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Carla Bley

née Borg

Pianiste, compositrice et chef d'orchestre de jazz américaine (Oakland 1938).

À dix-huit ans, elle vend des cigarettes au Birdland, célèbre lieu du jazz new-yorkais. Elle épouse Paul Bley, pianiste de jazz, en 1957. Pour lui et d'autres musiciens, elle compose des thèmes marqués d'une forte originalité (Ida Lupino, Sing Me Softly Of The Blues …). En 1960, elle fonde avec le trompettiste Mike Mantler, son second mari, la Jazz Composer's Orchestra Association, qui regroupe des musiciens du free jazz et de certains horizons pop. Carla Bley synthétise des climats contrastés avec habileté et ironie. Sa fille, chanteuse et arrangeuse, dirige le groupe « Karen Mantler et son chat Arnold ». Parmi ses enregistrements, citons Escalator Over The Hill (1968-1971), Sinner Music (1976), Musique Mécanique (1978), Heavy Heart (1983), Big Band Theory (1993).

La plus célèbre « jazz-woman » a su calquer son humour orchestral sur des partitions d'une merveilleuse limpidité. En fait, son histoire a commencé comme un conte des temps modernes, revu par Tex Avery : à dix-huit ans, Carla Borg n'était pas bergère, mais cigarière (d'autres disent « dame pipi » !) au Birdland, le plus prestigieux des clubs new yorkais dans les années 1950 … C'est là qu'elle rencontre son (premier) prince charmant, le pianiste Paul Bley, qu'elle épouse en 1957. Deux ans plus tard, installée avec lui en Californie, elle se met à composer pour son trio et pour ses amis (Art Farmer, Jimmy Giuffre, George Russell), qui saluent son talent de mélodiste.

À vrai dire, Carla n'était pas arrivée au Birdland par hasard : fille d'une organiste qui lui apprend le piano et les cantiques dès l'âge de trois ans, elle a fugué à seize ans, fait du piano-bar et accompagné un chanteur folk en s'intéressant de plus en plus au jazz. Alors, comme Parker faisant la plonge pour pouvoir écouter Tatum sans bourse délier, elle a trouvé le moyen de se faire payer pour écouter chaque soir Miles Davis, Coltrane ou les Jazz Messengers ! Mais ces modèles ne font guère d'ombre sur ses premières compositions, d'une originalité surprenante : Ida Lupino, Sing Me Softly of the Blues, par exemple dont l'étrange mixture de be-bop et de folk intrigueront le jeune Keith Jarrett.

Installée à New York dans les années 1960, Carla Bley y adhère à la Jazz Composers'Guild et devient avec le trompettiste Michaël Mantler- qu'elle épousera par la suite- la co-présidente de la Jazz Composers Orchestra Association. Elle écrit pour Gary Burton un de ses chefs-d'œuvre, A Genuine Tong Funeral (1976), puis participe à la fondation du Liberation Music Orchestra (1969) de Charlie Haden. En 1972, elle compose un opéra surréaliste sur un livret du poète Paul Haines, Escalator over the Hill. Deux ans plus tard suivra 3/4, écrit pour Keith Jarrett et un orchestre de chambre.

Avec son propre orchestre qui privilégie toujours les cuivres graves, cor et tuba- et sa maison de disques Watt, bientôt associée à la firme allemande E.C.M., Carla Bley évolue vers une musique parodique et colorée, qui évoque souvent Charles Ives, Kurt Weill, Nino Rota ou les « musiques d'ameublement » d'Erik Satie. Puis, liée au bassiste Steve Swallow, elle revient à un style plus dépouillé, une sorte de « rhythm'n'blues élégant » …

Soliste sobre mais très présente aux claviers de l'orchestre, elle a su créer un univers comparable aux toiles du Douanier Rousseau, où les improvisateurs se sentent en même temps dirigés et libres de s'engager dans toutes sortes de chemins buissonniers.