En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

la Flûte enchantée

Wolfgang Amadeus Mozart
Wolfgang Amadeus Mozart

Singspiel (œuvre musicale pour le théâtre, mi-chantée, mi-parlée), en allemand et en deux actes de Wolfgang  Amadeus Mozart sur un livret d'Emanuel Schikaneder (d'après le conte oriental Lulu ou la Flûte enchantée de Christoph Martin Wieland et Johann August Liebeskind), créé à Vienne en 1791.

Personnages

Tamino, prince (ténor)
Papageno, oiseleur (baryton)
La Reine de la nuit (soprano colorature)
Pamina, sa fille (soprano)
Trois dames, émissaires de la Reine de la Nuit (3 sopranos ou 2 sopranos, 1 mezzo-soprano)
Sarastro, Grand-Prêtre du Royaume de la Lumière (basse profonde)
Monostatos, son serviteur maure (ténor)
Trois garçons (sopranos)
L'Orateur (basse)
Papagena, promise de Papageno (soprano)

Argument

Sous l'apparence d'un conte de fée, cette œuvre, dont l'argument repose sur l'idée de la lutte entre les Ténèbres et la Lumière (l'ignorance et la connaissance), résume le contenu de la philosophie maçonnique. Deux personnages ennemis (la Reine de la nuit et Sarastro) symbolisent ces deux univers, tandis que les épreuves initiatiques imposées à l'amour de deux jeunes gens (Tamino et Pamina) doivent leur permettre d'accéder à la vertu et à la sagesse. Quant au couple Papageno-Papagena, il est le pendant comique et populaire de Tamino et Pamina. Pour affronter les épreuves qui leur sont réservées, Tamino entre en possession d'une flûte magique, symbole de la musique, et détenant par conséquent le pouvoir de l'aider à traverser celles-ci.

Analyse

Le dernier opéra de Mozart (K 620) est une œuvre ouvertement ésotérique, chargé de références maçonniques et même, de façon très concrète, celles de la maçonnerie viennoise à laquelle Mozart appartenait. Si, scéniquement et musicalement, la première impression de l’œuvre peut être celle d’un mélange des genres, depuis la farce musicale jusqu’au « mystère » musical et religieux, voire liturgique, on s’aperçoit très vite que l’unité est absolue. Le génie de Mozart a fondu dans le creuset de son langage sonore et visuel tous les genres pour faire de la Flûte une sorte de parabole du monde : trois couples ici encore, mais qui recouvrent l’ensemble du cosmos, depuis les règnes minéral et animal jusqu’à des sortes de démiurges du bien et du mal, des ténèbres et de la lumière, dont il n’est pas difficile de se rendre compte qu’ils ont une signification théologique.

Dans l’unique air de Pamina, on entend le Kyrie de Munich (KV 368a) ; la supplication de l’humanité « chassée du paradis » se retrouve lorsque Pamina chante le bonheur perdu de l’amour véritable. Dans le duo des hommes en armes, au moment où Tamino et Pamina affrontent les épreuves du feu et de l’eau, Mozart met en œuvre, dans une polyphonie dont la densité dépasse tout l’art des contrapuntistes antérieurs, trois thèmes liturgiques : le choral Ach Gott vom Himmel sieh darein, le Kyrie de la Missa « Sancti Henrici » du maître de chapelle salzbourgeois H. I. F. Biber et le choral Christ unser Herr zum Jordan kam (c’est le baptême dans l’eau et le feu de l’Esprit). Dans la Flûte, Mozart exprime sa foi et sa vision du monde, son idéal ; il parle pour ainsi dire à travers tous ses personnages, et singulièrement Sarastro, Tamino bien entendu, mais aussi le touchant et cocasse Papageno.

Musicalement enfin, cette partition est la somme et la fusion de toutes les inspirations de Mozart. Commentaire personnel de celui-ci, elle exprime l'opposition entre ces deux mondes, campe la psychologie de chaque personnage dans des airs remarquables par la justesse des sentiments exprimés (air de la Reine de la nuit, air de Pamina).