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Agnès Varda

Cinéaste française (Ixelles, Belgique, 1928).

Née d'un père grec et d'une mère française, elle grandit dans cette région sétoise où elle situe l'action de son premier film (la Pointe courte) réalisé en 1955. Elle vient au cinéma par la photographie : elle a été en effet l'une des photographes du Théâtre national populaire à l'époque de Jean Vilar. Ce premier long métrage, produit avec peu de moyens mais beaucoup d'amitié (Alain Resnais en est le monteur, Philippe Noiret l'interprète), anticipe sur une approche du cinéma qui sera quatre ans plus tard celle de la « nouvelle vague ».

De 1962 à 1977, elle réalise cinq autres longs métrages de fiction, qui ont en commun l'approche frémissante de moments de vie (Cléo de 5 à 7, 1962), l'attention chaleureuse aux êtres (le Bonheur, 1965) mais aussi une certaine mollesse, une désinvolture peut-être, dans la narration (Lions Love, 1970). Le véritable talent d'Agnès Varda, c'est plus dans ses films courts qu'il faut le chercher. Dans les courts métrages de 1957-1958 (Ô saisons, ô châteaux ; Opéra-Mouffe ; Du côté de la côte), dans certaines interventions militantes, dans les essais sur une rue parisienne (Daguerréotypes) ou sur les murs peints de Los Angeles (Mur murs), ou dans les films-billets (Une minute pour une image) qu'elle produit en 1982-1983 pour la télévision française. Quels qu'en soient le métrage ou la finalité, ces œuvres associent un sens aigu de l'image (du cadre, de la composition, de la tension interne du plan) à l'intervention directe de l'auteur (son commentaire, souvent sa propre voix). Ulysse, un court métrage de 22 minutes qu'elle signe en 1983, est dans cet ordre d'idées une réussite : à partir d'une vieille photographie retrouvée, elle conduit une enquête sur le temps, l'histoire, les significations du document. Sa sensibilité, son humour, la qualité de l'écriture et de la diction font de ce film court un moment d'intelligence.

Elle obtient en 1985 le Lion d'or au festival de Venise pour Sans toit ni loi, œuvre singulière et dépouillée, longue errance jusqu'à la mort d'une jeune marginale, magistralement interprétée par Sandrine Bonnaire. Jane B. par Agnès V. (1987) est un portrait-collage de deux femmes, l'actrice Jane Birkin et la réalisatrice, tandis que Kung-Fu Master (id.) est une prolongation du premier film dans la mesure où le sujet émane de l'actrice et où les protagonistes sont aux côtés de cette dernière, tels les propres enfants de Jane et d'Agnès. Jacquot de Nantes (1991) est un hommage pudique et poignant à la mémoire de Jacques Demy qui partagea sa vie de 1962 jusqu'à sa mort. En 1995, année commémorative du premier siècle du cinéma, Agnès Varda tourne une fantaisie mi-onirique mi-réaliste, les Cent et Une Nuits, nourrie de références et de clins d'œil cinéphiliques, jouée par une pléiade de vedettes françaises et internationales, qui s'avérera malheureusement un échec public. Dans la tradition de ses films à la fois documentaires et très personnels, elle revient au premier plan avec les Glaneurs et la Glaneuse (2000), Quelques veuves de Noirmoutier (2005) et les Plages d’Agnès (2008).