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Ludwig Wittgenstein

Ludwig Wittgenstein
Ludwig Wittgenstein

Philosophe et logicien britannique d'origine autrichienne (Vienne 1889-Cambridge 1951).

Dans un premier temps, Ludwig Wittgenstein formula la théorie de l'« atomisme logique » qui eut une influence décisive sur le mouvement du positivisme logique auquel se rattachaient les membres du cercle de Vienne. Dans un second temps, il abandonna l'approche logiciste du langage au profit d'une analyse pragmatique mettant en lumière les « jeux de langage ».

Une vie liée à l'université de Cambridge

Issu d'une famille de la haute bourgeoisie, Ludwig Wittgenstein fait des études de mécanique à Berlin, puis d'aéronautique à Manchester. Après avoir rencontré le logicien allemand Gottlob Frege, il décide en 1912 d'aller à Cambridge pour suivre les cours de Bertrand Russell, sous la direction duquel il se consacre à des travaux de logique et de philosophie des mathématiques. Engagé volontaire dans l'armée autrichienne lors de la Première Guerre mondiale, il ne revient à Cambridge qu'en 1929 ; il y présente alors son Tractatus logico-philosophicus, achevé en 1918 et paru en 1921, dans le cadre de sa soutenance de thèse.

Assistant au Trinity College de Cambridge à partir de 1930, Wittgenstein y dispense un enseignement qui rompt soudain avec les orientations du Tractatus. En 1936, dans la solitude de la cabane en Norvège où il se rend depuis 1913, il entreprend la rédaction des Investigations philosophiques (Philosophische Untersuchungen), qui ne seront publiées qu'après sa mort (1953). En 1939, il obtient la chaire de philosophie du Trinity College et acquiert la nationalité britannique. Dès 1940, il gagne Londres pour venir en aide aux services de santé de l'armée. En 1944, il retrouve son poste de professeur à Cambridge, dont il démissionne en 1947.

La première philosophie de Wittgenstein

Dans le Tractatus logico-philosophicus, Wittgenstein annonce que son propos est de montrer que « la formulation [des problèmes philosophiques] repose sur une mauvaise compréhension de la logique de notre langage » et qu'il considère avoir « résolu définitivement » ces problèmes. L'ensemble se compose de 52 aphorismes, rigoureusement ordonnés en une structure qui se déploie sur sept niveaux.

Le premier niveau

Wittgenstein définit le monde comme la totalité des faits inscrits dans un espace logique – entendons un système qui détermine a priori toutes leurs relations logiques possibles.

Le deuxième niveau

Les faits sont tous les états de choses qui ont lieu. Les états de choses sont des connexions d'objets. Ces objets constituent la substance du monde, dont ils sont les éléments ultimes. La forme des objets résulte de leur possibilité de se combiner en différents états de choses mutuellement indépendants (thèse de l'atomisme logique). On voit en quoi la logique détermine ici l'ontologie : elle définit la forme des objets comme possibilité de leurs interrelations et dessine l'espace logique des faits comme système de leurs relations.

Le troisième niveau

Wittgenstein définit la pensée comme « image logique des faits ». Ainsi, pensée, représentation et logique sont intimement liées. C'est par la pensée, qui s'exprime par le langage, que l'on peut appréhender la forme logique du monde, c'est-à-dire considérer les rapports nécessaires entre les faits.

Le quatrième niveau

Le langage est l'ensemble des propositions qui articulent des signes élémentaires selon les règles de la syntaxe logique. Les signes élémentaires nomment les objets, et leur combinaison décrit leur articulation dans l'état des choses. Aussi la proposition peut-elle constituer l'image du fait. Mais, comme Frege et Russell avant lui, Wittgenstein conclut à l'opposition radicale entre dire et montrer : « Ce qui peut être montré ne peut être dit. » La philosophie a alors pour but « la clarification logique des pensées ».

Le cinquième niveau

Wittgenstein développe la fonction de la logique, qui a à fournir a priori toutes les possibilités de combinaisons des propositions élémentaires en propositions complexes, afin que celles-ci soient valeurs de vérité des propositions élémentaires.

Le sixième niveau

Wittgenstein définit les mathématiques comme une « méthode logique » consistant à construire des équations par substitution. Quant au principe d'induction qui gouverne la physique, il lui dénie tout fondement logique et ne lui accorde qu'une validité psychologique.

Le septième niveau

Il se compose du seul aphorisme : « Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence. » Le Tractatus, qui semblait relever exclusivement de la philosophie de la logique, laisse apparaître ainsi en négatif un Tractatus virtuel non écrit, qui serait un traité d'éthique.

La seconde philosophie de Wittgenstein

Le « premier Wittgenstein » demeure tributaire des présupposés classiques : la relation entre le langage et le monde relève encore de la représentation. Le « second Wittgenstein », qui est celui des Investigations philosophiques, récuse les présupposés qui attribuent à la logique, fournissant les conditions d'intelligibilité du réel comme du langage, un rôle de représentation et de fondement. À la conception « atomiste » il fait succéder une approche plus globale, fondée sur l'usage coutumier du langage naturel.

Les « jeux de langage »

Pour Wittgenstein, désormais, l'unité de signification ne réside plus dans la forme logique d'une proposition qui n'aurait qu'une fonction descriptive, mais dans les règles d'usage (comportant non seulement l'emploi linguistique, mais surtout l'utilisation pratique) des signes à l'intérieur de « jeux de langage », tels que commander et obéir, inventer une histoire et la lire, traduire une langue dans une autre, etc. Loin d'être de purs exercices verbaux, ces jeux de langage constituent des activités qui gouvernent tant les relations des hommes entre eux que leurs rapports respectifs au monde. Ils dépendent d'une pratique sociale, historiquement et culturellement déterminée. Dès lors, le langage ne se compose plus de la totalité des propositions, mais d'une multiplicité ouverte de jeux de langage qui s'organisent en un réseau complexe. L'objet de la grammaire est de discerner leurs relations de ressemblance et de différence. La logique, jeu parmi d'autres, perd toute prétention fondatrice.