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Ming

La Chine des Ming
La Chine des Ming

Dynastie impériale chinoise (1368-1644), qui succéda en Chine à la dynastie mongole des Yuan.

Fondée par Zhu Yuan-zhang (→ Hongwu), elle eut ses capitales à Nankin et plus tard (1409) à Pékin. Ses empereurs les plus importants sont : Yongle (1403-1424) et Wanli (1573-1620). Détrônés par les Mandchous (prise de Pékin et suicide du dernier empereur en 1644), les Ming se replièrent jusqu'au Yunnan, et le dernier prétendant, réfugié en Birmanie, fut livré aux Mandchous (1661) et mis à mort.

BEAUX-ARTS

Conservatrice et conventionnelle, tournée vers le passé et peu créatrice malgré quelques aspects brillants, l'époque Ming marque la dernière renaissance nationale chinoise.

La peinture

De toute la peinture chinoise, la première à être appréciée en Europe a été la peinture Ming. Cette époque n'est pourtant guère créative.

La peinture officielle

Il est significatif à cet égard que les xvie et xviie s. aient vu la naissance des traités picturaux (recueils de modèles, tel le Jardin grand comme un grain de moutarde), et un goût croissant pour les collections d'art. La peinture officielle, en particulier, se veut un retour aux sources. Les empereurs Ming ont tenté de reconstituer l'académie des Song, mais les règles en étaient si rigides qu'elles ne pouvaient guère favoriser l'éclosion de grands talents. Un peintre fut même renvoyé de l'Académie pour avoir peint en rouge le vêtement d'un pêcheur (cette couleur étant réservée à la robe des fonctionnaires). Il y eut néanmoins de bons artistes, tels que Tai Tsin et Liou Ki.

Les peintres indépendants

C'est chez les peintres indépendants de l'école des lettrés qu'il faut chercher une réaction à cet académisme figé. Le premier en date est Chen Tcheou, ermite et lettré modèle ; son élève Wen Tchengming est célèbre pour ses pins et ses genévriers tourmentés. T'ang-yin (1479-1523), peintre des mœurs aristocratiques, se signale par son attitude cynique. Il se disait « le peintre le plus talentueux au sud du Yang Tsé », fréquentait maisons closes et tripots, mais surtout allait jusqu'à vendre ses œuvres, ce qui était le comble de la déchéance pour un gentilhomme. Sa conduite lui était, en fait, inspirée par la rancur : injustement éliminé aux examens, il bafouait la classe des lettrés et ses idéaux. Par contraste, Tong K'i-Tch'ang se posait en théoricien de l'esthétique pure. Pour lui, la peinture devait être pour l'homme noble l'occasion de manifester sa compréhension de la loi morale qui gouverne la nature. À l'opposé de l'académisme, cette position pouvait mener à un esthétisme tout aussi froid. Et, pour parfaites que soient les peintures à l'encre noire de Tong K'i-Tch'ang, la transparence et la sécheresse trahissent une âme hautaine et dédaigneuse. C'est lui qui instaura la théorie des « deux écoles », distinction arbitraire qui condamnait sans appel tout artiste ne se rangeant pas aux idéaux des lettrés.

La porcelaine

Pour l'Occidental, le nom même de Ming est synonyme de porcelaine ; pourtant, l'amateur averti préfère les productions plus anciennes. Ce que la porcelaine chinoise gagne en perfection technique, elle le perd en pureté. Outre une abondante production de blancs dans les fours de Tö Houa au Tche Kiang (en particulier les fameuses statuettes de Kwan In, mille fois copiées), il faut signaler un goût prodigieux pour les « blanc et bleu » (les plus beaux datent du règne de Siuan-tö, 1426-1435), reproduits au Japon, en Perse et jusqu'à Delft. Plus caractéristiques du goût Ming, cependant, sont les émaux « trois couleurs » (san-ts'ai), qui utilisent des teintes nouvelles (violet aubergine, turquoise), et les « cinq couleurs » (porcelaine blanche à émaux), à décors de rinceaux. La production est exportée dans les pays étrangers ; déjà certains fours fabriquent les mêmes pièces en deux qualités, la plus médiocre étant réservée à l'exportation. Les nécessités d'une production de plus en plus massive (les meilleurs fours travaillent pour la cour et fabriquent des services de plusieurs milliers de pièces) ne feront par ailleurs qu'accentuer un déclin déjà sensible.

Plus que du grand art, donc, et si l'on excepte une certaine renaissance de la statuaire bouddhique (dont la vigueur se retrouve dans les personnages des tuiles faîtières), l'époque Ming est celle de l'artisanat de luxe, varié et précieux, destiné à une vaste clientèle de marchands enrichis : émaux cloisonnés (inspirés par l'art arabe), laques ciselés, jades, tissus luxueux et tapis.