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John Birks, dit Dizzy Gillespie

Trompettiste, chanteur et chef d'orchestre de jazz américain (Cheraw, Caroline du Sud, 1917-Englewood, New Jersey, 1993).

Avec Charlie Parker, il jeta les bases du bop (1942). De 1946 à 1950, il dirigea un grand orchestre de légende puis poursuivit sa carrière au sein de petites formations. Virtuose de la trompette (coudée), il a introduit les rythmes afro-cubains dans le jazz. Parmi ses enregistrements, citons Dizzy à Pleyel (1948), For Musicians Only (1956), Dizzy et Les Double-Six (1962), Max + Diz (1989).

On pourrait croire que deux personnages habitent dans le même homme : le trompettiste formidable technicien, virtuose à l'admirable sonorité, atteignant les sommets du suraigu, authentique révolutionnaire devenu, avec Charlie Parker, l'un des principaux créateurs du style be-bop, innovateur sérieux et exigeant ; et le showman farfelu (Dizzy), chanteur désopilant, remarquable entertainer à l'allure excentrique… Sans ligne de démarcation, Gillespie EST tout cela à la fois, un et cependant multiple, dès le début de sa longue carrière.

Instrumentiste, il a comme l'écrit André Hodeir, « élevé la facture du solo de trompette à un niveau jusqu'à lui inconnu dans le jazz » ; chef du premier grand orchestre be-bop (1946), il a introduit les rythmes afro-cubains par l'arrivée de percussionnistes comme le Cubain Chano Pozo à la conga ; compositeur, il a apporté au jazz des compositions singulières, devenues des classiques Night in Tunisia, Groovin'High, Dizzy Atmosphère, Anthropology …) ; arrangeur, il a su, avec Tadd Dameron et Gil Fuller, insuffler une nouvelle agressivité/complexité sur les plans harmonique et rythmique ; chanteur et gagman, il a prolongé dans ses interventions scat l'expression du comique de l'absurde jusqu'au délire verbal (ses duos avec les chanteurs Kenneth Hagood et Joe Caroll). Il a été également d'un des premiers à refuser de jouer le rôle de « l'oncle Tom » attribué au musicien de couleur, et cependant, a contribué par le côté spectaculaire de son jeu, de son comportement, à mieux faire admettre cette nouvelle musique qu'il avait fait découvrir, avec son big band, en France en 1948 (le fameux concert du 28 février à Pleyel, qui provoqua un choc mémorable et constitua l'événement le plus important de l'immédiat après-guerre).

Le grand orchestre, John Birks Gillespie en avait fait très tôt l'expérience et c'est dans celui d'Earl Hines (1942) qu'il rencontra Charlie Parker, avec lequel il se produisit par la suite dans les clubs de la 52e Rue et enregistra quelques chefs-d'œuvre en 1954. Son orchestre dissous en 1950, il jouera en petite formation et au sein du JATP, avant de parcourir le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud en 1956, à la demande du département d'État, afin de faire connaître le jazz.

Il sera « candidat » à la présidence des États-Unis en 1963 et 1972 … Il continua de souffler dans sa trompette coudée dans le monde entier avec la même pugnacité, le même enthousiasme, jusqu'à sa mort.