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Léon Jouhaux

Syndicaliste français (Paris 1879-Paris 1954).

Ouvrier allumettier, il est, dès l'âge de 16 ans, syndiqué et membre d'un groupe libertaire. Il entre au Comité national de la C.G.T. en 1905 et devient secrétaire général de cette organisation le 12 juillet 1909. Il défend alors les thèses du syndicalisme révolutionnaire. Il évolue assez vite vers une forme de syndicalisme plus pragmatique, propose des « réformes » et, en 1913, il s'oppose à l'aile gauche de la C.G.T. qui réclame une grève générale contre la loi de 3 ans. Le 1er août 1914, Léon Jouhaux et la totalité du Comité confédéral de la C.G.T. se prononcent contre la « grève générale révolutionnaire » prévue par le congrès confédéral de la C.G.T. d'octobre 1912. Après la déclaration de guerre, Léon Jouhaux s'engage à fond dans l'Union sacrée, devient membre du Comité de secours national et se prononce pour la « mobilisation industrielle ». En décembre 1918, il fait adopter un programme minimal prévoyant des nationalisations, le contrôle ouvrier dans les entreprises, la création du Conseil national économique du travail, etc. Cependant, lors des grandes grèves de 1919-1920, l'attitude de Léon Jouhaux est sévèrement critiquée pour son attentisme par la minorité révolutionnaire. Après l'exclusion des minoritaires de la C.G.T. (décembre 1921), Léon Jouhaux est le leader incontesté de la centrale syndicale. Vice-président de la Fédération syndicale internationale (F.S.I.) depuis 1919 (il le demeurera jusqu'en 1945), il est l'un des délégués à la conférence de la paix en 1919 et, à ce titre, participe à la mise en place de l'Organisation internationale du travail (O.I.T.). Il prend part aux travaux de l'O.I.T., puis du Bureau international du travail (B.I.T.). Membre de la délégation française à l'assemblée annuelle de la Société des Nations en 1924, il participe en 1927 à la conférence économique de Genève, puis à la commission du Désarmement. En 1935-1936, après la réunification syndicale avec les exclus de 1921, il demeure seul secrétaire général de la C.G.T. Face aux grandes grèves de 1936, son souci principal est de les canaliser. Au sein de la C.G.T. réunifiée, il occupe une position « centriste » entre les ex-« unitaires » de la Vie ouvrière et la tendance Syndicats de René Belin : en novembre 1938, au congrès confédéral de la C.G.T., il l'emporte grâce aux ex-unitaires. Il est alors partisan du soutien aux républicains espagnols et opposé aux accords de Munich. Après la défaite de 1940, il vit à Sète, puis en Provence, où il est en contact avec la Résistance. Arrêté en décembre 1941 par le gouvernement de Vichy, il est interné à Vals-les-Bains, mis en résidence surveillée à Cahors, puis livré aux nazis en mars 1943. Il connaît la vie des camps de concentration, puis est interné dans le Tyrol. Libéré le 5 mai 1945, il reprend ses activités : il est vice-président de la Fédération syndicale mondiale de 1945 à 1948, vice-président du conseil d'administration du B.I.T. de 1946 à sa mort et président du Conseil économique de 1947 à sa mort également. Mais au sein de la C.G.T., il est désormais en minorité et il doit partager le secrétariat général avec Benoît Frachon. En désaccord avec les positions de la C.G.T. face aux grandes grèves et au plan Marshall, il démissionne de cette organisation le 19 décembre 1947 et, avec ses amis groupés autour du journal Force ouvrière, qu'il a « fondé » en 1945, il participe à la fondation de la C.G.T-Force ouvrière, dont il devient le président (14 avril 1948). Il continue à siéger à l'O.I.T. et il est membre de la délégation française à l'O.N.U. Il obtient le prix Nobel de la paix en 1951. Il a écrit plusieurs ouvrages, parmi lesquels : le Syndicalisme et la C.G.T. (1920), l'Organisation internationale du travail (1921), le Désarmement (1927), la C.G.T., ce qu'elle est, ce qu'elle veut (1937).