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Alberto Fujimori

Alberto Fujimori
Alberto Fujimori

Homme d'État péruvien (Lima 1938).

Possédant également la nationalité japonaise, il enseigne l'agronomie avant de présider la Commission nationale des recteurs d'universités. Sans expérience politique et parfaitement inconnu, il se présente en candidat indépendant à l'élection présidentielle de 1990 qui, au second tour, l'oppose à l'écrivain Mario Vargas Llosa, soutenu par une coalition de partis de droite, le Front démocratique (Fredemo). Axant sa campagne sur l'amélioration des conditions de vie des populations rurales et sur la protection des droits des minorités ethniques, Fujimori est élu à la présidence de la République avec 56,53 % des suffrages devant son rival (33,92 %). Une fois au pouvoir, il applique une politique ultralibérale de dérèglementation de l'économie connue sous le nom de « Fuji choc » qui permet une réduction spectaculaire du taux d'inflation, mais provoque une forte récession de l'activité économique.

En avril 1992, arguant de l'obstruction systématique pratiquée par le Parlement ainsi que de l'inefficacité et de la corruption de l'appareil judiciaire, il dissout l'Assemblée et suspend la Constitution de 1979. Ce véritable « coup d'État civil » est suivi de l'élection d'une Assemblée constituante (novembre) dominée par ses partisans, les principales formations de l'opposition ayant boycoté le scrutin. Fort du soutien de l'armée et des services de renseignements, « El Chino » (comme il aime se présenter pour revendiquer ses origines asiatiques) mène une politique autoritaire qui lui permet de mettre fin à la terreur de la guérilla du Sentier lumineux) et, surtout, d'opérer un redressement économique notable. En contrepartie, la démocratie est confisquée : la presse, la justice, l'opposition sont muselées. .

Ayant fait approuver une révision constitutionnelle lui permettant notamment de solliciter un second mandat (octobre 1993), il est reconduit à la tête de l'État dès le premier tour de l'élection présidentielle de 1995, aux dépens de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Javier Pérez de Cuellar. À peine réélu, le chef de l'État met tout en œuvre pour briguer un troisième mandat. Ainsi, dès 1996, la majorité parlementaire, issue des élections de 1995, donne une « interprétation authentique » de la Constitution de 1993, pour considérer que le président Fujimori n'a été élu qu'en 1995. Le Congrès rejette un référendum réclamé par l'opposition et visant à empêcher sa candidature. Fujimori est réélu en 2000 avec 51,2 % des voix au second tour d'un scrutin contesté par l'opposition et les observateurs internationaux.

Éclaboussé à la mi-septembre par un scandale impliquant le chef des services de renseignement, Vladimiro Montesinos, qui fut son proche bras droit pendant une décennie, « El Chino » est finalement contraint d'écourter son mandat de 5 à 1 an en convoquant des élections générales, le 8 avril 2001, auxquelles il renonce à se présenter. Du Japon où il s'est enfui (novembre), il annonce par fax sa démission, refusée par le Congrès qui le destitue « pour incapacité morale permanente », le privant ainsi de ses droits civiques. Arrêté à Santiago du Chili (novembre 2005), extradé au Pérou (septembre 2007), l'ex-président déchu est condamné en avril 2009 à 25 ans de détention pour corruption et violations des droits de l'homme, sa responsabilité ayant été reconnue dans les massacres de Barrios Altos et de la Cantuta (un quartier et l'université de Lima) perpétrés par le « groupe Colina », dirigé par V. Montesinos, qui avait fait 25 morts au début des années 1990.

Pour en savoir plus, voir l'article Pérou.