Il rejoint le Front sandiniste de libération nationale du Nicaragua (F.S.L.N.) en 1963 ; arrêté et torturé à plusieurs reprises, il passe dans la guérilla les deux années précédant l'offensive victorieuse de juillet 1979 contre le régime d'Anastasio « Tachito » Somoza. Membre de la junte de reconstruction nationale dont il devient le coordinateur en 1981, puis élu président de la République en 1984, il fait évoluer le régime dans un sens autoritaire et marxiste et doit faire face aux mesures de rétorsion économique (embargo) et militaire (soutien apporté aux contre-révolutionnaires contras engagés dans la guerre civile qui dévaste le pays) prises par les États-Unis, peu enclins à laisser s'installer un nouveau régime d'inspiration socialiste proche de l'U.R.S.S. dans la région (après Cuba). Candidat à l'élection présidentielle de 1990, 1996 et 2001, il échoue successivement face à Violeta Barrios de Chamorro, Arnoldo Alemán et Enrique Bolaños Geyer. Mais, en tant que leader du F.S.L.N., il passe des pactes successifs de gouvernabilité avec les libéraux, qui donnent au parti un droit de regard sur les décisions du gouvernement, le recentrent et contribuent à le débarrasser de son passé révolutionnaire marxiste-léniniste. À l'issue d'un premier tour où il réalise son plus mauvais score mais devance ses concurrents de droite divisés, D. Ortega est réélu président en novembre 2006. Dès lors, secondé par un vice-président qui est un ancien banquier et aussi un ex-contra, il est amené à composer avec un Parlement resté majoritairement libéral et conservateur. Le grand écart politique vaut également à l'échelle internationale puisque, ami de Fidel Castro et d'Hugo Chávez, D. Ortega rejoint, avec la Bolivie d'Evo Morales, le front antiaméricain constitué par Cuba et le Venezuela, mais ne remet pas en cause le traité de libre-échange que le Nicaragua et d'autres pays de la région ont signé avec les États-Unis en 2004, et qui est entré en vigueur en 2006.