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Varenagh Aznavourian, dit Charles Aznavour

Auteur-compositeur et chanteur français (Paris 1924).

« J'ai la voix qui colle avec le genre de chansons que j'écris », reconnaît Charles Aznavour dans son autobiographie parue en 1970 (Aznavour par Aznavour, Fayard éditeur). Fils d'Arméniens ayant fui la Turquie, il a fait de cette voix parfois à la limite d'être brisée l'instrument d'un succès qui fut long à se dessiner, comme le rappelle l'une de ses chansons les plus emblématiques, Je m'voyais déjà (1960).

Parolier pour les autres et pour lui-même

Élevé dans le milieu des chanteurs et musiciens arméniens qui ont fait du café de son père leur point de ralliement, Charles Aznavour entre à son tour dans l'univers de la chanson comme parolier et forme, entre 1941 et 1950, un duo avec le compositeur Pierre Roche (1919-2001). Remarqué par Édith Piaf, qui emmène le duo en tournée en France puis aux États-Unis, il devient le protégé de la chanteuse, pour laquelle il écrit Jezebel et qu'il accompagnera au piano jusqu'en 1954. Il écrira aussi pour Juliette Gréco (Je hais les dimanches, 1953) et, tout au long de sa carrière, pour plusieurs chanteurs de générations différentes : Maurice Chevalier, Gilbert Bécaud, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Mireille Mathieu...

Invité à passer en vedette à l'Olympia en 1955, Charles Aznavour est dès lors sur la rampe de lancement qui le mènera en 1963 au Carnegie Hall de New York. Ma jeunesse (1956), On ne sait jamais (1956), Tu t'laisses aller (1960), Il faut savoir (1961), les Comédiens (1962), puis la Mamma (1963), For me, formidable (1964), la Bohème (1966), Comme ils disent (1973) sont autant de titres qui, musicalement, associent aux parfums du jazz les sonorités d'Europe centrale, et qui, humainement, parlent autant des désarrois de l'existence que des beautés de la vie.

La double carrière

Charles Aznavour est, avec Yves Montand, l'une des rares vedettes françaises du music-hall qui fasse une grande carrière au cinéma. Il aborde ce dernier en 1955 (l'Étoile de cristal), obtenant ensuite ses plus beaux rôles dans la Tête contre les murs (1959), Tirez sur le pianiste (1960), le Passage du Rhin (1960), Un taxi pour Tobrouk (1961), Paris au mois d'août (1965), le Tambour (1979), les Fantômes du chapelier (1982), la Montagne magique (1982), parmi plus de soixante films.

Au faîte de sa gloire de chanteur, Charles Aznavour continue à répandre la bonne parole de la chanson française à travers le monde, du Québec au Japon, en swinguant autant avec les mots qu'avec les sons, et en faisant de sa vie une perpétuelle source d'inspiration. Je n'ai pas vu le temps passer avoue-t-il dans son album de 1978, qui inaugure une nouvelle phase de sa vie, marquée par la sortie en 1998 de l'album symboliquement intitulé Jazznavour. Toujours immense, son implication en faveur de l'Arménie le conduit en 2008 à prendre la double nationalité franco-arménienne et, en 2009, à accepter d'être l'ambassadeur de ce pays en Suisse.