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Guinée équatoriale

en espagnol Guinea Ecuatorial, anciennement Guinée espagnole

Nom officiel : République de Guinée équatoriale

Carton de situation - Guinée équatoriale
Drapeau de la Guinée équatoriale
Drapeau de la Guinée équatoriale

État d'Afrique centrale baigné à l'ouest par l'océan Atlantique (golfe de Guinée), la Guinée équatoriale est limitée au sud et à l'est par le Gabon, au nord par le Cameroun.

  • Superficie : 28 100 km2
  • Nombre d'habitants : 757 000 (estimation pour 2013)
  • Nom des habitants : Équato-Guinéens ou Équatoguinéens
  • Capitale : Malabo
  • Langues : espagnol et français
  • Monnaie : franc C. F. A.
  • Chef de l'État : Teodoro Obiang Nguema Mbasogo
  • Chef du gouvernement : Francisco Pascual Obama Asue
  • Nature de l'État : république
  • Constitution :
    • Adoption : 16 novembre 1991
    • Révision : janvier 1995
Pour en savoir plus : institutions de la Guinée équatoriale

GÉOGRAPHIE

Le pays comprend la province continentale de Mbini (ancienne Río Muni, 26 000km2), où le vieux socle précambrien, bordé par une plaine côtière, culmine au mont de la Mitra (1 200 m d'altitude), l'île de Bioko (ou Bioco, ancienne Fernando Poo), entièrement d'origine volcanique (pic de Santa Isabel, 3 007 m d'altitude), et plusieurs îles dont Annobón. Le climat, subéquatorial, est chaud (sauf en altitude) et humide. La forêt, très dégradée à Bioko, couvre presque tout le Mbini.

La population est principalement d'origine bantoue. Elle a stagné entre la fin des années 1960 et la fin des années 1970, en raison notamment de nombreux massacres et du départ en exil de plus de 100 000 personnes. L'espagnol, héritage de la colonisation et, plus récemment, le français sont les langues officielles.

Relativement prospère au temps de la présence espagnole, grâce au café, au cacao et au bois, l'économie équato-guinéenne s'est effondrée sous le régime dictatorial de Macías Nguema. Tout au long des années 1980, l'aide internationale, principalement européenne, maintient artificiellement en survie l'économie exsangue de ce pays. Celui-ci s'arrime à la zone franc en 1985 puis à l'Union pour le développement économique de l'Afrique centrale (U.D.E.A.C.). Avec les années 1990 s'ouvre une nouvelle période dominée par l'essor de la production de bois (qui a quadruplé entre 1991 et 1996) et surtout par celui de la production de pétrole, qui tend à transformer le pays en une sorte d'émirat du continent africain. Les premiers gisements pétroliers avaient été découverts au début des années 1980 à la limite des eaux territoriales du Cameroun ; les importants gisements d'Alba, toujours au large de l'île de Bioko, furent découverts en 1991. Les réserves prouvées de pétrole confèrent aux autorités, sinon à l'ensemble de l'économie, une source importante de revenus et une audience accrue sur la scène internationale.

HISTOIRE

1. Une colonisation espagnole tardive

La Guinée espagnole, entre Cameroun et Gabon, est constituée au traité du Pardo (1778), à la suite de la cession par le Portugal de l'établissement qu'il occupait depuis le xve siècle et qui comportait les îles d'Annobón et de Fernando Poo ainsi qu'une partie de la côte. Le pays était peuplé de Ndowés, qui avaient servi d'intermédiaires aux Portugais pour la traite des Noirs et la « troque ». L'Espagne n'intervient officiellement dans la région qu'en 1843, les Anglais occupant effectivement Fernando Poo de 1827 à 1845. Le représentant de l'Espagne, Lerena, obtient sur le continent l'allégeance de nombreux chefs ndowés de la côte, du río Benito au cap Santa Clara. Annonbón se rallie à l'Espagne également en 1843. Le premier gouverneur espagnol prend possession de la colonie en 1858. À la fin du xixe siècle, les migrations fangs parviennent jusqu'au rivage du río Muni, tandis que les Krus se métissent à Fernando Poo avec les autochtones pour donner les Fernandinos. La France conteste l'occupation de la côte, et le problème n'est tranché qu'en 1900 par le traité de Paris, réduisant l'emprise espagnole sur le continent. L'intérieur du Río Muni n'est effectivement occupé qu'en 1926. La colonie devient province espagnole en 1959, alors que dès 1950 certains ont évoqué l'indépendance.

2. De l'indépendance à la dictature de Macías Nguema

Le Movimiento Nacional de Liberación de Guinea Ecuatorial (MONALIGE) est définitivement constitué en 1962. À la suite d'un référendum (décembre 1963), la Guinée espagnole obtient son autonomie le 1er janvier 1964, et l'indépendance est acquise en 1968 par un référendum constitutionnel, créant une république indivisible. Le 29 septembre 1968, Macías Nguema, un Fang du clan Esangui, devient président de la République.

Dès 1969, la situation se tend avec l'Espagne, qui envoie des parachutistes en février pour protéger l'évacuation de plusieurs milliers de ses ressortissants. Macías ferme les entreprises espagnoles et, au même moment, les travailleurs nigérians commencent à retourner chez eux. La Guinée équatoriale se trouve sans cadres, tandis que l'Espagne éponge le déficit budgétaire.

Dès 1970 tous les partis politiques sont supprimés et remplacés par le Partido Unico Nacional (PUN), qui devient le Partido Unico Nacional de los Trabajadores (PUNT) en 1972. Un régime despotique (et népotique) est mis en place. Les conseillers militaires soviétiques font leur apparition ainsi que des techniciens chinois. Les arrestations et les assassinats se multiplient ; l'exode des Équato-Guinéens s'accélère et, bientôt, un tiers des habitants peut être considéré comme ayant fui le pays. Une mutinerie et une tentative de coup d'État sont réprimées en 1974. La situation économique se dégrade de plus en plus, la Chine réduit son aide, la CEE suspend la sienne. Le 3 août 1979, une révolution de palais conduite par le colonel Teodoro Obiang Nguema Mbasogo destitue F. Macías Nguema, qui, aidé par des mercenaires venus de Cuba ou de l'Europe de l'Est, tente une contre-offensive et finit par être arrêté et exécuté en septembre.

3. La présidence de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

Le pouvoir, représenté par un Conseil militaire suprême présidé par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, reste aux mains d'une équipe militaire d'ethnie fang qui jugule toute opposition.

Autocratie et népotisme, loin d'avoir disparu, profitent au nouvel homme fort – neveu de l'ancien dictateur Macías Nguema – et à son clan. Reconduit dans ses fonctions en août 1982, puis en juin 1989, le président T. O. Nguema Mbasogo ne consent qu'à une timide démocratisation, sous la pression notamment de l'Espagne et de la France – qui a admis la Guinée équatoriale dans la zone franc en 1985, puis dans la francophonie en 1988.

Le multipartisme est institué en 1992 et les premières élections législatives pluralistes se déroulent en novembre 1993. Remportées par le parti du président, le parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), ces élections sont marquées par une forte abstention et par le boycott d'une partie de l'opposition. En février 1996, T. O. Nguema Mbasogo est réélu pour un nouveau mandat de sept ans, avec près de 98 % des suffrages exprimés.

Aux élections législatives de mars 1999, le PDGE remporte 75 des 80 sièges que comporte la Chambre des représentants. Entachées d'irrégularités, ces consultations électorales soulignent toutes les limites du processus de démocratisation. Pour se maintenir au pouvoir, le chef de l'État dispose de l'atout que constitue le pétrole, dont la production n'a cessé de croître depuis le début des années 1990. Outre la richesse qu'elle procure au clan du président, la manne pétrolière tend à compenser la baisse de l'aide au développement consécutive à la lassitude éprouvée par certains bailleurs de fonds devant les violations répétées des principes de la démocratie et des droits de l'homme.

Le 15 décembre 2002, T. O. Nguema Mbasogo est réélu avec 97,1 % des suffrages exprimés. Candido Muatetema Rivas, Premier ministre depuis février 2001, est reconduit dans ses fonctions, à la tête d'un « gouvernement d'union nationale », qui continue pourtant d'exclure l'opposition. Lors des élections législatives du 25 avril 2004, le PDGE et ses alliés, regroupés dans la coalition « Opposition démocratique », remportent respectivement 49,3 % et 42,4 % des suffrages, soit 68 et 30 sièges sur 100. Le chef de l'opposition, Plácido Micó Abogo, secrétaire général de Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), qui obtient 6 % des suffrages, conteste les résultats. Le même jour, le parti au pouvoir rafle 237 sièges sur 244 aux élections municipales récoltant dans plusieurs circonscriptions des scores dépassant 99 % des voix. Miguel Abia Biteo Borico forme le nouveau gouvernement. Accusé de corruption par le président T. O. Nguema Mbasogo, il démissionne en août 2006. Il est remplacé par Ricardo Mangue Obama Nfubea, qui cède lui-même la place à Ignacio Milam Tang en juillet 2008. La domination du parti présidentiel est encore renforcée à la suite des élections anticipées de mai 2008, tandis que le 29 novembre 2009, le président sortant est réélu avec plus de 95 % des voix devant P. Micó Abogo. En mai 2012, T. O. Nguema Mbasogo nomme Ignacio Milam Tang premier vice-président de la République (lui succède au poste de Premier ministre Vicente Ehate Tomi), tandis qu'à son propre fils, Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorín, échoit la fonction de deuxième vice-président de la République. Sans surprise, les élections parlementaires de 2013 sont remportées par le PDGE qui, sans donner son pourcentage de victoire ou le taux de participation, se contente d'assurer avoir remporté la majorité absolue dans toutes les circonscriptions ; le CPDS obtient un unique siège au Parlement, un autre au Sénat, et cinq sièges de conseillers municipaux.

Devenu le troisième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, la Guinée équatoriale mène une politique de rapprochement avec l'Espagne, le Nigeria, les États-Unis et la Chine. Elle s'implique également dans un processus d'intégration régionale en accueillant en juin 1999 le premier sommet de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale (CEMAC). Héritière de l'Union douanière et économique d'Afrique centrale (UDEAC), qui avait été mise en place après l'accession des pays d'Afrique centrale à l'indépendance, la CEMAC réunit le Cameroun, le Centrafrique, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. Instituée par le traité du 16 mars 1994, elle a l'ambition de mettre en place un véritable marché commun. Le sommet qui se tient dans la capitale équato-guinéenne marque l'entrée en vigueur du traité, avec la nomination des responsables des institutions créées et l'adoption d'un plan d'action, dit « Déclaration de Malabo ».