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le Gaucher

The Left Handed Gun

Western d'Arthur Penn, avec Paul Newman (William Bonney), Lita Milan (Celsa), John Dehner (Pat Garrett), Hurd Hatfield (Moultrie).

  • Scénario : Leslie Stevens, d'après la pièce de Gore Vidal
  • Photographie : J. Peverell Marley
  • Décor : William Kuehl
  • Musique : Alexander Courage
  • Montage : Folmar Blangsted
  • Production : Fred Coe Haroll (Warner Bros)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1958
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 40

Résumé

Tunstall, un éleveur d'origine anglaise, a engagé comme vacher le jeune William Bonney. Sa richesse et son domaine excitent les jalousies de ses concitoyens de Lincoln qui décident de se débarrasser de lui. Il est tué dans une embuscade, mais ses assassins sont abattus par Bonney qui avait juré de le venger. Traqué, William Bonney passe pour avoir péri dans l'incendie d'une maison et disparaît. Il va devenir un tueur, plus connu sous le nom de Billy le Kid. Un de ses plus anciens amis, Pat Garrett, devenu shérif, décide de le ramener mort ou vif.

Commentaire

L'antiépopée d'un antihéros

Arthur Penn, quand il a commencé la réalisation du Gaucher, venait de la télévision et du théâtre. Peut-être est-ce la raison qui lui fit choisir – pour son premier film – d'adapter à l'écran la pièce du romancier Gore Vidal, la Mort de Billy le Kid, tournée en 1956 pour la télévision par Robert Mulligan, avec, dans le rôle vedette, déjà Paul Newman. Si quelques traces de la pièce subsistent au niveau des dialogues (souvent très « littéraires ») et de l'action (resserrée en quelques scènes clefs), le film est profondément différent. C'est, selon Penn lui-même, un film « non pas sur l'Ouest, mais sur un Ouest. » Écrit à un moment où le genre subit une profonde mutation (les années 1956-1957 voient naître des films novateurs comme le Jugement des flèches, 3 h 10 pour Yuma ou Du sang dans le désert), le Gaucher ne veut pas se cantonner à la geste, déjà bien illustrée, du jeune tueur, interprété par Robert Taylor et Audie Murphy, entre autres. Il se présente comme une antiépopée, centrée moins sur les exploits du personnage que sur le héros – prototype d'ailleurs de l'antihéros – lui-même. Un être en proie à des pulsions qu'il ne comprend pas et, souvent, ne peut maîtriser. William Bonney ne devient lui-même qu'à la mort de son « père », Tunstall, avec lequel il a établi un rapport passionnel qu'il ne peut que reporter sur d'autres. L'homosexualité latente du jeune tueur éclate en plein dans ses rapports avec son ami Garrett, dont il souille symboliquement les noces. Ainsi conçu, si loin des canons du genre, même dans ses aspects les plus novateurs, le film n'eut aucun succès. Le public américain ne goûta guère la façon dont Penn avait terni l'image terriblement virile d'un bandit qui ne fut d'ailleurs jamais gaucher. Pourtant, il donna naissance non seulement à la carrière de l'auteur de Little Big Man, mais encore à quelques westerns où les mouvements de l'inconscient avaient leur place. Il est d'ailleurs curieux de constater que la même année – mais d'une façon plus feutrée – Edward Dmytryck traitait du même thème dans l'Homme aux colts d'or.