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Louis Armstrong

surnommé Satchmo

Creole Jazz Band
Creole Jazz Band

Trompettiste, chanteur et chef d'orchestre américain (La Nouvelle-Orléans 1901-New York 1971).

Imprégné des traditions de La Nouvelle-Orléans, Louis Armstrong a été pendant plus d'un demi-siècle le porte-drapeau du jazz classique. Le rôle qu'il a joué, en donnant au soliste toute la place que mérite l'improvisation, de même que ses créations légendaires font de lui, encore aujourd'hui, une figure dominante de cette musique.

L'enfant pauvre de Storyville

Louis Armstrong n'a pas eu d'enfance. Ses premières années dans le quartier de Storyville sont celles d'un garçon livré à lui-même dès l'âge de 5 ans, hébergé, plutôt qu'élevé, alternativement par sa grand-mère (née esclave) et par sa mère Mayann, à laquelle il restera profondément attaché. Toutefois, il a l'occasion de s'initier au cornet à pistons et il se découvre un goût pour le chant ; Louis entre alors dans un quatuor vocal qui se produit dans le quartier et attire l'attention de Sidney Bechet. En 1914, il fait ses débuts d'instrumentiste dans les beuglants.

En 1918, Armstrong entre dans l'orchestre de Kid Ory et joue sur les river boats, avant de rejoindre King Oliver à Chicago en 1922, puis, en 1925, Fletcher Henderson à New York. Il accompagne aussi des chanteuses de blues comme Ma Rainey et Bessie Smith. Revenu à Chicago, il est pris dans l'orchestre de la pianiste Lil Hardin (1898-1971), qu'il épouse en secondes noces en 1927. C'est elle qui va faire de lui le premier grand soliste de jazz.

L'inventeur du jazz

À partir de 1925, Armstrong réalise ses premiers enregistrements sous son nom. Avec le concours de Lil Hardin, il a alors fondé son Hot Five, qui comprend aussi Johnny Dodds (clarinette), Kid Ory (trombone) et Johnny StCyr (guitare). Il forme ensuite le Hot Seven, qui, outre Lil Hardin, Dodds et StCyr, se compose de John Thomas (trombone), Peter Briggs (tuba) et Baby Dodds (batterie) – auxquels il faut ajouter, pour plusieurs enregistrements, Earl Hines au piano. Révolutionnant la technique de la trompette, Armstrong brode des solos limpides, prolongés par un vibrato nuancé. Sa voix chaude, au timbre voilé, sert à merveille une expression tour à tour pathétique et drôle. C'est l'époque de Big Butter and Egg Man (1926), de West End Blues (1928), de Tight Like This (1928) ou encore de Mahogany Hall Stomp (1929).

Ainsi, Armstrong, surnommé « Satchmo » (de satchelmouth, « bouche en forme de besace »), codifie l'improvisation telle qu'elle sera toujours pratiquée en jazz par-delà les styles et les générations. Son génie consiste à donner à chaque note une attaque, une durée, une hauteur, une intensité, un timbre et une couleur qui en font un instantané de l'émotion, tout en maîtrisant à la perfection la logique de ses « phrases ». Sa force émotive doit assurément beaucoup à une virtuosité qui ne sera guère dépassée.

Avec l'appui indéfectible de l'imprésario Joe Glaser, Armstrong est d'abord l'invité des plus fameux home-bands (orchestres de clubs), puis, dirigeant son propre big band dans les années 1930 (Basin Street Blues, 1933), il fait plusieurs tournées en Europe (1934-1936) et joue dans divers films. Cette période s'achève en apothéose sur la scène du Metropolitan Opera en 1944. En 1947, Armstrong donne naissance à son All Stars, sextuor qui mêle brillamment la spontanéité du jazz New Orleans et les riffs typiques des big bands  (The Complete Town Hall Concert, 1947 ; All Stars Dates, 1947-1950). Avec lui, il parcourt le monde entier jusqu'à la fin des années 1950. Malgré les problèmes de lèvres dont il souffre depuis les années 1930, il se refuse à n'être que la voix la plus célèbre de la chanson populaire – encore que cet aspect domine ses enregistrements à partir de 1950 (Louis Armstrong Meets Oscar Peterson, 1957; The Good Book, 1958).

Peu de musiciens ont connu une implication aussi quotidienne dans leur art. La vie d'Armstrong est comme l'affirmation idéalement personnalisée d'une identité afro-américaine, dont elle épouse toutes les mutations : montée du Sud vers les villes du Nord, accession à la reconnaissance, contribution au prestige des États-Unis.

Une condamnation bénéfique

Comme il est d'usage à La Nouvelle-Orléans, les rues se remplissent de vacarme la nuit de la Saint-Sylvestre. Le jeune Armstrong y participa à sa manière en ce 31 décembre 1913 lorsqu'il tira un coup de feu en l'air avec le revolver de son beau-père. Placé en maison de correction, il y fit la connaissance d'un surveillant qui donnait des leçons de musique. Admis dans la chorale, puis dans l'orchestre de l'établissement, Armstrong devint alors chef de la fanfare. Sa vocation était née. À sa sortie, quelques mois plus tard, il commença sa carrière de musicien sous l'aile protectrice de King Oliver.