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James Melvin, dit Jimmie Lunceford

Jimmie Lunceford
Jimmie Lunceford

Chef d'orchestre de jazz américain (Fulton, Missouri, 1902-Seaside, Oregon, 1947).

Son grand orchestre fut, de 1935 à 1940, le grand rival de celui de Count Basie et de celui de Duke Ellington. Cette formation se distinguait par sa sonorité moelleuse et colorée ainsi que par son originalité rythmique. Parmi ses enregistrements, citons : Rhythm is our Business (1934), For Dancers Only (1937), Blues in the Night (1941).

Lorsque Jimmie Lunceford meurt au cours d'une séance de dédicace de disques, une page de l'histoire des big bands se referme brutalement. À vrai dire, elle s'était déjà repliée progressivement depuis le départ en 1939, de Sy Oliver (1910-1988), trompettiste, chanteur, mais surtout immense arrangeur à qui Lunceford doit son style, et la mobilisation de quelques-uns des meilleurs éléments en 1942. Sérieux rival de ceux de Basie et d'Ellington au moment de son apogée, l'orchestre ne cessa de décliner jusqu'au décès de son chef. Une opération de survie fut tentée sous la direction de fidèles compagnons, mais sans lendemain.

Saxophoniste, Lunceford joue dans plusieurs orchestres, avant d'enseigner la musique à Memphis, où il forme un big band avec ses élèves, les Chichasaw Syncopaters (1926). Trois futurs piliers de l'orchestres se joignent bientôt à eux : James Crawford (batterie), Willie Smith (saxophone alto et clarinette), le pianiste et arrangeur Edwin Wilcox.

L'ascension : de 1930 à 1933, la formation se rode à Buffalo sous la baguette de fer dans le gant de velours d'un patron pointilleux, qui renforce son équipe d'arrangeurs en engageant Oliver. L'orchestre devient célèbre en quelques semaines grâce à son succès au Cotton Club de Harlem, où il remplace celui de Cab Calloway (janvier 1934).

L'apogée : 1936-1940. Rhythm is our business (« le rythme, c'est notre affaire ») proclame tout ce beau monde dont l'autre but avoué se résume ainsi : For dancers only. Sous la houlette d'Oliver, l'orchestre a trouvé le style et le tempo Lunceford : les différentes sections se fondent harmonieusement en chant-contre chant, celle des saxes au puissant volume, celle des trombones aux larges et souples glissandos, celle des trompettes avec les escapades dans l'aigu de Paul Webster et ce fameux two-beat fondé sur l'accentuation nonchalante des temps pairs, ce balancement élastique qui, pratiqué sur tempo médium, donnera naissance au style bounce.

Au sein de cette phalange disciplinée, animée d'un rare esprit collectif, se distinguent les saxophonistes Willie Smith (alto) et Joe Thomas (ténor), Trummy Young et Eddie Durham (trombone), Al Noms (guitare), le batteur James Crawford galvanisant l'ensemble (un contretemps souplement accentué) et un excellent trio vocal. L'orchestre se produit dans les ballrooms, notamment au Savoy où les danseurs apprécient particulièrement le tempo.

Le déclin : Sy Oliver parti, la grande équipe s'effrite, Lunceford s'intègre à la section de saxes, l'orchestre tente de survivre… Le cœur n'y est plus, celui de Jimmie s'arrête…