En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Lazzaro Spallanzani

Biologiste italien (Scandiano, près de Modène, 1729-Pavie 1799).

Spallanzani fait ses études chez les jésuites de Reggio, en Émilie. À 26 ans, le jeune abbé devient professeur à l'université de Reggio, à la chaire de logique, de métaphysique et de grec. À l'âge de 32 ans, il obtient celle de l'université de Modène. Mais sa passion ce sont les sciences naturelles, notamment la physiologie. Après quelques années d'études sur la circulation du sang, il publie deux importants travaux, le premier sur l'action du cœur et des vaisseaux sanguins (en 1768) et le second sur les phénomènes liés à la circulation sanguine (en 1773), où il montre, entre autres, que les pulsations cardiaques régularisent le débit sanguin et que le cœur se vide durant la systole.

Dès cette époque, il s'intéresse à la reproduction des animaux et il publie, en 1768, une première approche sur ce sujet, qu'il va étudier tout au long de sa vie.

À Pavie, il fait la majorité de ses expériences de physiologie. Il effectue aussi de nombreux voyages dans les pays du bassin méditerranéen, collectant à chaque étape des animaux et des minéraux dont il fait don au musée de Pavie, l'un des plus riches d'Europe (il en sera nommé directeur). Deux ouvrages, récits de ses expéditions, sont publiés en 1785 (Viaggio in Oriente), puis en 1788 (Viaggi alle due Sicile).

Il s'intéresse à la reproduction animale chez les grenouilles, les crapauds et les salamandres.

Comme Marcello Malpighi, il pense d'abord que l'ovule (qu'il appelle fœtus, comme l'œuf fécondé) est préexistant à la fécondation et « parfaitement semblable à celui qui a été fécondé ». Il reviendra plus tard sur cette conclusion hâtive pour reconnaître que seuls les œufs fécondés donnent des têtards. Fin anatomiste, il observe que les « œufs » sont attachés aux ovaires par un pédoncule qui joue le rôle d'un cordon ombilical et nourrit les œufs jusqu'à la fécondation, qui les libère.

De plus, il reconnaît que les têtards, apparemment très distincts de la grenouille, « renferment en eux toutes les parties de la grenouille... comme la chenille (dans la chrysalide) enferme en elle toutes les parties du papillon ».

Spallanzani s'intéresse alors à l'importance du rôle joué par la liqueur séminale des mâles dans la fécondation. Il arrive à la conclusion que la « partie épaisse » de cette substance est la seule fécondante, puis tente, et réussit en 1777, des fécondations artificielles en en prélevant un peu dans la vésicule spermatique des animaux. Plusieurs crapauds, grenouilles et salamandres « virent ainsi le jour sans le devoir d'un mâle ».

En véritable physiologiste, Spallanzani s'intéresse à de nombreux autres sujets, tels que le rôle du suc gastrique pour la digestion des viandes, ou la respiration, cet autre phénomène capital de la physiologie ; mais il étudie aussi l'élasticité de l'eau et la combustion du phosphore. Dans toutes ses recherches, il agit en véritable homme de science, relatant aussi bien ses réussites que ses échecs et raisonnant apparemment sans idées préconçues.

Rôle du pollen dans la fécondation

Rôle du pollen dans la fécondation



Au XVIIIe siècle, la reproduction des plantes est encore très mal connue. Partisan de l'uniformité des lois de la nature, Spallanzani cherche à vérifier que ses découvertes chez les animaux s'appliquent également aux plantes. En observant de jeunes fleurs et des fleurs plus âgées, il décèle, sur leurs anthères, une « poussière » qui vole dans l'air quand la fleur est bien ouverte. Déçu de ne pas découvrir dans ce pollen de petites plantules en puissance, il décide d'étudier les ovaires des fleurs. Pour supprimer le plus possible l'arrivée de pollen dans la fleur, il coupe les étamines avant l'ouverture de celle-ci et élimine toutes les autres fleurs à mesure qu'elles apparaissent. Il constate alors que la fécondation se fait mal et que « les petites graines [décelées dans les ovaires] tombent avant de mûrir ». Peu à peu, il découvre, en observant des pieds mâles et des pieds femelles de mercuriales, que la fécondation ne peut être due qu'à l'action des « poussières voisines » et il en conclut que « l'action de la poussière fécondante pour la fécondation des plantes est une loi générale de la nature ».