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l'Âge d'or

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des films ».

Film d'avant-garde de Luis Buñuel, avec Gaston Modot (l'homme), Lya Lys (la femme), Germaine Noizet, Lionel Salem, Max Ernst (le chef des bandits).

  • Scénario : Luis Buñuel, Salvador Dalí
  • Photographie : Albert Duverger
  • Musique : Georges Van Parys (arrangements d'après Wagner, Mendelssohn, Mozart, Beethoven, Debussy et des paso-doble)
  • Pays : France
  • Date de sortie : 1930
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 01

Résumé

Le film s'ouvre par un documentaire sur les scorpions, « genre d'arachnides répandus dans les régions chaudes de l'ancien monde ». Puis l'on est transporté dans une île aux abords rocailleux, habitée par des bandits qui végètent dans une misérable cahute. Arrive une délégation de notables, conviés à la pose de la première pierre d'une ville : Rome. Non loin de là, un couple se vautre dans la boue. On les sépare. L'homme, qui a rompu avec un passé d'honorabilité, est amoureux d'une jeune femme de la grande bourgeoisie. Son père, le marquis de X, donne une réception dans son château, qui va être le théâtre d'événements étranges : des ouvriers en charrette traversent le salon, le garde-chasse tue son fils désobéissant sous l'œil amusé des invités… La conclusion nous conduit au château de Selliny, où des libertins se livrent à une criminelle orgie. Le dernier plan montre une croix où sont accrochés des cheveux de femme, sous une bourrasque de neige…

Commentaire

Un film-blasphème

L'Âge d'or est le premier long métrage tourné en France par Luis Buñuel, grâce à une subvention du Vicomte de Noailles, un riche mécène intéressé par le cinéma d'avant-garde (il finança de la même manière des essais de Man Ray et de Cocteau). Buñuel et son ami Salvador Dali, Espagnols émigrés, s'étaient fait connaître par Un chien andalou, un court métrage à l'humour agressif, réalisé dans un style proche de l'« écriture automatique », chère aux surréalistes, qui avait remporté un beau succès de snobisme.

Buñuel renchérit ici dans la subversion, l'érotisme et la violence contestataire, battant en brèche les bonnes mœurs, le bon goût et le bon sens, et exaltant la toute-puissance de « l'amour fou ». Commencé comme un banal reportage zoologique, le film (d'abord intitulé la Bête andalouse) tourne vite à la parade antisociale et antireligieuse. Le comble de la provocation est atteint dans la séquence finale, inspirée des 120 Journées de Sodome, du marquis de Sade, où l'on nous présente un Christ complice d'une orgie. Une violente campagne menée par les ligues d'extrême droite aboutit à l'interdiction du film par la censure, laquelle ne sera levée qu'en 1980 !

Film-cri et film-blasphème, l'Âge d'or formule, selon le Manifeste du surréalisme, « une hypothèse sur la révolution et l'amour qui touche au plus profond de la nature humaine ». Tous les films ultérieurs de Buñuel en prolongeront, plus ou moins explicitement, l'ironie vengeresse.