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Louis Poirier, dit Julien Gracq

Julien Gracq
Julien Gracq

Écrivain français (Saint-Florent-le-Vieil, Maine-et-Loire, 1910-Angers 2007).

Normalien, agrégé, Louis Poirier a été professeur d'histoire et de géographie, essentiellement au lycée Claude-Bernard à Paris (1947-1970), où il a eu parmi ses élèves le futur auteur de la Côte sauvage (1960), Jean-René Huguenin (1936-1962). Son œuvre entière, qu’il publie sous le pseudonyme de Julien Gracq – en référence à Julien Sorel, le héros du Rouge et le Noir, et en hommage aux Gracques de la Rome antique –, est empreinte de l'esprit surréaliste – bien qu'il se soit gardé d'appartenir au mouvement d'André Breton, à qui il a consacré un essai fervent et pénétrant en 1948. Auteur de récits romanesques (Au château d'Argol, 1938 ; Un beau ténébreux, 1945 ; Un balcon en forêt, 1958 [film de Michel Mitrani en 1979]), de poèmes en prose (Liberté grande, 1945) et d’une pièce de théâtre (le Roi-Pêcheur, 1948), Gracq récrit en un style riche et soutenu les mythes les plus profonds à l'usage de notre temps, et double l'aventure extérieure de ses personnages d'une initiation individuelle où le rêve tend à devenir réel.

C’est en 1950 que l’écrivain se démarque du milieu littéraire et de ses mœurs : publiant la Littérature à l’estomac dans la revue Empédocle – ce pamphlet sera repris dans l’essai Préférences, chez son éditeur José Corti, en 1961 –, il prend expressément parti contre les jurys littéraires et contre les facilités contemporaines. En 1951, l’Académie des Goncourt couronne pourtant son troisième roman et œuvre maîtresse, le Rivage des Syrtes. Mais, fidèle à ses convictions, Gracq refuse le prix Goncourt. Dès lors, en marge des honneurs mondains et des courants dominants tels que le structuralisme ou le nouveau roman, il s’attache à édifier une œuvre vigoureuse et exigeante où se lit notamment, à travers l'évocation des paysages, sa prédilection pour la géographie et la géologie. Passionné de Richard Wagner et des romantiques allemands, il traduit en 1954 la Penthésilée de Heinrich von Kleist. Il fait ensuite alterner des essais critiques proposant une morale de l’écriture (Lettrine, 1967 ; Lettrines 2, 1974 ; En lisant en écrivant, 1980) et des proses oniriques ou méditatives (la Presqu'île, 1970 [comportant la nouvelle le Roi Cophetua, portée à l’écran par André Delvaux sous le titre Rendez-vous à Bray, prix Louis-Delluc 1971] ; les Eaux étroites, 1976 ; la Forme d'une ville, 1985 ; Autour des sept collines, 1988 ; Carnets du grand chemin, 1992).

Tous ses ouvrages ont été publiés aux Éditions José Corti dans des volumes non massicotés, Gracq ayant toujours refusé de voir ses livres diffusés en format de poche. Ses œuvres complètes ont été reprises de son vivant dans deux volumes de la Bibliothèque de la Pléiade (1989 ; 1995). Le recueil de ses Entretiens est paru en 2002. Retiré depuis 1970 dans son village natal de Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine-et-Loire, Julien Gracq s’est éteint à l'âge de 97 ans.