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Ernst Mayr

Zoologiste américain (Kempten, Allemagne, 1904-Bedford, Massachusetts, 2005).

L'un des principaux contributeurs de la théorie synthétique de l’évolution, il a notamment fourni une définition de l'espèce fondée exclusivement sur le critère de l'interfécondité et étudié la spéciation. Il a proposé le premier d'élever les hominiens au rang d'un sous-ordre.

Après des études aux universités de Greifswald et de Berlin, sanctionnées par un doctorat ès sciences, E. Mayr participe, entre 1928 et 1930, à trois expéditions en Nouvelle-Guinée et aux îles Salomon. Comme Darwin l'avait fait avec les pinsons des îles Galápagos, il étudie différentes espèces d'oiseaux visiblement dérivées d'un petit nombre de populations fondatrices. Ses observations sur le terrain lui permettront d'approfondir le processus de spéciation, c'est-à-dire d'apparition de nouvelles espèces. Émigré en 1931 aux États-Unis, il y continue ses travaux sur l'évolution. En 1932, il devient conservateur des oiseaux au Muséum d'histoire naturelle de New York. En 1953, il est nommé professeur de zoologie à Harvard et, de 1961 à 1970, dirige le musée de zoologie comparative de cette université. Il prend sa retraite d'enseignant en 1975, mais continue à publier livres et articles. On lui doit notamment, outre plusieurs ouvrages sur les oiseaux, de nombreux écrits sur l'évolution et une Histoire de la biologie.

E. Mayr est l'un des fondateurs de la théorie synthétique de l'évolution (néodarwinisme), apparue dans les années 1940 grâce à l'action conjuguée de généticiens, de naturalistes et de paléontologistes. Cette théorie ne reconnaît que les mutations génétiques et la sélection naturelle comme acteurs de l'apparition de nouvelles espèces animales ou végétales et de leur expansion. Elle représente une synthèse – d'où son nom – des données de plusieurs disciplines scientifiques, comme la génétique chromosomique et la génétique des populations, la classification zoologique, la paléontologie, l'anatomie comparée... Au temps de Darwin, bien des notions sur les différents domaines de la biologie demeuraient incertaines. Selon les néodarwiniens, les données nouvelles apportées par la science du xxe s. ne conduisent pas à une remise en question fondamentale de la théorie sélective de l'évolution. Darwin avait notamment avancé l'hypothèse que c'est en approfondissant sa différenciation génétique qu'une variété ou une race géographique finit par donner une nouvelle espèce. E. Mayr a, grâce à l'étude de la distribution géographique de nombreuses espèces d'oiseaux dans le monde, donné plusieurs exemples du passage d'une espèce à une autre.

Ainsi, le goéland argenté, Larus argentatus, un gros oiseau à pattes couleur chair et au dessus des ailes gris argenté ou gris foncé, occupe un vaste territoire s'étendant de la Sibérie aux bords de la mer du Nord et de la Baltique, d'un côté, et à l'Amérique du Nord, de l'autre. Le goéland brun, Larus fuscus, qui descend du précédent, est plus petit ; il a le bec et les pattes jaunes, le dessus des ailes gris ardoise ou noir ; son aire de répartition est restreinte aux côtes de la mer du Nord et de la Baltique. Les membres des deux espèces ne se croisent jamais dans les régions où celles-ci cohabitent. Cependant, il existe, dans le nord de la Russie, une population d'oiseaux qui présente des caractères des deux espèces et qui se croise à l'est avec le goéland argenté et à l'ouest avec le goéland brun. L'existence de cette population à statut intermédiaire montre bien, selon Mayr, comment s'effectue la formation de nouvelles espèces à partir d'espèces initiales : des populations, amenées à occuper une région éloignée ou proche de leur territoire primitif et y trouvant un environnement différent, subissent des modifications génétiques qui leur permettent de s'adapter à leur nouveau milieu. Ainsi isolées de l'espèce-souche, elles deviennent différentes sexuellement et finissent par former des espèces bien distinctes.