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phrygien

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. En musique grecque antique, le terme phrygien, faisant référence au peuple barbare de ce nom situé au nord du monde grec (Thraces et Daces de la Roumanie actuelle), a désigné successivement :
a) une ancienne « harmonie » (échelle ré, mi, mi demi-dièse, fa, la, si, si demi-dièse, do, mi) de genre enharmonique, propre, selon Platon, à exciter les vertus guerrières ;
b) un « ton de transposition » désignant à l'origine une tessiture moyenne, entre le dorien grave et le lydien aigu, puis inséré avec ses hypos et ses hypers dans un système plus complexe (→ DORIEN) ;
c) un « aspect d'octave » en vue de l'accord des instruments, correspondant, en genre diatonique, aux intervalles de l'octave de à ré, dans les genres chromatique et enharmonique à l'octave sur l'échelle correspondante des notes qui y remplacent le diatonique (do dièse en chromatique, do bécarre en enharmonique).

2. Au Moyen Âge, le terme a été indûment appliqué au 3e mode grégorien (deutérus authente), soit un mode de mi à dominante do (anciennement si).

3. En 1573, Zarlino lui a donné le sens de mode de ré, devenu pratiquement mineur, qui a coexisté selon les auteurs avec celui de mode de mi (ou mi mineur) conservé en simplification de sens médiéval no 2. Pour des raisons différentes (extension abusive du sens no 1 c), l'école de Gevaert, au début du xxe siècle, a également appelé phrygien (ou phrygisti), en l'appliquant à sa théorie des modes grecs, l'octave de sans altération, le rapprochant ainsi du dorien des nomenclatures médiévales (1er ton grégorien), pour qui le phrygien était le mode de mi (3e ton).

4. En dépit de nombreux flottements, le sens actuellement le plus employé reste, par extension du sens no 2, celui d'un mode de mi sans altération (mi, fa, sol, la, si, do, ré, mi).