Issu par son père d'une famille de la petite noblesse hongroise, Nicolas Sarkozy grandit à Paris puis Neuilly-sur-Seine. Avocat de formation, il s'engage au sein du Rassemblement pour la République (R.P.R.) de Jacques Chirac dès sa création, en 1976, et prend la tête du comité national des jeunes en soutien à Jacques Chirac pour l'élection présidentielle de 1981. Il bâtit avec succès une carrière électorale enracinée dans le département des Hauts-de-Seine : maire de Neuilly-sur-Seine dès 1983 (et jusqu'en 2002), il est député des Hauts-de-Seine (1988-1993, 1995-2002) et président du Conseil général (2004-2007). Jeune ministre du Budget (1993-1995), il se révèle un habile porte-parole (1994-1995) du gouvernement d'Édouard Balladur. Dans la perspective de l'élection présidentielle de 1995, il met fin à son long compagnonnage avec Jacques Chirac pour s'engager auprès d'Édouard Balladur, dont il devient le directeur de campagne. À la suite de l'élection de son ancien mentor, il multiplie, en vain, les initiatives pour regagner ses faveurs. Mais sa mise à l'écart prend fin à la faveur de la victoire de la gauche aux élections législatives anticipées de 1997. Il parvient à partager avec Philippe Séguin le secrétariat général du R.P.R. (1998-1999), avant d'en devenir le président par intérim (avril-octobre 1999). Il est contraint de démissionner après la défaite sévère de la liste réunissant le R.P.R. à Démocratie libérale (D.L.) d'Alain Madelin aux élections européennes de juin 1999. Il rejoint alors son cabinet d'avocats et entame une nouvelle « traversée du désert » politique.
Remis en selle par les élections de 2002, Nicolas Sarkozy est jugé trop droitier par Jacques Chirac, qui lui préfère Jean-Pierre Raffarin pour mener le gouvernement. Tandis que la campagne électorale a été dominée par le thème de l'insécurité, il se voit octroyer le stratégique ministère de l'Intérieur (2002-2004). Affichant son volontarisme et sa culture du résultat avec force médiatisation (notamment en matière de lutte contre la délinquance et dans le domaine de la sécurité routière), il bénéficie d'un solide crédit dans l'opinion. Nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie en mars 2004, il quitte le gouvernement neuf mois plus tard afin de prendre les rênes de l'Union pour un mouvement populaire (U.M.P.) – grand parti de la droite et du centre formé en 2002 autour du R.P.R. et de la plupart des composantes de l'U.D.F. Il retrouve cependant le portefeuille de l'Intérieur lors de la formation du gouvernement dirigé par Dominique de Villepin, en mai 2005 ; à ce poste, il engage notamment une réforme de la législation de l'immigration et prône la « tolérance zéro » lors des émeutes urbaines qui enflamment de nombreuses banlieues françaises à l'automne 2005.
Seul candidat de l'U.M.P. pour la succession de Jacques Chirac à la présidence de la République en 2007, il se fait le chantre de la « rupture tranquille » et met en avant les valeurs du travail, de l'autorité et du mérite. Élu le 6 mai 2007 avec 53,06 % des suffrages contre son opposante socialiste Ségolène Royal, il dispose à partir de juin d'une confortable majorité à l'Assemblée.
Le président Sarkozy nomme François Fillon au poste de Premier ministre et promeut un gouvernement ouvert à des personnalités de gauche (notamment Bernard Kouchner aux Affaires étrangères), alors même que son programme politique est d'inspiration néolibérale. Très actif sur la scène internationale, le président resserre les liens de la France avec les États-Unis ; en Europe, après le rejet par référendum du traité établissant une Constitution pour l'Europe, il s'emploie à faire valider l'idée d'un « traité simplifié », dont le texte est adopté à Lisbonne en décembre 2007, et qu'il fait ratifier par voie parlementaire en février 2008. L'état de grâce ne survit guère au tournant de 2008, comme en témoigne la sanction de son parti aux élections municipales et cantonales de mars. Toutefois, son action en tant que président en exercice de l'Union européenne de juillet à décembre (adoption d'un pacte sur l'immigration, lancement de l'Union pour la Méditerranée, gestion de la crise russo-géorgienne, bilan de la P.A.C., renforcement de la politique de défense et de sécurité, plan de lutte contre le réchauffement climatique, relance du processus d'intégration par l'obtention d'un nouveau référendum sur le traité européen en Irlande) ainsi que ses premières initiatives face à la crise financière américaine qui, dès la fin de l'été, déstabilise les économies du Vieux Continent (appel à une nouvelle régulation du capitalisme et à la concertation internationale et européenne, mesures d'urgence en faveur des banques et des secteurs fragilisés, plan de relance) lui valent un net regain de popularité. Gestionnaire habile du calendrier, il fait adopter par le Congrès son projet de réforme de la Constitution (juillet 2008) et officialise la pleine et entière réintégration de la France dans l'O.T.A.N. (mars 2009). A l'orée 2009 cependant, à mesure que la crise financière internationale menace de se muer en grave dépression, il doit faire face à d'amples mouvements de mécontentement social dans les D.O.M. comme en métropole.