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William Cecil

baron Burghley ou Burleigh

Homme d'État anglais (Bourne, Lincolnshire, 1520-Londres 1598).

Secrétaire d'État d'Édouard VI (1550-1553), puis d'Élisabeth (1558-1572), il est grand trésorier de 1572 à 1598. Après des études à Cambridge sous la supervision de John Cheke, Cecil fait très tôt partie des cercles protestants influents de la cour. Ses débuts politiques sont placés sous le patronage de Somerset. Après la chute de celui-ci (1549), il rétablit sa situation, et, moyennant une prudente complaisance envers Northumberland, il est nommé en 1550 secrétaire du roi. L'avènement de Marie Tudor lui fera perdre ce poste.

Dès l'avènement d'Élisabeth (1558), il redevient secrétaire royal, et pendant quarante ans il sera le principal ministre de la reine. Toute la politique de Cecil est dominée par le souci de donner au royaume la stabilité et le temps de fonder solidement sa puissance. Jusqu'à sa mort, il jouit de la confiance totale de la reine, qui l'élèvera à la pairie en 1571. Animé d'un véritable sens constitutionnel et du respect pour la loi, il encourage Élisabeth à appuyer l'autorité monarchique sur celle du Parlement. Il critique comme dangereusement intolérantes les mesures rigoureuses de Whitgift. Il gère les finances avec soin et développe l'activité économique du royaume. Ses efforts en faveur du commerce, pour lequel il désire une liberté limitée, se traduisent par le doublement des revenus des douanes au cours du règne. Les industries sont également stimulées. Soucieux de garantir la stabilité sociale, Cecil est le principal artisan de diverses poor laws, qui fondent un véritable code national d'assistance et de reclassement des catégories sociales déshéritées. Il entreprend de restaurer la puissance militaire du royaume, s'intéressant en particulier à la marine, pour laquelle il collabore aux réformes de Hawkins.

En politique extérieure, Cecil cherche à retarder le plus possible le choc avec l'Espagne, pour que l'Angleterre puisse se préparer. Lors des troubles intérieurs qui agitent l'Écosse en 1559-1560, puis en 1569-1570, il conseille une aide indirecte au parti protestant, mais non une intervention armée, et il s'oppose à un projet d'invasion en 1579, par crainte des aventures : il réussit ainsi à gagner à l'Angleterre les protestants écossais et à rendre très difficile toute tentative d'intervention française. En revanche, dès qu'il réalise comment un réseau d'intrigues se noue autour de Marie Stuart, il plaide pour une attitude rigoureuse envers la reine d'Écosse, pour son emprisonnement d'abord, pour sa condamnation ensuite. Sa politique portera ses fruits, en permettant les victoires anglaises de 1587-1588 sur les Espagnols : exploits de Drake et désastre de l'Invincible Armada.

Son fils Robert, 1er comte de Salisbury (Londres 1563 ?-Marlborough, Wiltshire, 1612), fait partie, dès 1588, de missions diplomatiques, et reçoit en 1589 les fonctions de secrétaire d'État avant de l'être en titre de 1596 à 1608. À la mort de son père en 1598, la reine Élisabeth le choisit comme principal conseiller, et il ne cesse plus, désormais, de diriger les affaires anglaises sous l'autorité royale. Préoccupé du problème de la succession, il se met secrètement en relation avec Jacques VI d'Écosse et, par les conseils de prudence qu'il lui prodigue, assure en 1603 une succession indisputée au roi Stuart, devenu Jacques Ier d'Angleterre. Celui-ci lui témoigne sa gratitude en le comblant d'honneurs, mais son autoritarisme diminue l'influence personnelle de Cecil. Le ministre continue néanmoins sa politique de balance entre la France et l'Espagne et, poursuivant l'ambition paternelle d'un groupement des puissances protestantes sous direction anglaise, négocie en 1612 le mariage de la princesse Élisabeth avec l'Électeur palatin. En 1608, il avait laissé son secrétariat pour la charge de lord trésorier. Bon administrateur, il augmenta les revenus royaux, mais moins vite que n'augmentaient les dépenses de Jacques Ier. Les marchandages auxquels il dut se livrer, et sa défense des exigences royales ouvrirent l'ère des difficultés entre le roi et le Parlement.

Pour en savoir plus, voir les articles Angleterre, Grande-Bretagne : histoire.