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Eric Allan Dolphy

Saxophoniste alto, clarinettiste basse et flûtiste de jazz américain (Los Angeles 1928-Berlin 1964).

Révélé dans l'orchestre de Charles Mingus, il a été un des principaux inspirateurs du free jazz et a imposé la clarinette basse et la flûte dans la musique de jazz.

Grande figure solitaire et marginale du jazz, provocateur-initiateur dès la fin des années 1950 grâce à qui (avec Ornette Coleman) le jazz deviendra free, Dolphy représente « l'exaltation et les angoisses d'un jazz voyageur » (comme l'écrit Alain Gerber), entre bop et « Nouvelle Chose ». Iconoclaste de formes, il s'éloigne du chemin tracé par Parker et ses suiveurs, en développant un style personnel, mais en restant fidèle à la ligne mélodique qu'il ne cesse de briser que pour mieux la reconstruire à sa manière : phrases anguleuses ou sinueuses, rebondissements en de surprenants zigzags, distorsions et élongations, véhémences soudaines, parfois proches de la voix humaine, du cri, audaces harmoniques, cassures rythmiques, mais discours logique dans sa structure interne, tout cela est la musique de Dolphy, ancrée profondément dans la grande tradition afro-américaine.

Saxophoniste alto, clarinettiste basse (dont il fit, comme plus tard le feront Michel Portal et André Jaume, un instrument du jazz), flûtiste, Dolphy adapta souverainement les trois techniques, les trois sonorités à son univers. Il nous semble que c'est à la flûte qu'il traduisit le mieux son insolente liberté : zébrures, hachures, ruptures, échappées folles, délires aériens, haute voltige (écouter Gazzelloni dans le disque Out to Lunch, février 1964).

Dolphy, engagé par Chico Hamilton en 1958 sur recommandation de Buddy Collette, entrera dans le Workshop de Charles Mingus, provoquera quelques remous parmi les spectateurs du festival d'Antibes en 1960, année où il participe au double quartette d'Ornette Coleman pour le disque Free Jazz. Il travaille avec Oliver Nelson et George Russell, se retrouve aux côtés de John Coltrane (1961-1962) et se fait entendre au Five Spot en compagnie de Booker Little, Mal Waldron, Richard Davis et Ed Blackwell. Il voyage en Europe en 1961, joue à Paris avec Donald Byrd et à Stockholm avec Coltrane, dirige ensuite diverses formations. 1964 : enregistrement de Out to Lunch et nouvelle tournée en Europe avec Charles Mingus, le fidèle Dannie Richmond, le pianiste Jaki Byard, le saxophoniste Clifford Jordan et le trompettiste Johnny Coles : concerts à Paris et Stuttgart. Eric décide de rester quelque temps sur le Vieux Continent, joue aux Pays-Bas et à Berlin, où il meurt d'une crise cardiaque consécutive à un diabète mal soigné… Ainsi disparaît l'homme qui, à la flûte, disait tellement aimer « évoquer le chant des petits oiseaux ».