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Marie-Ségolène, dite Ségolène Royal

Femme politique française (Dakar 1953).

1. Députée et ministre socialiste

Originaire d’une famille très conservatrice de Lorraine, diplômée de l'Institut d’études politiques de Paris et de l'ENA, Ségolène Royal entre au parti socialiste (PS) en 1978. Chargée de mission à l'Élysée sous François Mitterrand de 1982 à 1988, elle est élue pour la première fois en 1988 députée socialiste dans une circonscription des Deux-Sèvres ancrée à droite, qui la reconduit régulièrement à l'Assemblée nationale, en 1993 malgré la déroute socialiste, puis en 1997 et en 2002.

Ministre de l'Environnement dans le gouvernement Bérégovoy (1992-1993), S. Royal est nommée ministre déléguée à l'Enseignement scolaire (1997-2000) puis ministre déléguée à la Famille, à l'Enfance et aux Personnes handicapées (2000-2002) dans les cabinets de cohabitation Jospin. Elle forme avec François Hollande qu’elle a rencontré sur les bancs de l’ENA et qui a alors pris la succession du Premier ministre à la tête du PS un des couples politiques les plus en vue du pays.

2. À la conquête de la présidence

Après le traumatisme de l’éviction dès le premier tour du candidat socialiste L. Jospin au scrutin présidentiel de 2002, S. Royal contribue personnellement au « 21 avril à l'envers » (déroute locale de la droite) et conquiert, à l’issue des élections régionales de 2004, la présidence de la région Poitou-Charentes, fief du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Forte d'une bonne image dans l'opinion et entourée d'une aura croissante auprès de militants et sympathisants désireux de renouveler le visage de la formation socialiste et de battre la droite à l'élection présidentielle de 2007, elle se lance dans les primaires internes au parti. Elle les remporte haut la main en novembre 2006 avec plus de 60,65 % des voix, contre ses challengers Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius.

Mais une fois devenue candidate officielle, elle tarde à impulser un nouveau souffle à sa campagne, et donne l'impression de multiplier faux pas et hésitations, de sorte que sa popularité et sa cote de confiance s’érodent au profit du centriste François Bayrou.

Elle n'en est pas moins la première femme, en France, à parvenir au second tour d'une présidentielle, obtenant 25,87 % des suffrages contre 31,18 % à son rival de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) Nicolas Sarkozy. Toutefois, c'est ce dernier qui l'emporte finalement le 6 mai, avec une avance confortable (53,06 % des voix, contre 46,94 %).

3. Ambitions déçues

Candidate au poste de premier secrétaire du PS depuis mai 2008, elle arrive en tête du premier tour (20 novembre 2008) avec 42,9 % des votes des militants devant Martine Aubry (34,5 %) mais est battue de 102 voix au second tour par la maire de Lille. Après avoir opiniâtrement contesté le bon déroulement du scrutin, elle finit par reconnaître l’élection de sa rivale mais prend soin de se tenir à l’écart du nouvel appareil socialiste tout en continuant d’entretenir ses propres réseaux.

Confortablement réélue à la tête de sa région en 2010 (elle réalise le second score du parti à l’échelle de la métropole), elle entreprend dès lors, en s’appuyant sur le petit carré de fidèles qui la suit, de revenir sur le devant de la scène et se porte, dès la fin 2010, candidate aux primaires ouvertes du PS. Mais elle essuie dès le premier tour, début octobre 2011, une humiliation, décrochant à peine 7 % des voix. Elle se rallie dès lors à son ancien compagnon et père de ses quatre enfants, F. Hollande, arrivé en tête, et de fait désigné porte-parole du parti pour 2012 à l’issue du second tour. Elle s’engage loyalement et résolument dans la campagne que celui-ci remporte en mai, escomptant par ailleurs, en cas de victoire, pouvoir jouer un rôle de premier plan sur la scène nationale.

Mais son ambition affichée de devenir la première femme présidente de l’Assemblée nationale se brise lors des législatives de juin 2012 : son investiture à La Rochelle, vécue sur place et notamment chez les militants à la fois comme un diktat de l’appareil national, un parachutage de convenance voire un tremplin pour parvenir à de plus hautes fonctions, suscite une dissidence, en la personne de l’ancien premier secrétaire du parti de Charente-Maritime, Olivier Falorni. Appuyé par Valérie Trierweiler, la compagne du président de la République, et par l’UMP, celui-ci refuse tout accord républicain et choisit de se maintenir lors du second tour qui l’oppose à la présidente de région – de quoi suppléer à ses yeux à l'absence initiale de primaire locale.

En dépit du soutien appuyé manifesté par les ténors de la gauche gouvernementale, de Cécile Duflot à J.-M. Ayrault en incluant même M. Aubry et F. Hollande, S. Royal échoue à retrouver les bancs de l’Assemblée et enregistre, amèrement, une nouvelle défaite. En juillet, elle est désignée secrétaire nationale en charge des « mobilisations citoyennes » dans la nouvelle direction du PS.

4. Désirs d'avenir

Nommée vice-présidente de la Banque publique d'investissement (BPI) en février 2013, S. Royal, par ailleurs vice-présidente de l'Internationale socialiste (depuis septembre 2012), fait son retour au premier plan en avril 2014 quand elle intègre le gouvernement Valls en tant que numéro 3, à la tête d’un grand ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie.

Pour en savoir plus, voir l'article France : vie politique depuis de 1958.