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Henri de Lacaze-Duthiers

Naturaliste français (Montpezat, Lot-et-Garonne, 1821-Las-Fons, Dordogne, 1901).

Deuxième fils du descendant d'une vieille famille gasconne, le baron de Lacaze-Duthiers, le jeune Henri se heurte à l'opposition de son père quand il lui fait part de sa volonté d'entreprendre à Paris des études de médecine et de sciences naturelles. Il passe outre et se retrouve dans la capitale sans grandes ressources. Pour subsister, il devient préparateur du professeur Milne-Edwards, célèbre pour ses travaux sur les mollusques, les crustacés et les anthozoaires, puis devient répétiteur de zootechnie à l'institut agronomique de Versailles. En 1851, il passe sa thèse de médecine et en 1853 celle de doctorat ès sciences sur l'« armature génitale des insectes ». Entre-temps, son refus de prêter serment lors de l'arrivée au pouvoir de Napoléon III lui a valu d'être révoqué de l'Université. Cette sanction va être à l'origine de sa vocation de zoologiste marin.

En 1853, il accompagne un ami malade aux Baléares. Ébloui par les richesses des côtes méditerranéennes, il fréquente assidûment les marchés de poissons et de coquillages, accompagne les pêcheurs en mer et dessine dans leurs barques inconfortables. Il commence avec enthousiasme un travail de longue haleine sur les acéphales, ces mollusques que l'on préfère appeler aujourd'hui « bivalves ». Il étudie tout particulièrement les anomies, à la coquille irrégulière, mince, translucide et légèrement nacrée à l'intérieur.

Sur les côtes bretonnes, il s'intéresse ensuite aux dentales, mollusques à coquille en forme de cornet présents dans pratiquement toutes les mers du globe. À son retour à Paris, en 1854, il obtient, grâce à Milne-Edwards, un poste de professeur de zoologie à la faculté des sciences de Lille dont le doyen, à l'époque, n'est autre que Louis Pasteur. Assuré désormais d'un revenu régulier, il profite de tous les congés universitaires pour poursuivre ses recherches sur les mollusques en Bretagne. En 1858, il se lance dans l'étude du corail en Corse et surtout aux Baléares. Entre 1860 et 1862, chargé d'une mission par le gouvernement français, il se rend en Algérie pour approfondir les connaissances que l'on a du sujet. Dans la foulée, il écrit une Histoire naturelle du corail, qui consacrera sa réputation de naturaliste.

On l'appelle à Paris comme maître de conférences à l'École normale supérieure en 1863.

Deux ans plus tard, il est professeur au Muséum d'histoire naturelle. En 1869, il prend la chaire de zoologie, d'anatomie et de physiologie comparées à la faculté des sciences de Paris. Après 1870, il aura la tâche d'organiser la recherche zoologique en France. Les Archives de zoologie expérimentale, publication fondée par lui en 1872, connaîtront un grand succès dans les milieux universitaires français et étrangers. Il en ira de même des deux laboratoires de zoologie marine qu'il crée, l'un à Roscoff en 1872, l'autre à Banyuls en 1881.

Lacaze-Duthiers est l'auteur de plus de deux cent cinquante publications, portant notamment sur le corail, les mollusques et les tuniciers (animaux marins dont le corps est protégé par une épaisse enveloppe, ou tunique). Observateur et anatomiste de tout premier ordre, il a débrouillé le lacis, jusque-là inextricable, du système nerveux des gastropodes. Disciple de Cuvier par son adhésion à une science très empirique, il insistait sans cesse sur l'importance de l'étude des animaux dans leur habitat naturel. (Académie des sciences, 1871.)

Zoologie expérimentale

Zoologie expérimentale



Henri de Lacaze-Duthiers n'était pas homme à rester confiné dans un laboratoire parisien pour y étudier les animaux marins. Dans sa jeunesse, il explora les côtes de la Manche et de la Méditerranée pour « voir les animaux dans les conditions qui leur sont propres ». Après la guerre de 1870, il réalisa un projet qui lui tenait particulièrement à cœur : la création d'une station de zoologie marine à Roscoff, en Bretagne. Les débuts furent difficiles : il fallait faire fonctionner l'établissement avec une somme très modique et avec, pour tout matériel de pêche, une simple barque. Ses collaborateurs se plaignaient du manque de chauffage et, surtout, de l'absence d'éclairage le soir. Cependant, la réputation de la station grandit rapidement et les chercheurs affluèrent.

Ce succès incita Lacaze-Duthiers à fonder, neuf ans plus tard, le laboratoire de Banyuls sur la Méditerranée. L'État lui ayant refusé son aide, il dut avoir recours à l'initiative privée. Lui qui n'avait pas un caractère très souple fut obligé d'aller tirer bien des sonnettes. Il préleva souvent sur ses maigres économies pour boucler les fins de mois difficiles de son second « enfant ». Les deux laboratoires existent toujours. Ils sont rattachés à l'université de Paris.