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Points de distance

distance

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Consulter aussi dans le dictionnaire : distance

distance
nom féminin
(latin distantia)

 Intervalle qui sépare deux points dans l'espace ; longueur de l'espace à parcourir pour aller d'un point à un autre : Quelle est la distance de la Terre à la Lune ?

 Recul pris par le locuteur par rapport à sa propre énonciation.

Géométrie

 Distance d'un point A à une droite, un plan ou un hyperplan affine E, borne inférieure de AM M appartient à E. (On parle parfois de distance géométrique.)

Dans un assemblage désordonné d'atomes de diamètre a, deux distances caractéristiques sont importantes. Tout d'abord la distance moyenne d entre les atomes. Il est relativement facile de la relier au nombre n de molécules par unité de volume en exprimant que chaque atome occupe en moyenne un volume d3. Une unité de volume est donc remplie par n petits volumes d3, soit d= 1. La distance moyenne d varie ainsi comme la racine cubique de l'inverse de n.

Une seconde longueur, L, nommée libre parcours moyen, est la distance moyenne que parcourt un atome sans entrer en collision avec un autre atome. On schématise une collision par le fait que la distance entre les centres de deux atomes devient égale ou inférieure à 2a. Une telle collision se produit si, durant le mouvement d'un atome le long d'une direction, le centre d'un autre atome se trouve à l'intérieur du cylindre de rayon 2a axé selon cette direction. Dans un cylindre de longueur L, un seul centre d'atome est présent en moyenne. Le volume du cylindre est donc le volume moyen occupé par un atome : π (2a)2 . L = 1/n. La longueur L est donc inversement proportionnelle au nombre n d'atomes par unité de volume.

Dans un liquide, les atomes sont au contact les uns des autres dans un assemblage mouvant mais compact. Les trois longueurs a, d et L sont du même ordre, c'est-à-dire comprises entre 0,1 et 1 nm.

Dans un gaz à la pression atmosphérique, la masse volumique typique est de 1 kg/m3, soit mille fois moins que celle des liquides. Dans un liquide, le nombre d'atomes par centimètre cube est de l'ordre de 1022, tandis que dans un gaz il est de l'ordre de 10−9. La distance moyenne d entre deux atomes dans le gaz est typiquement de 3 nm, alors que le libre parcours moyen L est cent fois plus grand, soit environ 0,3 μm.

GÉOMÉTRIE

Dans le plan affine euclidien E2 rapporté à un repère orthonormé , la distance d'un point M0 (x0, y0) à une droite D d'équation cartésienne ax + by + c = 0 est donnée par

.

Dans l'espace affine euclidien E3 rapporté à un repère orthonormé , la distance d'un point M0 (x0, y0, z0) à un plan P d'équation cartésienne

ax + by + cz + d = 0 est

.

LINGUISTIQUE

Les trois types de distance

Dans le cadre d'une poétique générale, au sens que G. Genette emprunte à Valéry, la notion de distance permet de rendre compte d'un certain nombre de caractéristiques de la narration et de contribuer à une typologie des formes romanesques. Il ne s'agit toutefois que d'une métaphore opératoire, dont les usages sont multiples et complexes. On considère généralement trois types de distances : celle que peut prendre en général un narrateur par rapport à son énonciation d'une part, à son énoncé d'autre part, celle qu'il peut prendre en particulier par l'intermédiaire des personnages qu'il représente ; celle qui peut séparer le narrateur (implicite ou manifeste) du narrataire (implicite : le lecteur potentiel, ou désigné explicitement dans l'acte d'énonciation).

Dans la première acception, on peut mesurer la présence du narrateur dans son texte ; celle-ci est variable selon les formules narratives adoptées (récit à la 1re personne, récit à la 3e personne, passé, présent, etc.), selon que le narrateur fait référence ou non explicitement à son acte d'énonciation, selon qu'il s'implique ou non lui-même comme personnage de sa narration. Interviennent alors, comme manifestations de la distance que prend un narrateur par rapport à sa narration, divers éléments linguistiques et rhétoriques : jeu des temps, modalisations, variations style direct / style indirect ou indirect libre, jugements de valeur d'ordres divers, incises à caractère de maximes, etc. Entre le narrateur qui dit « je » et se met en même temps en scène comme personnage (impliquant donc une vision subjective) et celui qui s'« efface » le plus possible (récit « objectif » à la 3e personne, au passé) se déploie une gamme infinie de positions narratives que les romanciers savent exploiter.

Trois cas de figures principaux

La distance que prend un narrateur par rapport aux événements racontés, par l'intermédiaire de ses personnages, peut elle aussi faire l'objet de variations multiples. On peut distinguer trois cas de figures principaux : le narrateur « omniscient », qui décrit, explique la conduite de ses personnages, pénètre à l'intérieur de leur conscience, mais livre aussi au lecteur plus d'informations qu'aucun d'entre eux ne peut posséder : c'est ce que J. Pouillon appelle la vision « par-derrière » et dont l'exemple type est Balzac (c'est aussi le cas de Mauriac dans la critique fameuse qu'en fit Sartre) ; le narrateur pur « spectateur », qui en « sait » moins que n'importe lequel de ses personnages, n'a accès à aucune conscience : il feint alors de décrire objectivement les événements, de s'interroger parfois sur les motivations de ses personnages, etc. C'est ce que J. Pouillon appelle la vision « du dehors » (Dos Passos, Hemingway, Steinbeck, Dashiell Hammett) ; les « restrictions de champ » : le narrateur peut « voir » les événements uniquement par l'intermédiaire de l'un de ses personnages (le réalisme subjectif stendhalien) ou de plusieurs successivement : c'est la « vision avec », dont l'Anneau et le Livre de Robert Browning constitue une illustration canonique.

On peut enfin, en considérant l'autre bout de la chaîne énonciative, mesurer la distance qui sépare le narrateur du narrataire, et la présence de celui-ci dans l'énonciation. Ainsi, dans le roman par lettres, chaque personnage est à la fois narrateur et narrataire fictif, ce qui crée une distance supplémentaire entre le narrateur réel (Laclos) et le narrataire réel (le lecteur). Dans la Modification, Michel Butor tente au contraire, par l'utilisation du « vous », d'abolir la distance entre le personnage et le lecteur-narrataire, et de le convertir en définitive en narrateur. Dans Jacques le Fataliste, Diderot souligne cette distance entre narrateur et narrataire, mais tente en même temps de la réduire, en s'adressant directement au lecteur. Les formules sont multiples, chacun de ces divers éléments pouvant s'associer à d'autres, selon des règles combinatoires que la poétique contemporaine s'efforce de préciser. (→ focalisation.)

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