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carillon

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Jeu de cloches (sans battant), de timbres ou de tubes permettant un jeu mélodique plus ou moins étendu et varié suivant le nombre de ses éléments (quatre notes seulement pour les carillons primitifs et même ensuite pour certains carillons célèbres, comme le carillon de Westminster).

À l'origine, qui semble remonter au haut Moyen Âge en ce qui concerne l'Europe occidentale, les corps sonores étaient frappés à l'aide d'un ou deux petits marteaux tenus à la main, comme c'est encore le cas du carillon d'orchestre (→ CLOCHES). Mais, à partir du xive siècle et jusqu'au xvie, qui vit son apogée aux Pays-Bas et sa large diffusion dans les pays voisins, le carillon connut des perfectionnements considérables. Les cloches se multipliant, chacune fut pourvue d'un marteau articulé, relié par câble à l'une des touches d'un gros clavier que le carillonneur frappait à coups de poing. Les modèles les plus importants étaient même munis d'un pédalier. Ainsi l'humble sonneur finit-il par se doubler d'un virtuose, voire d'un improvisateur, à l'occasion des fêtes carillonnées.

D'autre part, le rôle fonctionnel du carillon en tant que complément des cloches d'église ou de beffroi entraîna l'invention de dispositifs mécaniques déclenchés par l'horloge elle-même. Le carillon put alors jouer automatiquement, à des heures déterminées, des airs préalablement « enregistrés » sur des cylindres à picots, ou plutôt à taquets, qui actionnaient les marteaux. Les carillons de ce type étaient parfois associés à des automates dont certains (jacquemarts) participaient à la percussion des cloches. Il en est qui fonctionnent encore, notamment en pays flamand où ils ont été soigneusement conservés, restaurés ou reconstitués. Par la suite, les marteaux ont été mis en mouvement par des systèmes pneumatiques, puis électriques, commandés par un clavier ordinaire qui peut éventuellement, dans le cas des carillons d'église, faire partie de la console de l'orgue. Signalons, enfin, les carillons électroniques, qui ne font qu'imiter la sonorité joyeuse et cristalline des cloches.

Les carillons de porte, faits d'une grappe de tubes métalliques qui tintent en s'entrechoquant, ne sont pas à proprement parler des instruments de musique. En revanche, des carillons de bambou, tout à fait semblables aux carillons de porte sauf quant à la matière première, ont leur place parmi les percussions dans certains ensembles extrême-orientaux, et même dans les orchestres occidentaux modernes sous le nom anglais de wood-chimes, qui signifie littéralement « carillon de bois ».

Le terme de carillon s'applique également aux morceaux de musique conçus non seulement pour le carillon, mais pour d'autres instruments chargés de l'évoquer (clavecin, piano, et, très fréquemment à l'époque moderne, orgue : Carillon de Marcel Dupré, Carillon de Westminster de Louis Vierne). Au xxe siècle, l'art des carillonneurs a connu une renaissance, actuellement personnifiée, en France, par exemple, par Jacques Launoy.