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Ioulia Volodymyrivna Tymochenko ou Ioulia Volodimirivna Tymochenko

Femme politique ukrainienne (Dnipropetrovsk 1960).

1. La « princesse du gaz »

Économiste d'origine russo-arménienne, elle dirige, de 1991 à 1995, l'Ukrainian Oil Corporation (UOC) puis, de 1995 à 1997, la compagnie de distribution de gaz Systèmes énergétiques unifiés d’Ukraine (SEUU). Elle noue alors d'importants contacts avec les milieux d'affaires russes et acquiert une fortune personnelle qui lui vaut le surnom de « princesse du gaz ».

2. L'égérie de la « révolution orange »

Choisissant la carrière politique, elle est élue députée en 1996 (réélue en 1998 et en 2002), fonde son propre parti, Batkivchtchyna (« Mère Patrie »), qu'elle dirige, avant d'être nommée en décembre 1999 vice-Premier ministre en charge du secteur énergétique dans le cabinet de Viktor Iouchtchenko.

Congédiée par le président Leonid Koutchma (janvier 2001) pour sa responsabilité dans le conflit avec les oligarques, et poursuivie par la justice russe pour corruption de militaires, I. Tymochenko fonde, en novembre 2001, le Bloc Ioulia Tymochenko (BIOUT) – une alliance de plusieurs partis démocrates. Avec V. Iouchtchenko (à son tour limogé en avril 2001), elle anime le mouvement de contestation « l'Ukraine sans Koutchma », visant à mettre en œuvre une mesure d'impeachment contre le président en place.

Lors de l'élection présidentielle d'octobre 2004, elle soutient son allié, V. Iouchtchenko, leader des forces démocrates, et prend une part active à la « révolution orange » au terme de laquelle V. Iouchtchenko est élu à la présidence de l'Ukraine.

3. En guerre contre son ex-allié Viktor Iouchtchenko

Nommée Premier ministre en février 2005, I. Tymochenko est limogée dès le mois de septembre en raison de désaccords avec la présidence sur la question des privatisations. Forte du bon score de sa formation, arrivée en deuxième position avec 30,7 % des voix lors des élections législatives anticipées de septembre 2007, elle est à nouveau nommée Premier ministre (décembre). Mais l'adoption par le BIOUT, en accord avec l'opposition, d'une série de lois réduisant les pouvoirs du chef de l'État, pousse les partisans de ce dernier à quitter la coalition gouvernementale, qui éclate en septembre 2008.

En octobre, I. Tymochenko est accusée par le président Iouchtchenko de collusion avec Moscou, en raison de sa position modérée lors du conflit russo-géorgien de l’été 2008. Le chef de l'État dissout le Parlement. Mais le rejet par le Parlement du projet de loi présidentiel sur le financement d'élections anticipées– compte tenu de la crise économique et financière qui frappe le pays – permet à I. Tymochenko de conserver son poste de Premier ministre.

Candidate à l’élection présidentielle de janvier-février 2010, elle arrive en deuxième position avec 25 % des suffrages lors du premier tour. Elle échoue de justesse au second tour, avec 45,47 % des voix, devancée de quelques points par le chef du parti des Régions, Viktor Ianoukovytch (48,95 % des suffrages).

À la suite de l'éclatement de sa coalition (mars), suivi de l'adoption d'une motion de censure déposée par le parti des Régions contre son gouvernement et votée par 243 députés (sur 450), I. Tymochenko démissionne de son poste de Premier ministre et rejoint l'opposition.

4. Victime de poursuites judiciaires à caractère politique

Depuis l'élection de V. Ianoukovytch, l'ex-Premier ministre ukrainien est la cible (comme plusieurs membres de son ex-gouvernement) de plusieurs enquêtes judiciaires : en mai, pour tentative de corruption de juges dont elle aurait tenté d’obtenir, en 2003, la libération de deux de ses anciens collaborateurs au sein du groupe SEUU. En décembre, elle est accusée, d’une part, d’avoir détourné près de 300 millions de dollars (provenant de la vente des quotas ukrainiens d’émission de CO2 dans le cadre du protocole de Kyoto) pour payer les retraites, et d'autre part, d’avoir fait acheter par le gouvernement près d’un millier d’ambulances à un prix supérieur à celui du marché ; elle est assignée à résidence à Kiev pour abus de pouvoir et mauvaise utilisation de fonds publics.

Fin juin 2011 débute un procès dans le cadre duquel I. Tymochenko est inculpée d’abus de pouvoir lors de la conclusion de contrats gaziers avec la Russie en 2009. Bien qu'elle démente toutes ces accusations et se dise victime de répression politique de la part du pouvoir en place, elle est incarcérée (août) et condamnée à 7 ans de prison (octobre). Peu après, l'opposante fait l’objet d’une nouvelle inculpation dans le cadre d’une affaire de tentative d’évasion fiscale et de détournement de fonds publics remontant aux années 1990.

Fin décembre 2011, alors que son état de santé se dégrade et que la justice ukrainienne a rejeté son appel, I. Tymochenko est transférée dans un centre pénitencier de la région de Kharkiv. Suite aux pressions dont son entourage semble devoir faire face, son époux demande et obtient l’asile politique en République tchèque en janvier 2012. Elle est transférée dans un hôpital de Kharkiv en avril et sa condamnation est confirmée en août. En avril 2013, la Cour européenne des droits de l’homme juge sa première détention provisoire arbitraire tandis que son transfert dans un établissement allemand est par la suite demandé par les dirigeants européens. Mais cette requête est finalement rejetée le 21 novembre 2013 par la Rada, tandis que la signature de l’accord d’association avec l’UE est le même jour suspendue par le gouvernement Ianoukovytch qui opte pour un rapprochement avec la Russie. Dans l’espoir de contrer cette volte-face, I. Tymochenko appelle les Ukrainiens à manifester, ses partisans rejoignant le vaste mouvement de protestation « Euromaïdan ». Le 22 février 2014, à la faveur de la victoire de ce dernier, sa libération est finalement ordonnée par le Parlement qui destitue le même jour le président V. Ianoukovytch. Œuvrant pour la réconciliation nationale entre proeuropéens et séparatistes prorusses, l'ex-Première ministre se déclare candidate à l'élection présidentielle du 25 mai.

Pour en savoir plus, voir l'article Ukraine : vie politique depuis 1991.