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Lionel Hampton

Batteur, vibraphoniste, pianiste et chef d'orchestre de jazz (Louisville, Kentucky, 1909-New York 2002).

Il introduisit le vibraphone dans les formations de jazz, dont il fut, dès 1936, considéré comme le premier grand spécialiste. Figure éminente du jazz classique, c'est un étonnant swingman, à la personnalité explosive. Il continue à parcourir le monde avec le même entrain depuis plus de quarante ans. Parmi ses enregistrements, citons : Historical Recording Sessions (1937-1941), Flying Home (1953-1955), Vibraphone Blues (1964).

Le 16 octobre 1930, le jeune batteur du Les Hite Orchestra enregistre son premier solo de vibraphone aux côtés de Louis Armstrong : Lionel Hampton entre dans la légende du jazz pour avoir fait du vibraphone un instrument soliste. Peu après, il forme son premier groupe et, en 1936, Benny Goodman engage le déjà bouillant musicien, qui se produira au sein de son orchestre et en quartette avec Teddy Wilson, Gene Krupa et le clarinettiste. Le succès est immédiat ; le concert à Carnegie Hall, en 1938, fait un triomphe. La compagnie RCA Victor lui a ouvert ses studios : du 8 février 1937 au 8 avril 1941, quelque soixante titres seront gravés avec les plus grands solistes provenant des orchestres de Basie, Ellington, Goodman, Lunceford, Hines (Charlie Christian, Cootie Williams, Dizzy Gillespie préboppisant, Harry James, Benny Carter, Johnny Hodges, Coleman Hawkins, Ben Webster…).

À la batterie, au piano (il joue dans l'aigu du clavier en percutant ses index sur les touches comme les mailloches de son vibraphone qu'il utilise abondamment), Lionel, formidable swingman, improvisateur inventif, fait preuve de son étourdissante virtuosité/célérité : ces séances historiques contiennent de purs chefs-d'œuvre, la quintessence du middle-jazz d'avant-guerre.

En 1940, Hampton quitte Goodman pour former un big band, mais ce n'est qu'en 1942 qu'il peut enregistrer ; le 26 mai sera gravé Flyin'Home avec le fameux solo d'Illinois Jacquet qui deviendra une pièce d'anthologie. Concerts, enregistrements suivront avec de fréquents changements de personnel, hormis le fidèle compagnon, le guitariste Billy Mackel. On notera la présence d'Arnett Cobb, de Dexter Gordon, Johnny Griffin, Clifford Brown, Quincy Jones et de la grande découverte de Hampton, la chanteuse Dinah Washington. Ancré dans le rhythm and blues, l'orchestre, dont les riffs font monter la tension jusqu'au paroxysme, « est un enfer pavé de swinguantes intentions, dirigé par un diablotin bondissant qui vous assène son message à grands coups de mailloches », comme l'écrit Michel Laverdure à propos du concert à l'Olympia en 1956.

Depuis bientôt cinquante années, à la tête de diverses cohortes, ce showman parfois fantasque au tonus époustouflant continue de promener ses gerbes d'étincelles et son lyrisme flamboyant dans toutes les parties du monde avec le concours de sa femme Gladys, gérante de sa carrière comme un véritable chef d'entreprise.

En 1984, Paris lui rendit un vibrant hommage : discours, médaille, parade… Désormais, un lieu de concert à l'hôtel Méridien porte son nom.