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Aristide Briand à la Société des Nations, Genève, 1er septembre 1931

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Aristide Briand à la Société des Nations, Genève, 1er septembre 1931
« Un acte de foi sincère et ardent dans la Société des Nations »
Aristide Briand, plusieurs fois premier ministre et ministre des Affaires étrangères de la IIIème République après la Première Guerre mondiale, s'est montré partisan de la coopération internationale, et d'un rapprochement entre la France et l'Allemagne. Il a toujours été favorable à la Société des Nations, crée par un pacte annexé aux traités de paix suivant la Première Guerre mondiale, pour éviter une nouvelle guerre en réglant par arbitrage les conflits entre Etats. Comme le rappelle le ministre, la Société des Nations a eu des débuts difficiles puisque les Etats-Unis avaient refusé d'y entrer, et que ni l'Allemagne ni l'URSS n'y avaient été admises. Pourtant, au moment où Briand prononce ce discours optimiste, il a toutes les raisons de croire en ce qu'il dit : la question des réparations financières, qui empoisonnait les relations franco-allemandes, a été réglée par différents pactes, l'Allemagne vient d'obtenir un siège permanent à la SDN, et lui même a de très bonnes relations avec Streseman, son homologue allemand. Ce discours très académique semble d'autant plus convaincant que Briand apparaît comme un « apôtre de la paix » : il a reçu en 1926 le Prix Nobel de la Paix, et est ministre des Affaires étrangères depuis cette date. En fait, la paix est précaire : la crise économique qui sévit depuis deux ans, comme la montée des régimes autoritaires, menace déjà l'équilibre européen.
Institut des Archives Sonores
« Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Premier délégué de la France, je viens cette année, comme les précédentes, apporter à cette tribune un acte de foi sincère et ardente dans la Société des Nations. La Société des Nations fit ses premiers pas dans une atmosphère de doute et de ridicule, elle s'est constituée, elle a marché, elle a travaillé, elle a rendu des services, elle a donné confiance. Et aujourd'hui malgré tout, elle a poussé dans la conscience des peuples des racines trop profondes pour quelque coup de vent sur le haut de ses frondaisons puisse l'ébranler dans ses fondements. »
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