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le Pont de la rivière Kwai

The Bridge on the River Kwai

Film de guerre de sir David Lean, avec William Holden (Shears), Jack Hawkins (major Warden), Alec Guinness (colonel Nicholson), Sesshu Hayakawa (colonel Saïto), James Donald (docteur Clipton), Geoffrey Horne (lieutenant Joyce).

  • Scénario : Carl Foreman, Michael Wilson (non crédité), Pierre Boulle, d'après son roman
  • Photographie : Jack Hildyard
  • Décor : Donald M. Ashton
  • Musique : Malcolm Arnold
  • Montage : Peter Taylor
  • Production : Sam Spiegel (Columbia)
  • Pays : Grande-Bretagne
  • Date de sortie : 1957
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 41
  • Prix : Oscars 1957 : meilleur film, meilleur metteur en scène, meilleur acteur (A. Guinness), meilleur directeur de la photo, meilleur compositeur, meilleur scénario (C. Foreman)

Résumé

Capturé par les Japonais, un détachement de prisonniers de guerre anglais est conduit à marche forcée au bord de la rivière Kwai, en Birmanie, dans un camp commandé par le colonel Saïto. Celui-ci veut contraindre les prisonniers à participer à la construction d'un pont sur la rivière. Le colonel Nicholson, commandant du détachement de prisonniers, refuse d'abord au nom des conventions de Genève. Les prisonniers font alors l'objet de brimades, Nicholson lui-même est enfermé dans un cachot et torturé par la soif. Les deux chefs finissent par conclure un accord. Nicholson acceptera de construire le pont et de prouver ainsi la supériorité de l'armée britannique. Shears, un prisonnier américain, a pu s'échapper et rejoindre le quartier général allié, aidé par des indigènes. Il sert de guide au commando, dirigé par le major Warden, chargé de dynamiter le pont. Shears, Saïto et Nicholson seront tués. Celui-ci, en tombant sur le détonateur, déclenche involontairement l'explosion.

Commentaire

Spectaculaire, intelligent et beau

Ce film est, à plus d'un titre, un événement dans le cinéma des années 1950. D'abord une date dans l'histoire du film de guerre qui commençait à s'essouffler. Avec le Pont de la rivière Kwai, le point de vue évolue et se nuance. Il n'y a plus, d'un côté les puissances occidentales, nanties à la fois du bon droit et des bonnes méthodes, face à un ennemi à peine silhouetté, mais deux civilisations qui s'opposent, avec leurs coutumes, leurs croyances et les perversions de ces croyances. Pour Saïto, mû par le code d'honneur du bushido, les Anglais sont méprisables parce qu'ils n'éprouvent pas de honte à être battus. S'il est vaincu, il se suicidera. Convaincu que l'Empire britannique a pour mission de faire régner l'ordre et la loi, Nicholson n'a de cesse d'endurer et de persévérer pour imposer sa supériorité morale sur celle des barbares. Pour Shears, l'Américain, la guerre n'est qu'une affaire de survie, dépourvue de toute dimension héroïque, où le plus fort et le plus malin l'emportent.

Confié à David Lean, connu jusque-là pour ses films intimistes, le Pont de la rivière Kwai est le premier film-spectacle d'une série (Lawrence d'Arabie, Docteur Jivago) qui va redorer le blason d'un cinéma fortement concurrencé par la télévision. Les films de Lean, sur ce point, apporteront la preuve qu'il est possible de réaliser, grâce aux nouveaux moyens techniques, des films spectaculaires, intelligents et beaux. Toutes les composantes de cette première réalisation ont été, en effet, également soignées. La construction du scénario, d'après le roman de Pierre Boulle, est particulièrement habile ; le grand écran et la lourdeur des moyens mis en œuvre ne nuisent jamais au rythme du film, à la beauté des cadres, ni à la célérité de la mise en scène. Quant aux acteurs, ils incarneront leurs personnages à un point tel que ces rôles leur colleront pour longtemps à la peau.