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Gustave Bonickausen, puis Eiffel

Gustave Eiffel
Gustave Eiffel

Ingénieur constructeur français (Dijon 1832-Paris 1923).

Ingénieur aux conceptions techniques audacieuses et industriel avisé, il a été l'un des maîtres de l'architecture métallique. Il fut aussi l'un des pionniers de l'aérodynamique.

1. Les débuts de Gustave Eiffel

Gustave Eiffel est issu d'une famille d'origine rhénane, les Bonickausen. Un membre de cette famille, venu s'établir à Paris vers 1710, avait joint à son nom celui de Eiffel, plus facile à prononcer et qui rappelait sa région natale (l'Eifel). Ce nom additionnel est devenu en 1879 le seul patronyme légal de la famille.

Le père de Gustave est officier ; sa mère, dijonnaise, est une femme d'affaires qui a investi dans le négoce du bois et de la houille. Le couple, aisé, a trois enfants.

Élève brillant, Gustave est admis en 1852 à l'École centrale des arts et manufactures, à Paris, dont il sort trois ans plus tard avec un diplôme d'ingénieur chimiste. Son idée est de reprendre l'usine de teinture industrielle d'un de ses oncles, mais l'affaire ne se fait pas.

Il entre en 1856 dans une compagnie de constructions métalliques et est chargé de diriger le chantier du pont ferroviaire de Bordeaux, sa première grande réalisation (achevée en 1860). En 1862, il épouse la fille d'une relation de ses parents et, deux ans plus tard, il s'installe à son compte comme entrepreneur spécialisé dans les charpentes métalliques. Après deux années difficiles, il se voit confier la réalisation de plusieurs bâtiments pour l'Exposition universelle de 1867. Ainsi lancé, il s'installe à Levallois, où il crée les Ateliers Gustave Eiffel. Puis, en 1868, il s'associe avec Théophile Seyrig (1843-1923), un brillant ingénieur qui lui apporte à la fois sa compétence technique et d'importants moyens financiers.

2. Les réalisations de Gustave Eiffel

Pendant vingt ans, Gustave Eiffel, parcourant l'Europe, va enchaîner les commandes et les réalisations : ponts ferroviaires et routiers, charpentes d'usines, gares, galeries d'expositions ; constructions telles que le casino des Sables-d'Olonne (1875), la grande coupole de l'observatoire de Nice (22 m de diamètre, 1885), l'ossature de la statue de la Liberté, à New York (1886), des grands magasins, des églises et des marchés. Sa société étendra son activité à la Russie, à la Roumanie et à la Hongrie, à l'Espagne et au Portugal, aux pays latino-américains (écluses de Panamá, 1879 et 1888-1889), à la Cochinchine.

2.1. Le « magicien » du fer

La recherche de solutions de franchissement des grandes vallées très encaissées conduit Eiffel à abandonner la fonte pour le fer laminé en treillis, à délaisser les modèles anglo-saxons ou germaniques pour l'arc articulé d'égale résistance, qui, allié à des pylônes, permet des portées sans précédent : 160 m sur le Douro (pont Maria Pia à Porto, 1876-1877), 165 m au viaduc de Garabit, dominant l'ancien niveau de la Truyère de 122 m (1882-1884). De la suppression des raidisseurs pour la conception des arcs au montage en porte à faux, qu'il est le premier à réaliser, Eiffel multiplie les innovations : premier à mettre au point des ponts portatifs démontables, il invente également de nouveaux matériels, à l'image des grues sans fondations. Autant de techniques nouvelles qui contribuent à attirer l'attention sur leur concepteur. D'autant qu'Eiffel sait s'y prendre pour faire parler de lui, multipliant les opérations de communication sur ses chantiers les plus prestigieux.

2.2. La tour Eiffel

Vingt années d'expérience dans le domaine de l'architecture métallique – qui valent à Eiffel le surnom de « magicien du fer » – aboutissent à la construction de la tour Eiffel pour l'Exposition universelle de 1889. Ce pylône quadrangulaire géant déclenche les polémiques :

Le 14 février 1887 paraît dans le Temps une « Protestation des artistes » adressée au directeur des travaux de l'Exposition universelle, M. Alphand. Les plus grandes figures du monde des lettres, de la musique ou de la peinture manifestent leur indignation devant le projet de Gustave Eiffel. Alexandre Dumas fils, François Coppée ou encore Charles Gounod dénoncent « une tour vertigineusement ridicule […] écrasant de sa masse barbare tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant ».

Ailleurs, la critique prend vite le tour d'un catalogue d'insultes. Pour Léon Bloy, la Tour est un « lampadaire véritablement tragique », pour Huysmans, un « suppositoire criblé de trous », pour Verlaine un « squelette de beffroi ». Guy de Maupassant parle, lui, d'un « formidable monument de Cyclopes qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine ».

Mais la tour Eiffel connaît un vif succès populaire (deux millions de visiteurs durant ses six premiers mois d'ouverture) et marque l'apogée de la carrière de Gustave Eiffel.

Cependant, son implication dans le scandale de Panamá (1889) entache la réputation d'Eiffel. Contraint de démissionner de sa société en 1893, atteint dans son honneur, il abandonne la construction et se consacre à l'expérimentation scientifique. Il s'efforce de pérenniser sa tour – qui n'a été construite que pour une durée de vingt ans – en l'utilisant pour des expériences d'aérodynamique, puis en installant au sommet une station météorologique et une antenne de radiocommunications. En 1909, il installe une première soufflerie au pied de la tour, puis, en 1912, transfère son laboratoire d'aérodynamique dans le quartier d'Auteuil. Pendant la Première Guerre mondiale, il poursuit ses expériences sur les voilures des avions, les corps fuselés, les hélices, etc. Après avoir fait don à l'État de son laboratoire en 1921, il s'éteint à 91 ans dans son hôtel particulier parisien et est inhumé à Levallois-Perret.

3. Citations de Gustave Eiffel

Le dessin est mon cauchemar. Je crois que le professeur me donne de mauvaises notes par habitude.

Gustave Eiffel, alors qu'il était étudiant.

La France sera la seule nation dont le drapeau aura une hampe de 300 mètres.

Gustave Eiffel (lorsque fut décidée la construction de la tour Eiffel).

Je vais être jaloux de cette tour. Elle est plus célèbre que moi.

Gustave Eiffel.