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Miles Dewey Davis

Miles Davis
Miles Davis

Trompettiste de jazz américain (Alton, Illinois, 1926-Santa Monica 1991).

Monstre sacré du jazz instrumental, Miles Davis laisse le souvenir d’un trompettiste et d’un improvisateur au talent exceptionnel. Venu du be-bop, il fut l’un des promoteurs du jazz cool et du jazz-rock.

L'icône du jazz cool

Miles Dewey Davis III est comme, Duke Ellington, un représentant de la bourgeoisie noire. Fils de chirurgien dentiste, il est élevé dans un quartier résidentiel de East Saint Louis à forte majorité blanche. Sa mère et sa sœur font de la musique classique, mais le jazz est très prisé dans la famille. Dès l’âge de 13 ans, « Little Miles » se perfectionne à la trompette et, à 16 ans, s’initie aux jam-sessions. En 1944, il entre à la Juilliard School, célèbre conservatoire new-yorkais.

Devenu un familier de Charlie Parker, Miles Davis doit à ce dernier de réaliser ses premiers enregistrements et de faire partie d’un quintette (1945). Utilisant alors le matériel le plus ingrat, il lutte pour se hisser au niveau de jeu de celui qui restera son « gourou » jusqu'en 1948. L'année suivante, il forme un orchestre à l'instrumentation inédite (cor, tuba, trompette, trombone, saxophone alto, saxophone baryton, piano, basse, batterie) et enregistre douze pièces, qui, réunies sous le titre The Birth of the Cool (« Naissance du cool »), constituent un vrai tournant dans la genèse du jazz moderne. Signataire d’arrangements sur des compositions be-bop, Gil Evans restera jusqu'à sa mort (1988) le musicien le plus proche de Miles Davis. Leur collaboration donnera naissance à des albums désormais mythiques : Miles Ahead (1957), Porgy and Bess (1958), Sketches Of Spain (1960) ; elle connaîtra son apothéose lors du concert dirigé par Gil Evans, en 1961, au Carnegie Hall de New York.

À Paris, où Miles Davis est arrivé en 1949, il est devenu la coqueluche du Saint-Germain-des-Prés de la grande époque. Il y reviendra en 1957 pour jouer avec les meilleurs jazzmen du moment, tel Kenny Clarke, et enregistrer la musique du film culte de Louis Malle, Ascenseur pour l’échafaud (1958).

Le chef de file du jazz-rock

À New York, Miles Davis alterne quintette et sextette, réunissant tous les grands « boppers », avant de former un premier groupe vraiment régulier avec le saxophoniste John Coltrane (plus occasionnellement avec Cannonball Adderley [1928-1975]), le pianiste Red Garland (1923-1984) – que remplacera Bill Evans –, le bassiste Paul Chambers (1935-1969) et le batteur Philly Joe Jones (1923-1985) – que remplacera Jimmy Cobb (né en 1929). C'est alors l’âge « classique » de Miles Davis, celui de Kind of Blue (1959). Vient ensuite l'épisode « moderne », avec le « quintette des virtuoses » des années 1963 à 1970 : les saxophonistes George Coleman (né en 1935), puis Wayne Shorter, le pianiste Herbie Hancock, le bassiste Ron Carter (né en 1937) et le batteur Tony Williams, qui réalisent des variations vertigineuses de tempo sur fond de dissonances.

C’est en 1969 que Miles Davis se jette à corps perdu dans la musique électrique et contribue alors à l’émergence du jazz-rock (In a Silent Way, Bitches Brew). Le saxophone toujours frénétique de Shorter, la guitare « hendrixienne » de John McLaughlin, la basse agressive de Jack Bruce, puis de Dave Holland (né en 1946), les claviers stridents de Chick Corea, de Joe Zawinul (né en 1932) ou de Keith Jarrett, la batterie implacable de Billy Cobham (né en 1944), de Jack DeJohnette (né en 1942) ou de Al Foster (né en 1944) composent autour de lui un foisonnement de sons et de rythmes, que complètent des percussions d’origine africaine, indienne et brésilienne.

Après une retraite pour raisons de santé (1975-1980), Miles Davis fait un retour spectaculaire. Entouré de jeunes guitaristes, saxophonistes, bassistes et percussionnistes « exotiques », il recourt également aux synthétiseurs dernier cri et élabore un répertoire presque entièrement nouveau (You’re under Arrest, 1984 ; Amandla, 1988). Entrer dans son groupe équivaut à entrer dans une sorte de panthéon.

À la fois « inventeur et vampire de toutes les modes qu’il a traversées » apparaît Miles Davis, qui dit aussi de lui qu'il joue « comme un prédicateur ». Son extraordinaire aptitude à saisir, voire à précéder, les mutations esthétiques va de pair avec un profond attachement aux sources de son jazz. Solitaire doué du sens du collectif, il aura imposé à plusieurs générations successives son idéal mélodique et son concept orchestral.