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Yuan

La Chine des Song et des Yuan
La Chine des Song et des Yuan

Dynastie mongole qui régna en Chine de 1279 à 1368.

Elle fut fondée par Kubilay, qui poursuivit la conquête de la Chine méridionale et mit fin à la dynastie des Song du Sud. Formant une petite minorité au milieu de la population chinoise, les Mongols s'efforcèrent d'associer les Chinois à la gestion du pays mais maintinrent de fortes discriminations ethniques. Ils s'aliénèrent ainsi la population chinoise, qui commença à se soulever dès 1300.

ARTS

Après le raffinement splendide des Song, l'accession au pouvoir de la dynastie mongole des Yuan (1260-1368), avec Genghis Khan et son fils Kubilaï Khan, ne pouvait que marquer une coupure dans l'histoire de l'art chinois. Les empereurs Yuan étant peu portés au grand mécénat, les lettrés et artistes, par ailleurs opposés à la domination étrangère, s'installent à l'écart de la cour, dans la région de Jiang Si Anhui. La production picturale prend un caractère privé et parfois contestataire.

Rupture avec l'art des Song

La rupture la plus sensible se manifeste dans l'architecture. Après la hardiesse gracieuse des édifices song aux savants enchevêtrements de consoles, les bâtiments yuan adoptent des lignes plus régulières, plus massives (le style n'en changera pas beaucoup jusqu'au xixe s.).

Dans l'ensemble, l'artisanat (pierres dures, céramiques) des Yuan représente un moment de décadence entre les dynasties Song et Ming. Les fours de King Tö Tchen restèrent actifs, mais les formes pures et les glaçures raffinées des Song ne furent pas perpétuées. Il faut toutefois mentionner une abondante production de très beaux « bleu et blanc », fort appréciés des collectionneurs. La faveur accordée au bouddhisme, pour des raisons politiques (facteur d'unification des idées, religion des nomades constituant les catégories ethniques privilégiées), se concrétise par une production intéressante de sculptures à thèmes religieux (bois, terre cuite vernissée) et par l'arrivé d'artisans népalais (bouddhistes lamaïstes).

Les peintres lettrés

La période des Yuan est riche de grands peintres. Pourtant, presque tous, méprisant les conquérants barbares, s'éloignèrent de la cour pour peindre dans l'intimité. Tchao Mong-fou (1254-1322) fait exception à la règle : il eut accès à des hautes charges (ce sont d'ailleurs des lettrés tels que lui qui, en civilisant les Mongols, contribuèrent le mieux à leur chute). Cet excellent calligraphe fut un spécialiste de la peinture de chevaux, mais aussi un grand paysagiste, original et sensible (il ne peignait pas pour la cour, mais pour son plaisir).

Hormis Tchao Mong-fou, c'est dans le sud de la Chine que vivaient les « Quatre grands Maîtres » des Yuan. Le premier est Hao K'o-kong (né vers 1248), continuateur des paysages brumeux de Mi-Fou. Houang Kong-wang (1269-1354), quant à lui, peignit des œuvres épurées, détachées de tout souci décoratif. Ni Ts'an (1301-1374) est l'un des plus grands noms de la peinture chinoise ; sa concision dans l'expression est remarquable : « il utilisait son encre comme si c'eût été de l'or ». Quelques arbres dénudés et quelques silhouettes de montagnes lui suffisent à suggérer un monde. Wang Meng (vers 1300-1385) est très différent : ses paysages sont tourmentés et encombrés, ses traits sont précis et serrés, la force de ses compositions est impressionnante (il devait mourir en prison en 1385, sous les Ming, pour avoir occupé un poste sous les Mongols).

Une réponse à l'occupation

Il convient de souligner le rôle symbolique de certains thèmes picturaux, en particulier celui du bambou, cher aux lettrés yuan. Il symbolise en effet le lettré intègre qui se courbe sous le vent de l'adversité de l'occupation mongole, mais reste prêt à se redresser. Wou Tchen et Ni Ts'an furent d'excellents peintres de bambous. Signalons enfin une intéressante peinture de Jen Jen-fa, Cheval gras et cheval maigre (musée de Pékin), censée figurer deux lettrés, le « collaborateur » (cheval gras) et le « patriote » (cheval maigre).