisserins vrais, tisseurs par excellence. Un peu plus gros qu'un moineau, ce petit oiseau pèse environ 40 g et mesure une quinzaine de centimètres de long ; l'envergure de ses ailes est de 20 cm. Le mâle est légèrement plus grand que la femelle, mais tous deux ont la même silhouette.

Le tisserin gendarme se caractérise, comme toutes les espèces du genre, par un bec robuste, court, conique et épais, qui lui permet de briser les graines, la carapace dure (chitine) des insectes, ou encore les parties coriaces de certaines plantes.

Le plumage coloré du mâle varie au cours de l'année, au rythme des deux mues annuelles qui en modifient profondément la structure. Celles-ci touchent également les femelles, quoique de façon moins spectaculaire. En dehors de la saison de reproduction, le mâle a le sommet de la tête brun olive, la gorge jaune, le dos tacheté de gris et de brun, et le ventre blanchâtre, lavé de gris sur la poitrine et les flancs ; la queue est jaune, l'œil brun, les pattes et le bec brun-rose. Le plumage nuptial du mâle est beaucoup plus chatoyant, avec la tête, la nuque et la bavette noires, le dos jaune et noir aux nombreux motifs, les côtés du cou et le ventre jaune vif, l'œil rouge, les pattes rose-brun et le bec qui est gris-noir brillant, avec des reflets métalliques.

Toutefois, toutes les sous-espèces de tisserin gendarme ne présentent pas la même coloration. Les mâles se distinguent les uns des autres par la dimension du masque noir et par la quantité de plumage roux autour du masque. La présence ou l'absence de masque facial est, comme la couleur du plumage, un signe de reconnaissance visuel et un caractère sexuel que renforce la couleur de l'œil ou sa brillance quand l'iris est sombre. Chez la plupart des huit sous-espèces, la tête et la bavette sont noires.

Présent du Sénégal au Cameroun, au Tchad et dans les îles du golfe de Guinée, Ploceus cucullatus cucullatus a la nuque noire et châtain. Ploceus cucullatus bohndorffi, qui vit dans le nord de la République démocratique du Congo, en Ouganda, au Soudan et dans le nord-ouest de la Tanzanie, se reconnaît à sa nuque châtain.

Ce sont la gorge et les flancs qui sont châtains chez Ploceus cucullatus frobenii, au sud du Zaïre.

Au Gabon, dans toute la République démocratique du Congo et dans le nord de l'Angola, on reconnaît Ploceus cucullatus collaris au plumage marron de sa poitrine.

Dans toute l'Afrique centrale jusqu'au sud de la Somalie vit Ploceus cucullatus nigriceps dont la nuque est noire, sans plumage roux autour du masque.

Ploceus cucullatus graueri lui ressemble beaucoup, mais son ventre est jaune lavé de roux ; il habite l'est de  la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Burundi et l'ouest de la Tanzanie.

Ploceus cucullatus spilonotus est le seul tisserin gendarme dont la nuque et le dessus du crâne sont jaunes, contrastant avec ses joues noires ; il se rencontre du sud-est du Botswana au sud du Mozambique, au Kwazulu-Natal, au Transvaal et à l'est de la province du Cap.

Limitée à l'Éthiopie, à l'Érythrée et au Soudan, la huitième sous-espèce, Ploceus cucullatus abyssinicus, est mal connue.

Chez toutes ces sous-espèces, les femelles et les jeunes se différencient peu les uns des autres, car ils portent toute l'année un plumage vert jaunâtre.

Chez les tisserins, la couleur de l'iris varie selon l'âge et le sexe. En général, celui des mâles est plus coloré que celui des femelles ou des jeunes. Les yeux, très latéraux, ouvrent à l'oiseau un large champ de vision binoculaire, indispensable à la recherche de nourriture et à la surveillance des alentours. La vie en groupe et la cohésion sociale pallient l'inconvénient d'un angle mort à l'arrière de la tête.

En dehors de la saison de reproduction, les tisserins gendarmes sont discrets et silencieux pendant les heures chaudes de la journée, lorsqu'ils se reposent à l'abri du feuillage. Le soir, en revanche, leurs vocalisations bruyantes et discordantes jaillissent des arbres ou des buissons où ils se regroupent pour la nuit.

Lorsqu'ils se déplacent en groupes à la recherche de nourriture, les tisserins gendarmes pratiquent un vol rapide et direct, qui leur permet de couvrir de grandes distances au cours de la journée, malgré leur taille.

TISSERIN GENDARME

Nom (genre, espèce) :

Ploceus cucullatus

Famille :

Plocéidés

Ordre :

Passériformes

Identification :

Oiseau de petite taille, au bec conique, de couleur terne vert-jaune ; le plumage nuptial du mâle est à dominante jaune et noir

Longueur :

De 15 à 17 cm

Poids :

Mâle : 41 g, femelle : 38 g

Répartition :

Afrique, au sud du Sahara. Introduit en République dominicaine, Haïti, Martinique, à Maurice, La Réunion, au Portugal et à Porto Rico.

Habitat :

Palmeraies, lisière de forêts, savanes (près de l'eau), parcs et jardins

Régime alimentaire :

Petits insectes (coléoptères), nectar, étamines et ovaires des fleurs, graines

Structure sociale :

Grégaire et polygame

Maturité sexuelle :

À 1 an

Saison de reproduction :

À la saison des pluies (variable selon les régions)

Durée d'incubation :

12 jours, seule la femelle couve

Nombre d'œufs par couvée :

2 ou 3

Longévité :

De 5 à 6 ans environ

Effectifs :

Inconnus précisément ; espèce commune, abondante

Statut :

Espèce non menacée

 

Signes particuliers

Bec

Le bec est gros, fort et conique, c'est un outil pour briser les graines. Le bord des deux mandibules est lisse, et l'arête supérieure du bec, ou culmen, se prolonge sur le front en arrière des narines. Celles-ci sont situées près du front, plus près de l'arête que des commissures. Le bec est noir chez le mâle comme chez la femelle et chez le jeune. Chaque espèce de tisserin présente une forme de bec unique et caractéristique : cette variation est le reflet des différences de régime alimentaire et marque une adaptation fine du bec à celui-ci.

Pattes

Avec trois doigts tournés vers l'avant et un doigt dirigé vers l'arrière, les pattes ne permettent pas de grimper, mais sont un atout pour se déplacer à terre, se percher sur les branches, se suspendre au nid et fixer les lanières souples que le mâle entrelace avec le bec lorsqu'il tisse le nid.

Ailes

De dimensions moyennes par rapport à la taille de l'oiseau, elles autorisent des déplacements directs et sans souplesse, avec des battements rapides, mais leur faible portance interdit le vol plané. Elles permettent aux tisserins de décoller instantanément en cas d'alerte et d'évoluer facilement.

Plumes

Elles recouvrent tout le corps de l'oiseau, à l'exception du bec et des pattes. Les tisserins gendarmes possèdent dix rémiges primaires caractéristiques et des plumules raides, peu développées, sur le front. La première des rémiges primaires est toujours visible et souvent plus longue que les plumes de couverture correspondantes. Le plumage subit deux mues annuelles, au cours desquelles la totalité des plumes est remplacée par renouvellement successif. Après la mue, les plumes sont brillantes, puis ternissent petit à petit, jusqu'à la mue suivante.

Yeux

D'ordinaire terne, l'iris des tisserins est clair, jaunâtre ou rougeâtre, quel que soit le sexe. Alors que, chez les femelles, il ne change pas au cours des saisons, chez les mâles il est plus vif lorsque ceux-ci acquièrent leur plumage nuptial, devenant jaune, rouge, noir ou blanc selon l'espèce. Ce changement de teinte de l'iris constitue un caractère sexuel et un signal de reconnaissance visuel identifiable de loin par les oiseaux de la même espèce.

Nid

Suspendu à une branche de soutien, le nid se compose d'une enveloppe extérieure tissée par le mâle, d'un plafond installé aussi par le mâle mais non tissé Dans la chambre de ponte, la femelle aménage une litière.

Les autres tisserins

Il existe à travers le monde 106 espèces de tisserins, regroupés dans la famille des plocéidés et répartis en 10 genres dont le plus important est Ploceus : fort de plus de 60 espèces, celui-ci a donné son nom à la famille des plocéidés. Le tisserin gendarme a donc de nombreux cousins, la plupart africains, qui tissent plus ou moins bien. Les tisserins des différents genres se distinguent principalement par leurs caractéristiques morphologiques et comportementales et par les milieux qu'ils fréquentent.

Dans la même famille, les tisserins sociables sont encore plus grégaires : ils construisent des nids coloniaux qui peuvent atteindre 7 m de diamètre et 4 m de hauteur, et abriter jusqu'à 300 familles, en un labyrinthe de nids, protection efficace contre les prédateurs. Les 10 genres de plocéidés sont les suivants.

Tisserin à tête rouge (Anaplectes rubriceps)

Identification : tête, bec, dos et poitrine rouges chez le mâle, jaunes chez la femelle ; ailes gris-vert ; ventre blanc. Bec fin d'insectivore-frugivore.

Répartition : savane et forêt, en général non loin de l'eau ; toute l'Afrique.

Travailleurs

Genre Quelea, trois espèces.

Répartition : Afrique, au sud du Sahara, très communs au Sahel ; principalement dans les étendues de la savane sèche, arbustive ou non.

Comportement : colonies immenses, jusqu'à 400 nids dans un même arbre. Ce sont en effet les espèces les plus grégaires que l'on connaisse, leurs rassemblements pouvant dépasser le million d'individus. Leurs vols denses montrent une grande cohésion et ressemblent, de loin, à des nuages de fumée. Se nourrissent de graines et, lorsqu'ils s'abattent dans les cultures, causent des dégâts comparables à ceux des criquets pèlerins.

Une espèce invasive : le travailleur à bec rouge, Quelea quelea, de 11 à 13 cm, gros bec rouge (mâles) ou jaune (femelles). Hors saison de reproduction, plumage rayé de gris et de chamois, sourcils blancs, poitrine tachetée, ventre blanc. Plumage nuptial du mâle : tête et gorge noires, liserées de rose, dos rayé de noir et de chamois, ventre blanc légèrement tacheté de brun sur la poitrine et les flancs.

Malimbes

Genre Malimbus, dix espèces.

Identification : plumage en général noir et rouge, certaines espèces sont huppées, comme le malimbe huppé.

Répartition : grande forêt humide ; Afrique.

Comportement : ces espèces vivent en solitaires, en couples ou mêlées aux bandes d'autres espèces. Nids prolongés par un long couloir d'accès de plusieurs dizaines de centimètres de long, protection efficace contre les serpents arboricoles.

Quelques espèces rares :  Malimbus ballmanni, confiné dans certaines portions de la forêt pluvieuse d'Afrique de l'Ouest, au Sierra Leone, au Liberia et en Côte d'Ivoire, et Malimbus ibadanensis, qui occupe une étroite zone autour d'Ibandan, Ife, Iperu et Ilaro dans le sud-ouest du Nigeria, sont classés dans la catégorie « en danger » depuis 2000.

Tisserins vrais

Genre Ploceus.

64  espèces dont plus de 50 en Afrique. Groupe homogène.

Identification : de la taille du moineau ou un peu plus grandes, toutes les espèces ressemblent beaucoup au tisserin gendarme. Seules les couleurs de leur plumage diffèrent.

Répartition : savanes, surtout en Afrique ; forêts en Asie et Afrique. Peuplent des territoires nombreux et variés : certaines espèces sont largement répandues, d'autres sont propres à de petites îles ou à des forêts isolées et sont extrêmement vulnérables.

Comportement : espèces célèbres pour leurs nids tissés.

Quelques espèces rares : le tisserin à nuque d'or (Ploceus aureonucha), confiné dans une partie de la forêt Ituri dans l'est de la République démocratique du Congo ; le tisserin de Bates (Ploceus batesi), dans le sud et l'est du Cameroun ; le tisserin de Clarke (Ploceus golandi), dans le sud-est du Kenya ; et le tisserin de Nicoli (Ploceus nicolli), dans les Monts Usambara, Uluguru et Udzungwa, dans l'est et l'ouest de la Tanzanie. Ils sont classés dans la catégorie « en danger ». Les espèces « vulnérables » sont le tisserin de Bannerman (Ploceus bannermani), dans l'ouest du Cameroun et dans l'est du Nigeria, le tisserin à bec grêle ou tisserin de Cabinda (Ploceus subpersonatus), confiné à la zone côtière entre le Gabon et l'enclave de Cabinda (Angola), le tisserin de Kilombero (Ploceus burnieri), isolé dans la région tanzanienne autour de la rivière Kilombero, le tisserin jaune ou tisserin de l'Himalaya (Ploceus megarhynchus), du nord de l'Uttar Pradesh au Népal jusqu'à l'Assam, et le tisserin à pieds jaunes (Ploceus flavipes), réduit à un territoire étroit dans l'est de la République démocratique du Congo. Le tisserin doré (Ploceus hypoxanthus), espèce de l'Asie du Sud-est, le tisserin de Fox (Ploceus spekeoides), dans le nord de l'Ouganda, et le tisserin à tête d'olive (Ploceus olivaceiceps), à l'habitat fragmenté au Malawi, en Zambie, en Tanzanie et au Mozambique, sont classés dans la catégorie « quasi menacé ».

Foudis

Genre Foudia, six espèces.

Identification : oiseaux tisseurs de petite taille, colorés ou non.

Répartition : îles de l'océan Indien, où certaines espèces sont très communes, comme le foudi de Madagascar, Foudia madagascariensis, ou, au contraire, propres à une seule île : c'est le cas du foudi des Seychelles, Foudia sechellarum, sur l'île de Cousin.

Quelques espèces rares : le foudi de Maurice (Foudia rubra), confiné dans le sud-ouest de l'île Maurice (108-122 couples en 2001), est en « danger critique d'extinction » depuis 2000 ; le foudi de Rodrigues (Foudia flavicans), qui ne comptait pas plus de 500 couples en 1999, est « vulnérable » depuis 2000 ; le foudi des Seychelles (Foudia sechellarum) est « quasi menacé ».

Brachycope (Brachycopes anomala)

Seule espèce du genre, mal connue.

Identification : oiseau de petite taille ; queue courte, jaune-brun.

Répartition : grande forêt, Cameroun, Congo, République centrafricaine, R.D.C.

Comportement : construit des nids à entrée latérale.

Alimentation : graines et insectes.

Monseigneurs, veuves et évêques

Genre Euplectes, 17 espèces.

Oiseaux de la taille d'un gros moineau magnifiquement colorés, rouges ou jaunes sur fond noir.

Répartition : zones humides, prairies de graminées de l'Afrique subsaharienne.

Les mâles des veuves peuvent avoir jusqu'à 6 femelles ; ils exposent leur longue queue au cours de la parade.

Quelques espèces rares : l'euplecte à dos doré (Euplectes aureus) est endémique du nord et du centre de l'Angola ; la veuve de Jackson (Euplectes jacksoni), confinée dans les hautes terres du Kenya et du nord-est de la Tanzanie, est classée dans la catégorie « quasi menacé » depuis 2004.

Tisserin à gros bec (Amblyospiza albifrons)

Seule espèce du genre.

Identification : gros bec capable de briser les noyaux et les graines très dures.

Répartition : grandes forêts, au sud du Sahara.

Comportement : construit dans les roselières un nid à entrée latérale, mais vit et se nourrit dans la canopée.

Alecto à tête blanche ou tisserin dinemelli (Dinemellia dinemelli)

Identification : tête blanche, bords des ailes blanches, croupion rouge.

Répartition : Djibouti, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan, Tanzanie.

Alecto à bec blanc et alecto à bec rouge (Bubalornis albirostris et Bubalornis niger)

Répartition

- Alecto à bec blanc : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, République centre-africaine, Tchad, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau,  Kenya, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan, Ouganda.

- Alecto à bec rouge : Angola, Botswana, Éthiopie, Kenya, Mozambique, Namibie, Somalie, Afrique du Sud,  Soudan, Swaziland, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe.

Milieu naturel et écologie

Les tisserins vivent dans les régions chaudes de l'Ancien Monde, au sud du Sahara, sur le subcontinent indien, en Asie du Sud-Est et dans les îles voisines de ces régions, du golfe de Guinée à l'Indonésie.

En Afrique, ils sont parmi les oiseaux le plus largement répandus, occupant des milieux très variés, dont les contraintes sont à l'origine de la variété des becs, des plumages et des comportements.

Ainsi, les tisserins de savanes ont un plumage vif et présentent un dimorphisme sexuel marqué ; grégaires, peu polygames, ils nichent en colonies et construisent des nids sans long tunnel d'entrée ; leur bec indique une alimentation plutôt mixte.

Les tisserins forestiers sont, quant à eux, plus ternes, avec un dimorphisme sexuel peu prononcé ; ils sont peu grégaires ou solitaires, monogames, ne nichent pas en colonies et construisent des nids à tunnels longs ; ils sont insectivores ou frugivores.

Enfin, les tisserins de prairies ou de marais ont des plumages très contrastés et présentent un dimorphisme sexuel prononcé ; peu grégaires, fortement polygames, ils nichent dans l'herbe ou dans les roseaux et sont granivores.

Cependant, quel que soit leur milieu de vie, l'eau est essentielle à la présence des tisserins. Là où les points d'eau sont rares se rassemblent des bandes immenses, et, souvent, les branches des arbres rompent sous le poids de milliers de ces petits oiseaux !

Dans l'ensemble, les tisserins fréquentent le même milieu toute l'année. Toutefois, les fluctuations spatiales et temporelles de leurs ressources alimentaires amènent ceux vivant en savane à se déplacer à la recherche de leur subsistance. Les tisserins forestiers, eux, sont sédentaires et adaptent leur régime alimentaire aux saisons.

Les mêmes fluctuations déterminent la saison de reproduction, car la végétation verte est indispensable à la construction des nids, comme les insectes le sont au nourrissage des jeunes.

Les colonies attirent rapaces et mammifères

Le grégarisme et l'abondance de ces oiseaux, communs dans une grande partie de l'Afrique, font des tisserins la proie de très nombreux prédateurs. Toutefois, en dehors de la saison de reproduction, l'adulte, au vol rapide et d'un naturel méfiant, a peu d'ennemis à craindre : seuls des prédateurs aux techniques de chasse perfectionnées, comme l'épervier et le faucon, parviennent à le capturer.

En revanche, au moment de la nidification, les colonies, en raison de leur permanence, du grand nombre de nids d'un accès aisé et de la présence de jeunes faciles à capturer à l'envol, deviennent des cibles de choix pour les prédateurs capables de se suspendre aux branches et qui se nourrissent des œufs, des jeunes au nid ou tombés à terre, mais aussi d'adultes. Les rapaces, comme le milan noir, l'aigle ravisseur, l'épervier, l'autour chanteur et la chouette effraie, sont au nombre des visiteurs importuns, tout comme le héron garde-bœuf, le marabout ou la cigogne blanche.

Les mammifères sont aussi nombreux à profiter des colonies populeuses : singes, galagos, écureuils, mangoustes, renards, chacals, hyènes, chats, genettes, caracals et phacochères s'attaquent aux nids ou se nourrissent des cadavres trouvés à terre. La panthère et le lion, à l'occasion, détruisent les nids des tisserins et dévorent les oisillons.

Œufs et jeunes allèchent aussi de nombreuses espèces de serpents arboricoles, et le varan du Nil est un visiteur fréquent des colonies.

Enfin, les tisserins et les quéléas sont parfois victimes de leur grégarisme : lorsqu'ils se désaltèrent, la bousculade précipite nombre d'entre eux à l'eau, où ils sont la proie des crocodiles, des tortues et des poissons.

Les tisserins ne sont pas sans défense contre leurs nombreux prédateurs. Leur grégarisme leur offre un moyen de protection efficace : la surveillance des alentours s'en trouve accrue, et il est très difficile à un prédateur d'approcher sans être remarqué. Mais, surtout, la multitude perturbe l'animal qui fond sur la bande et voit d'innombrables oiseaux s'égailler en tous sens : désemparé, ne sachant plus quelle proie poursuivre, il abandonne rapidement.

Victime du parasitisme du coucou

D'apparence et de mœurs plus inoffensives, la femelle du coucou, qui s'introduit dans le nid pour y pondre son œuf, ne constitue pas un danger moins grand pour la nichée. L'œuf déposé imite la coloration des œufs du tisserin et remplace celui que la femelle avale. Le jeune coucou, éclos plus tôt que les tisserins, élimine les œufs ou les jeunes qui viennent à naître. Resté seul, il est alors élevé par ses parents adoptifs.

Les tisserins et l'homme

Une guerre sans merci contre un oiseau vorace

La beauté de ces oiseaux, très prolifiques, ne suffit pas à les faire totalement accepter par les populations locales. En Afrique, les ravages que causent leurs rassemblements immenses leur valent une lutte sans merci, où tous les moyens de destruction sont bons. Pourtant, les tisserins ne sont pas menacés, à l'exception d'espèces très locales.

Le bellier de l'île de La Réunion

L'intérêt des voyageurs pour les tisserins est à l'origine de leur introduction parfois accidentelle en de nombreux endroits très différents de leurs terres d'origine et où leur prolifération a parfois entraîné des déséquilibres écologiques importants.

Dans l'océan Indien, sur l'île de La Réunion par exemple, le tisserin gendarme prospère depuis son introduction au xixe siècle, à partir de l'Afrique. Sur cette île, l'oiseau est appelé « bellier » par les autochtones, du nom de l'homme qui y éleva les premiers spécimens. La première reproduction de tisserins gendarmes observée dans l'île se déroula en effet dans le jardin de M. Bellier, l'heureux propriétaire, où le couple d'oiseaux avait installé son nid.

Hôtes habituels des villages africains

Dans leur aire de répartition, certains tisserins sont familiers et s'installent d'eux-mêmes dans les villages ou à proximité, à l'abri des prédateurs. Au moment de la nidification, ils construisent leurs nids dans un ou plusieurs arbres. Les allées et venues incessantes des adultes, à la recherche de matériaux de construction ou de nourriture pour les jeunes, créent un spectacle permanent ; bientôt, ils font partie de la vie du village, emplissant l'air de leurs cris et de leurs chants discordants.

Oiseaux et hommes vivent alors, sinon en harmonie, du moins dans une indifférence pacifique. Et les populations sahéliennes vivant au sud du 16e parallèle connaissent bien le tisserin dont elles exploitent les colonies.

Lorsque les oiseaux sont trop abondants, les paysans les capturent avec de grands filets triangulaires, puis les mangent, comme au Tchad.

D'autres récupèrent le guano laissé par les colonies de tisserins et, connaissant ses propriétés fertilisantes, l'utilisent comme engrais et l'épandent dans leurs champs, comme au Nigeria.

Bien que, parfois, les tisserins et leurs nids soient les victimes des jeux des enfants du village, la cohabitation se passe généralement bien. Il s'agit la plupart du temps de petites colonies regroupant de quelques nids à quelques centaines de nids, qui n'ont pas d'intérêt alimentaire pour les populations locales. Une exploitation alimentaire, autre que locale, de ces colonies d'oiseaux, si elle avait été pratiquée, aurait depuis longtemps fait disparaître les tisserins du paysage humain de ces régions.

La lutte contre le quéléa prend parfois des allures de guerre

Les méthodes traditionnelles de lutte consistent à piéger les oiseaux, à les chasser ou à les éloigner en plaçant dans les champs des enfants chargés de faire du bruit. Face à l'invasion des immenses colonies de quéléas, sur de grandes surfaces de cultures mécanisées, employant peu de main-d'œuvre, ces méthodes deviennent inefficaces et surtout impraticables.

Des campagnes de prévention et de lutte contre la prolifération de quéléas sont adoptées depuis longtemps dans certains pays d'Afrique où le travailleur à bec rouge (Quelea quelea) est considéré comme une espèce invasive au même titre que les moustiques, les sauterelles ou les criquets pèlerins. Les interventions, pour être efficaces, doivent avoir lieu lorsque les oiseaux se concentrent en très grand nombre pour dormir, ou pour nicher sur de petits arbres, au sein de broussailles difficiles d'accès, en des colonies qui peuvent atteindre 50 hectares et comprendre des centaines de milliers de couples.

Les premières actions de destruction massives, entre 1940 et 1950, tenaient plus de l'opération militaire que de la lutte contre un animal nuisible. Toutes sortes de moyens furent utilisés : des mortiers, des lance-flamme, des gaz mortels, mais aussi une large gamme d'explosifs, du simple pétard à la bombe au napalm, en passant par des explosifs fabriqués avec de la gélignite et reliés à des fûts d'essence ou de gas-oil. Quelle que soit la méthode employée, le résultat fut plus spectaculaire qu'efficace. Des mares furent empoisonnées. Toutes ces « solutions », malgré la destruction de millions d'oiseaux, ne rendirent pas les quéléas moins menaçants.

À partir de 1970, le moyen de lutte le plus utilisé fut l'épandage par avion de pesticides comme le parathion sur les sites de concentration des oiseaux. Après le traitement d'une colonie, il n'était pas rare de dénombrer des centaines de milliers de cadavres, dont l'empilement pouvait former une couche de 15 cm d'épaisseur.

Mais, malgré l'extermination de millions d'oiseaux et les nombreuses campagnes pour réduire ses effectifs, le quéléa reste l'espèce d'oiseau terrestre qui détient le record du plus grand nombre de nids au sein d'une même colonie. De plus, les moyens de destruction massive employés sont aveugles et font d'innombrables victimes parmi de nombreuses autres espèces animales. Et les quéléas morts par pesticides restent encore dangereux, car ils sont parfois consommés tant par les hommes qui les ramassent, ignorant la cause de la mort de l'oiseau, que par d'autres espèces animales. Aujourd'hui, conformément à une recommandations issue de la Convention de Rio de Janeiro sur la diversité biologique (1992), la tendance est à la réduction de l'usage des pesticides et à la valorisation des méthodes traditionnelles de lutte (piégeage au moyen de filets).

Une façon d'agir est d'étudier la biologie de cet oiseau, car, si la construction des nids par les tisserins, si remarquable dans le monde animal, a fait l'objet de très nombreuses études, on comprend encore mal les mécanismes qui assurent le succès de leur reproduction et déterminent leurs fluctuations. Les recherches en vue de réguler les populations de quéléas par des moyens moins destructeurs pour l'environnement ont débuté en 1960.

Une autre solution est actuellement à l'étude par des organisations mondiales comme la FAO. Si elle pouvait être envisagée, elle permettrait de ne plus avoir recours aux moyens de destruction chimique nocifs pour l'environnement. Cette voie écologique consisterait à développer sur une grande échelle les prélèvements d'oiseaux sains au moyen de filets – comme cela est déjà pratiqué localement – pour commercialiser de façon industrielle la viande de quéléas. Outre l'avantage écologique, cela aurait un intérêt économique et créerait des emplois dans des régions peu favorisées dans ce domaine.

Mais une telle exploitation commerciale nécessite de mettre en place des circuits de distribution, d'une part, et, d'autre part, de créer une demande pour un tel produit en modifiant les habitudes alimentaires ; à l'heure actuelle, en effet, seules les populations humaines vivant à proximité des colonies des quéléas se nourrissent de ces oiseaux.

Des ravages aux conséquences économiques considérables

Si la petite taille des tisserins en fait des animaux inoffensifs, leurs regroupements peuvent causer d'importants dégâts aux cultures ; de tout temps et en tout lieu, en effet, celles-ci ont toujours exercé un fort attrait sur les oiseaux. Mais, en Afrique, l'invasion des cultures par des rassemblements gigantesques de quéléas prend l'ampleur d'une véritable catastrophe naturelle et, dans certaines régions, est tout aussi dévastatrice que les invasions de criquets qui, périodiquement, détruisent les cultures. Les petits oiseaux sont parfois si nombreux que c'est une véritable nuée, capable de masquer le soleil, qui s'abat dans les champs.

Les dommages varient selon les régions et les densités d'oiseaux, et sont d'autant plus importants que les cultures se trouvent à proximité de l'eau, où les quéléas se rassemblent en grand nombre pour se désaltérer.

Dévastant des champs entiers, les quéléas causent parfois suffisamment de dégâts pour obliger les paysans africains à abandonner leurs terres fertiles pour de plus pauvres, afin d'échapper à ce qui est pour eux un véritable fléau. En Afrique, ce sont ainsi 25 pays dont les cultures ont à souffrir des quéléas, à des degrés divers.

Les ravages causés par les quéléas prirent une nouvelle dimension, lorsque, après la Seconde Guerre mondiale, l'explosion démographique et la croissance urbaine incontrôlée entraînèrent une augmentation des surfaces cultivées. Par voie de conséquence, les populations de quéléas, attirées par cette abondance de nourriture, proliférèrent, dévastant les champs en bandes toujours plus nombreuses.

Dans des régions jusqu'alors arides, d'imposants projets d'irrigation furent mis en place, afin de gagner de nouvelles surfaces à la culture des céréales. Ce fut là que l'on enregistra les dégâts les plus considérables, la destruction des récoltes dépassant parfois la proportion de 80 % ! En outre, ces programmes provoquèrent l'extension locale du tisserin à des régions jusque-là peu fréquentées, en raison de la faible densité des ressources alimentaires, et contribuèrent à l'expansion géographique de l'oiseau.

Des oiseaux de cage

Les tisserins sont connus dans le monde entier grâce aux individus captifs aux couleurs chatoyantes qui s'agitent derrière les barreaux de leur cage dans les magasins animaliers. La passion des oiseaux a d'ailleurs poussé de nombreux éleveurs à entreprendre des recherches afin d'obtenir la reproduction en captivité d'espèces rares ou mal connues.

Cependant, les tisserins s'adaptent mal aux régions tempérées, et leur détention se justifie d'autant moins que, pour chaque oiseau proposé en magasin, des dizaines d'autres sont morts au cours de la capture et du transport vers l'Europe.

La faculté d'adaptation des tisserins est remarquable. Ceux d'Afrique australe profitèrent des constructions humaines pour édifier leurs nids immenses dans des régions pauvres en arbres. Les hommes durent s'adapter, et pour éviter les coupures répétées de téléphone ou d'électricité, aménagèrent des barres transversales sur les poteaux métalliques des lignes pour servir de support aux colonies.