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Didier Érasme

en latin Desiderius Erasmus Roterodamus

Érasme
Érasme

Humaniste hollandais d'expression latine (Rotterdam vers 1469-Bâle 1536).

Homo viator

Vint-il au monde en 1469, comme on l'admet d'ordinaire, en 1466, ainsi qu'on l'avance parfois, ou encore en 1467 ? À la vérité, le détail importe peu dans l'existence de ce Batave qui, justifiant sa devise- Nulli cedo-, n'allait pas avoir son égal dans l'Europe tout entière. Moins, assurément, que le caractère illégitime de sa naissance à Rotterdam, que les difficultés matérielles et psychologiques de ses années d'adolescence. Pour ce fils de prêtre, timide, hypersensible, dolent déjà, la vie nomade commence très tôt : coup sur coup, ses études le conduisent de Gouda à l'école capitulaire d'Utrecht, que dirige le maître de chœur Jacob Obrecht ; de Deventer (chez les Frères de la Vie Commune, qui l'initient à l'Antiquité gréco-latine et lui donnent l'occasion d'admirer Rudolf Agricola) à Bois-le-Duc, où, mal orienté, il perd deux ans, après la mort de ses parents, enlevés par la peste. Il entre alors, « vaincu, mais non persuadé », au noviciat des chanoines réguliers de Saint-Augustin à Steyn. La vie monastique semble d'abord lui convenir : du moins trouve-t-il au couvent un havre studieux où il se console de la « tragédie » de sa vie en lisant les poètes de l'Antiquité latine, en découvrant Cicéron, saint Jérôme, les Elegantiae de Laurent Valla (1407-1457), en pratiquant un christianisme de foi et de liberté intérieure, tout à fait dans l'esprit de la Devotio moderna. Mais, ordonné prêtre en 1492 par David de Bourgogne, il devient peu après secrétaire de l'évêque de Cambrai, Henri de Berghes, ce qui l'émancipe plus qu'à moitié de son couvent. Il achève (1494) les Antibarbari, défense passionnée des lettres latines, avant de se rendre à Paris, pour y suivre les cours de l'Université. Là, délaissant très vite le « collège de pouillerie » de Montaigu, il s'attache à l'Artésien Robert Gaguin (1433-1501), auprès duquel il bénéficie du renouveau intellectuel et spirituel de la France, héritière, en cette fin du xve s., de l'humanisme de Jean de Gerson (1363-1429), de la docta pietas de Pétrarque et de l'apport des érudits transalpins de l'époque.

De cette prestigieuse Renaissance italienne, Érasme va trouver l'image presque achevée dans l'Angleterre florentine et vénitienne d'Oxford, où, après un séjour au château de Tournehem, près de son ami James Batt, il arrive en 1499, sur l'invitation de son élève William Mountjoy. À Magdalen College, il fréquente le théologien John Colet ; dans l'entourage de l'helléniste William Grocyn, du médecin Thomas Linacre, il poursuit ses études de grec, à peine abordées à Deventer, et surtout il fait la connaissance de Thomas More, modèle parfait de ces lettrés anglais qui vont lui révéler sa véritable vocation et l'essence même de l'humanisme italien, illustré par Pétrarque, Marsile Ficin et Pic de La Mirandole, l'aider dans l'approfondissement de sa théologie biblique et patristique, l'amener à l'étude assidue non plus tant de l'éloquence latine que de la pensée profonde des auteurs anciens.

De retour en France dans les premiers jours de 1500, il se donne pleinement à l'étude des Grecs, « sources très pures et fleuves qui charrient de l'or », et publie à Paris la première édition de ses Adages. Sans se fixer pour autant. D'Orléans, il revient à Paris, passe en Hollande, séjourne à Saint-Omer, découvre à l'abbaye du Parc, près de Louvain, un manuscrit de Valla qui le confirme dans ses intentions de se consacrer désormais aux Saintes Écritures, en collationnant la Vulgate avec le texte grec. En attendant, il repart pour l'Angleterre, mais, quoi qu'il en dise, c'est à l'Italie qu'il songe toujours. À plusieurs reprises déjà, il avait espéré faire l'indispensable voyage outre-monts ; chaque fois des circonstances défavorables et une constante pauvreté l'avaient empêché de réaliser son rêve, quand, en 1506, le Génois Battista Boerio, médecin du roi Henri VII, lui offrit d'accompagner ses deux fils et de diriger leurs études à l'université de Bologne.

Pendant trois ans, Érasme (qui, à son passage en France, a confié à l'imprimeur parisien Josse Bade ses traductions de Lucien et d'Euripide) va parcourir la péninsule : non pas en touriste, en archéologue ou en amateur d'art, mais en érudit avide de savoir. Le 4 septembre 1506, l'université de Turin lui confère le bonnet de docteur en théologie, plus sans doute pour honorer son talent que pour couronner ses études. À Venise, dans le bourdonnant atelier d'Alde Manuce, Érasme consulte les manuscrits de Platon, lit Plutarque, étudie Hésiode, Pindare et Théocrite. Par Padoue et Ferrare, il gagne Rome, où il passe, au cours d'un triple séjour, de longues heures dans les bibliothèques et s'orne l'esprit au contact de personnalités comme Tommaso Inghirami (1470-1516) ou Jean de Médicis. Ce dernier allait, en 1513, sous le nom de Léon X, succéder au belliqueux pape Jules II, cible d'un vigoureux pamphlet pacifiste, le Julius exclusus e coelis, dont on reconnaît d'ordinaire la paternité à Érasme. Même si la Rome chrétienne l'a déçu, c'est donc, au total, « avec regret et comme malgré lui », comme il le dit lui-même, qu'Érasme quitte l'Italie pour l'Angleterre, où vient de monter sur le trône un nouveau roi que l'on affirme ami des sciences et des lettres. En juillet 1509, le voici à Londres, où il achève en quelques jours l'Éloge de la folie, dédié à Thomas More, l'ami cher entre tous. Deux ans plus tard, appelé à Cambridge par James Fisher, il donne des cours de grec et de théologie, mais bientôt, sans avoir vu s'épanouir le new learning dans la vie universitaire anglaise, il repart pour le continent : vers Bâle, où l'accueille l'imprimeur Jean Froben (vers 1460 -1527), qui publiera par la suite la plupart de ses grandes œuvres et son immense patrologie. En 1516, alors qu'il est au sommet de sa gloire, la France et l'Espagne se le disputent. En vain : c'est à Louvain qu'Érasme préfère s'établir de 1517 à 1521 pour y organiser le Collège trilingue. Cependant éclatent presque aussitôt les premiers échos de la crise luthérienne. Aux avances du réformateur allemand, Érasme répond par une déclaration de neutralité, que n'apprécient ni les luthériens, ni l'autorité papale, ni les intolérants théologiens de Louvain, dont les attaques le contraignent à un nouveau départ. Par Anderlecht, il se réfugie à Bâle, où il passera huit années, consacrées surtout à la polémique contre Luther (Libre Arbitre, 1524 ; Hyperaspistes, 1526) et contre les singes de Cicéron, fouaillés avec vigueur dans le Ciceronianus de 1528. Quand l'esprit de la Réforme l'emporte à Bâle, il émigre dans la ville catholique de Fribourg-en-Brisgau. Il y met avec ardeur à profit chaque intermittence de la maladie pour poursuivre son travail. Sa Préparation à la mort paraît en 1535 à Bâle, où il est revenu depuis quelques semaines seulement. C'est là que, dans la nuit du 11 au 12 juillet 1536, Érasme, citoyen de la République des lettres, rejoint, au terme d'un pèlerinage terrestre, tout de constance et de mobilité, sa seule véritable patrie, la Jérusalem-d'en-Haut.

Prince des humanistes

À l'humanisme du xvie s., nul n'a plus apporté que lui. Il a laissé à ses contemporains quantité d'éditions, parfois abondamment annotées, d'auteurs anciens : du côté des Grecs, Aristote et Ptolémée ; chez les Latins, Caton, Cicéron, Quinte-Curce, Tite-Live, Pline l'Ancien, Publilius Syrus, Sénèque, Suétone, Térence. Au traducteur, nous devons des versions latines d'Ésope, d'Euripide, de Galien, d'Isocrate, de Flavius Josèphe, de Libanios, de Plutarque enfin, qui est, avec Lucien, son auteur profane de prédilection. Proviennent encore de son application érudite à la littérature et à la philosophie des Anciens les Adages, ce « magasin de Minerve », et le Apophthegmes, dont l'influence fut prodigieuse sur la pensée de l'Europe entière. Érasme y recueille et y commente des dictons, les sentences où se résume la sagesse antique ; il en multiplie les éditions développées. Ainsi, pour les Adages, dont une cinquantaine d'impressions se succèdent de 1500 à 1540, tandis qu'en moins de dix ans les huit centuries de proverbes du début passent à trois, puis à plus de quatre chiliades. Cependant, ce n'est pas pour elle-même qu'Érasme cultive ainsi l'Antiquité, qu'il en répand avec générosité les trésors retrouvés. Son humanisme n'est philologique que pour mieux être théologique. L'essentiel, en effet, n'est pas pour lui l'érudition, mais la piété dans la foi, cette piété à laquelle il a fait, dès l'Enchiridion, servir les belles-lettres. À ses yeux, toute la science de l'ethnica litteratura, parée des prestiges de son écriture, ne peut être qu'un prélude à l'étude de l'Écriture Sainte ; elle ne se justifie, pour un chrétien, qu'utilisée avec prudence et modération, dans sa double fonction de propédeutique et d'expression, en vue d'une théologie nécessairement biblique et mystique. Il ne s'agit plus, pour l'homme moderne, d'être Grec ou Latin, mais d'accéder à la seule vérité digne de son temps, celle du mystère du Christ mis en croix, qui rétablit la nature humaine déchue dans son harmonie première et qui la conduit à la béatitude. Toutes les études doivent donc, pour assurer cette nouvelle naissance de l'âme humaine, concourir à une philosophie de la vie transformée par l'Évangile, à cette philosophia Christi que la paraclesis (exhortation) propose comme but et dont le methodus indique les moyens, au premier rang desquels s'inscrit la connaissance directe de l'authentique enseignement du Christ, progressivement dénaturé par des siècles de théologie scolastique. D'où, pour Érasme, complétant et dépassant l'enquête littéraire, morale et esthétique sur l'Antiquité païenne, tout un travail préliminaire de restitution des textes sacrés dans leur pureté originelle : tâche qu'il accomplit notamment avec les Commentaires et les Paraphrases des Psaumes, avec l'impression des œuvres complètes de saint Jérôme et de saint Augustin (sans parler de fragments d'autres Pères de l'Église, dont Origène, qu'à Saint-Omer lui avait révélé le franciscain Jean Vitrier), avec surtout l'édition gréco-latine du Nouveau Testament dédiée en 1516 au pape Léon X. Ainsi, une fois la lettre du message divin solidement établie à l'aide de la philologie et de la critique historique, l'homme, dont la culture littéraire aura développé la sensibilité et affiné le goût, pourra s'ouvrir au sens mystique de l'Évangile, dont une spiritualité christocentrique, ayant la charité pour moteur et pour règle cardinale. Incorporé au Christ par un baptême qui est don, mais aussi devoir, humblement docile à l'écoute de la Parole du Dieu-Sauveur, le chevalier chrétien du xvie s., armé de l'Enchiridion- à la fois manuel et poignard-, participera pleinement à la réalisation de cette réforme intellectuelle, morale, politique, sociale, religieuse qui s'impose à un monde où, manifestement, tout marche mal, parce que les hommes, dans la folle sagesse de leurs enracinements terrestres, se refusent à pratiquer la paradoxale folie de la Sagesse de Dieu.

À cette réforme, Érasme, pour sa part, s'applique de toutes ses forces. Rien en lui de l'humaniste inhumain, de l'intellectuel qui ne vit que pour le travail de l'intelligence abstraite. L'érudit sait quitter son cabinet d'études, s'éloigner des presses d'imprimerie, pour ouvrir les yeux sur les hommes qui l'entourent, découvrir leurs mérites, dénoncer au besoin leurs pernicieuses illusions. Même absent, il reste sans cesse présent à ses frères dans le Christ, non seulement par ses multiples ouvrages, mais aussi dans cette volumineuse correspondance de plus de trois mille lettres envoyées ou reçues qui est parvenue jusqu'à nous. Et cette présence est toujours combat. Les Colloques, où l'ironie de son inspiration se nourrit de l'observation des mœurs contemporaines et des conflits d'idées à l'ordre du jour, l'Éloge de la folie, si souvent imprimé, illustré, traduit, témoignent, entre tant d'autres œuvres, de l'aspect réformateur et militant de son action en faveur de l'homme, de cet homme qu'il veut voir « se transformer en Christ ». Cette volonté de régénération de l'homme s'appuie, il va de soi, sur une confiance assurée dans les capacités de l'esprit humain. À la différence d'humanistes comme Jacques Lefèvre d'Étaples ou comme Josse Clichthove, qui ne croient pas à la possibilité d'un véritable progrès de l'humanité et se résignent avec mélancolie à une décadence jugée inévitable, Érasme, sans verser dans un optimisme utopique, se refuse à tout pessimisme. En dépit du spectacle sanglant et grotesque qui s'étale sous ses yeux dans l'Europe belliqueuse du xvie s. et à travers une certaine société carnavalesque, il reste convaincu que le mal n'est pas inhérent à la nature humaine, mais qu'il résulte souvent d'une éducation corrompue. Aussi trace-t-il (particulièrement dans le De pueris instituendis, ce traité de l'éducation libérale des enfants) tout un programme d'instruction, dont il veut- ce qui est rare à l'époque- faire bénéficier même les femmes. Pédagogue averti qui sait qu'on ne naît pas homme, mais qu'on le devient, il entreprend d'aider ses contemporains à devenir des hommes par l'exercice de leur raison, qui les place au plus haut niveau de la création, et par l'acceptation de la grâce, qui les relie à Dieu.

Une telle entreprise n'est possible que dans la paix, cette paix trop souvent hélas ! persécutée, dont Érasme, sans être un apôtre du pacifisme absolu, nous fait avec éloquence entendre la Plainte, dénonçant les ravages de la guerre, son caractère monstrueux pour des hommes unis au Christ et vivant de sa vie. Elle ne peut davantage se réaliser dans l'état lamentable de l'institution catholique contemporaine. Pour en supprimer les abus, en redresser les déviations, Érasme lacère de son ironie incisive : les princes de cette Église, dont il est lui-même « l'enfant terrible, mais également fidèle » ; les théologiens, plutôt théologastres, abandonnés au seul verbiage de la dialectique ; les moines ignorants, emprisonnés dans une religion mécanisée, intéressée ; les fidèles, enfin, entravés par tant de « cérémonies » méprisables, de superstitions comme les pèlerinages ou le culte des reliques, pratiques surérogatoires auxquelles il est dangereux d'accorder plus de crédit qu'aux sacrements et à la religion intérieure. À travers ces attaques, à la lumière des solutions proposées apparaissent clairement les principes au nom desquels Érasme milite en chrétien humaniste : vérité, liberté, noblesse de l'être humain aussi judicieusement éduqué qu'éclairé par l'Esprit sur le mystère du Christ, charité plus encore évangélique que paulinienne. Par cette spiritualité agissante qui anime son œuvre- tout entière religieuse dans son propos et sa finalité-, Érasme dépasse et domine l'humanisme de son temps, dont il reste toutefois la plus brillante incarnation. Humaniste original, il sait, tout en proclamant l'éminente valeur de la culture antique, ne pas céder à la tentation d'un habituel paganisme philosophique et affirmer sans ambages la transcendance du christianisme pour la nécessaire renovatio de l'homme. Théologien contre les théologiens d'alors, il réussit à recréer, en remettant en œuvre la théologie traditionnelle des Pères et des moines, florissante jusqu'au xiie s., la synthèse entre la théologie et la spiritualité, dissociées par l'apport de ceux qui, tels Occam, Duns Scot, saint Thomas, Albert le Grand, avaient essayé de construire une sagesse dont la technique fût grecque et l'esprit chrétien.

Écrite en latin, appelée à la plus large diffusion, l'œuvre d'Érasme porte la marque de l'individualisme de son auteur, dont elle trahit souvent l'excessive susceptibilité de sanguin fébrile, le manque de sérénité, l'élitisme, les réactions crispées jusqu'à l'injustice. L'homme n'était pas un saint. On lui reprocha son égoïsme, les ambiguïtés de sa pensée, la plasticité de ses positions. Mais on l'aima beaucoup aussi ; on loua son savoir et on admira son courage dans les épreuves, sa fidélité à l'Église, corps du Christ, sa passion de la liberté, qui lui fit refuser tant d'honneurs et de dignités. Aussi, l'influence de l'érasmisme, des érasmismes nationaux, fut-elle grande et profonde en Europe bien avant 1540, date de la publication des Opera omnia par Episcopius (Nicolas Bishoff) et Jean Froben. En Angleterre, dans les Pays-Bas, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie, au Portugal, en Espagne, les écrits d'Érasme ont marqué les meilleurs esprits de l'époque, y compris les chefs de file de tous les « partis » religieux. Certes, les fruits du mouvement n'ont pas tenu les promesses des fleurs écloses dans les années 1516-1521, mais il serait injuste de conclure, comme on l'a fait, à un bilan d'ensemble décevant, qui ne se comprendrait, à la rigueur, que pour la France. L'influence rayonnante du Hollandais semble bien s'y arrêter en effet en 1534, avec la sinistre affaire des Placards, même si du Bellay puise dans les Adages pour décorer certains sonnets des Regrets, même si Montaigne, à travers les Œuvres morales de Plutarque, retrouve, sans toujours le reconnaître, le sillage interrompu de la pensée d'Érasme.

De nos jours, où l'on met volontiers en relief ce qu'Érasme doit aux humanistes qui l'ont précédé, ses idées pédagogiques, littéraires, sociales, politiques, religieuses, économiques même, gardent de leur valeur. Si ses travaux philologiques, remarquables pour son temps, se trouvent maintenant dépassés, si l'on peut regretter que son humanisme, plus inspiré qu'incarné, privilégie trop constamment dans l'homme le monde spirituel et ne fasse pas sa place à une légitime volonté de bonheur au ras du sol, notre époque reste particulièrement sensible à son amour de la paix, à son sens de la modération, à sa confiance dans l'Esprit. L'Europe qui se cherche ne peut oublier qu'Érasme voulut, voici plus de cinq cents ans déjà, faire revivre la République chrétienne des peuples européens dans une unité culturelle et religieuse, héritière de la civilisation méditerranéenne. Au temps du concile et des synodes, l'Église, confrontée à une grave crise de pensée et de théologie, médite l'exemple de celui qui eut à cœur, dans des circonstances analogues, de maintenir son unité contre toutes les bourrasques. Grâce aux traductions qui se multiplient en langues modernes, à l'édition critique intégrale préparée par l'Académie royale des sciences des Pays-Bas, l'œuvre, à la fois sérieuse et pleine de verve, du prince des humanistes retrouve une incontestable actualité. Nomen Erasmi numquam peribit !.